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Retour sur « The Gaza Bombshell »
Abbas et Dahlan conspirent avec Israël pour renverser le Hamas

Le célèbre magazine américain Vanity Fair a publié un document méticuleusement étayé prouvant que le président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas et son associé Muhammed Dahlan, ont activement conspiré avec l’administration Bush pour renverser le gouvernement démocratiquement élu du Hamas et pour manigancer une guerre civile dans les territoires palestiniens occupés.

4 mars 2008

Vanity Fair affirme avoir obtenu des "documents confidentiels" corroborés par des sources étatsuniennes et palestiniennes, qui dévoilent une opération secrète, approuvée par le président Bush et mise en œuvre par la Secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et le Conseiller adjoint à la Sécurité Nationale Elliot Abrams, pour provoquer une guerre civile palestinienne.

Selon le magazine, le projet prévoyait que les forces dirigées par Dahlan, équipées d’armes neuves fournies sur ordre des Etats unis, donnent au Fatah la puissance dont il avait besoin pour renverser le gouvernement Hamas démocratiquement élu.

Dans l’article de Khalid Amayreh que nous vous présentons ci-dessous il y a quelques extraits de l’article de David Rose publié par Vanity Fair .


EXTRAITS

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"Nous étions assis dans le bureau d’Abbas à Ramallah, et j’ai tout expliqué à Condi. Elle a dit : ’Oui, nous devons nous efforcer de faire ça. Il n’y a pas d’autre solution.’"

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Tant Walles qu’Abbas savaient ce à quoi il fallait s’attendre de la part du Hamas si ces instructions étaient suivies : rébellion et bain de sang. Pour cette raison, dit la note, les USA s’activaient déjà à renforcer les forces de sécurité d’Abbas. "Si vous suivez cette ligne, nous vous soutiendrons matériellement et politiquement", dit le texte.

Abbas a été également encouragé à "renforcer son équipe" pour intégrer "des personnalités crédibles de forte stature dans la communauté internationale." Parmi ceux que les USA voulaient intégrer, dit un officier au fait de la politique, il y avait Muhammad Dahlan.

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Abbas, dit un des responsables, a accepté d’agir dans les deux semaines. Mais il se trouve que c’était Ramadan, le mois pendant lequel les Musulmans jeûnent durant la journée. A la nuit tombante, Abbas a demandé à Rice de le rejoindre pour Iftar – le repas de rupture du jeûne.

Ensuite, selon ce responsable, Rice a insisté sur sa position : "On est donc d’accord ? Vous dissolvez le gouvernement dans les deux semaines ?"

"Peut-être pas deux semaines. Donnez-moi un mois. Attendons après l’Eid", a-t-il répondu, faisant référence aux trois jours de fête qui marquent la fin de Ramadan (Le porte-parole d’Abbas dit par email : "Selon nos dossiers, ceci est incorrect.").

Rice est montée dans son véhicule blindé, où, selon le responsable, elle a dit à un collègue américain : "Ce foutu Iftar nous coûte deux semaines de plus de gouvernement Hamas."

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Bush a rencontré Dahlan à au moins trois occasions. Après des discussions à la Maison Blanche en juillet 2003, Bush a publiquement fait l’éloge de Dahlan, "un bon dirigeant solide." En privé, selon de nombreux responsables israéliens et américains, le président US le décrit comme "notre homme".

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Selon des documents confidentiels corroborés par des responsables US anciens et actuels outrés, David Rose révèle comment le Président Bush, Condoleezza Rice et Elliot Abrams ont sontenu une force armée sous la responsabilité de l’homme fort Muhammad Dahlan, déclenchant une guerre civile sanglante à Gaza et laissant le Hamas plus fort que jamais.

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Au sein de l’administration Bush, la politique palestinienne a provoqué un débat furieux. L’un des critiques est David Wurmser, un néo-conservateur déclaré, qui a démissionné de son poste de conseiller principal pour le Moyen Orient auprès du vice-président Dick Cheney en juillet 2007, un mois après le coup d’Etat de Gaza.

Wurmser accuse l’administration Bush de "s’engager dans une sale guerre pour assurer la victoire d’une dictature corrompue [dirigée par Abbas]." Il pense que le Hamas n’avait pas l’intention de prendre Gaza jusqu’à ce que le Fatah lui force la main. "A mon avis, ce qui est arrivé n’était pas tellement un coup d’Etat du Hamas mais plutôt une tentative de coup d’Etat du Fatah, qui a été devancé avant qu’il ne se produise", dit Wurmser.

Ce plan foireux a éloigné plus que jamais le rêve de paix au Moyen Orient, mais ce qui énerve réellement des néocons comme Wurmser, c’est l’hypocrisie qu’il révèle. "Il y a un déconnexion stupéfiante entre l’appel du président à la démocratie au Moyen Orient et sa politique", dit-il. "Une parfaite contradiction."

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Dahlan a travaillé étroitement avec le FBI et la CIA, et il a développé une relation chaleureuse avec le Directeur de la CIA, George Tenet, qui avait été nommé par Clinton et qui est resté dans l’administration Bush jusqu’à juillet 2004.

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Dahlan dit qu’il a averti ses amis dans l’administration Bush que le Fatah n’était pas encore prêt à des élections en janvier. Des décennies de gouvernement Arafat d’auto-préservation avait fait du parti le symbole de la corruption et de l’inefficacité – une perception que le Hamas a facilement exploitée. Des divergences au sein du Fatah ont affaibli encore davantage sa position : dans beaucoup d’endroits, un seul candidat Hamas s’est présenté contre plusieurs du Fatah.

Tout le monde était contre les élections”, dit Dahlan. Tout le monde sauf Bush, "Bush a décidé : ’J’ai besoin d’une élection. Je veux des élections dans l’Autorité Palestinienne’. Toute le monde le suit, dans l’administration américaine et tout le monde a harcelé Abbas, en lui disant : ’Le président veut des élections.’ Parfait, pour quoi faire ?"

Les élections ont eu lieu, comme prévu. Le 25 janvier, le Hamas remportait 56% des sièges au Conseil Législatif.

Bien peu dans l’administration US avaient prédit ce résultat, et il n’y avait aucun plan alternatif. "J’ai demandé pourquoi personne ne l’avait vu venir", a déclaré Condoleezza Rice aux journalistes. "Je ne connais personne qui n’ait pas été pris au dépourvu par le fort résultat du Hamas."

"Chacun a blâmé l’autre", dit un responsable du Département de la Défense. "Nous nous sommes réunis au Pentagone pour dire : ’Mais quel est le con qui a recommandé ça ?"

En public, Rice a essayé de prendre la victoire du Hamas du bon côté. "L’imprévisibilité", a-t-elle dit, "est la nature de grands changements historiques." Au moment même où elle parlait, l’administration Bush revoyait son attitude envers la démocratie palestinienne.

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Washington a réagi avec consternation lorsqu’Abbas a commencé à avoir des entretiens avec le Hamas dans l’espoir de réunir un "gouvernement d’unité". Le 4 octobre 2006, Rice est allée à Ramallah voir Abbas. Ils se sont rencontrés à la Muqata, le nouveau quartier général présidentiel qui se dresse sur les ruines du bâtiment d’Arafat, qu’Israël a détruit en 2002.

L’influence de l’Amérique sur les affaires palestiniennes était bien plus forte qu’elle ne l’était du temps d’Arafat. Abbas n’a jamais eu une base forte et indépendante, il avait un besoin désespéré de restaurer le flux de l’aide étrangère et, avec elle, son pouvoir clientéliste. Il savait aussi qu’il serait incapable de faire face au Hamas sans l’aide de Washington.

Lors de leur conférence de presse conjointe, une Rice souriante exprimait la "grande admiration" de sa nation pour la direction d’Abbas. En coulisses, toutefois, le ton de Rice était plus tranchant, disent les officiels qui ont participé à leur rencontre. Isoler le Hamas ne marche pas, aurait-elle dit à Abbas, et l’Amérique attendait de lui qu’il dissolve le gouvernement Haniyeh aussi rapidement possible et organise de nouvelles élections.

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Les semaines ont passé sans aucun signe qu’Abbas était prêt à obéir à l’Amérique. Finalement, un autre officiel a été envoyé à Ramallah. Jake Walles, consul général à Jérusalem, est un officier de carrière du service des affaires étrangères, avec de nombreuses années d’expérience au Moyen Orient. Son but était de donner un ultimatum à peine masqué au président palestinien.

Nous savons ce que Walles a dit parce qu’une copie du mémo des "points de discussion" que lui avait préparé le Département d’Etat a été oubliée, apparemment par accident. Le document a été authentifié par les responsables US et palestiniens.

"Il faut que nous comprenions vos projets au sujet d’un nouveau gouvernement [d’Autorité palestinienne]", dit le texte de Walles. "Vous avez dit à la Secrétaire Rice que vous étiez prêt à aller de l’avant dans les deux à quatre semaines après votre rencontre. Nous pensons qu’il est temps que vous avanciez rapidement et de façon décisive."

Le mémo ne laisse aucun doute sur le genre d’action recherchée par les USA : "Vous devez donner au Hamas un choix clair, avec une date limite claire : soit ils acceptent un nouveau gouvernement qui respecte les principes du Quartet, soit ils le rejettent. Les conséquences de la décision du Hamas doivent elles aussi être claires : si le Hamas n’accepte pas dans le délai prescrit, vous devez clairement exprimer votre intention de déclarer l’état d’urgence et former un gouvernement d’urgence explicitement engagé sur cette plateforme."

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Il n’y avait pourtant aucun signe qu’Abbas était prêt à mener les choses à bien et à dissoudre le gouvernement Hamas. Devant ce contexte qui s’assombrissait, les USA ont démarré des entretiens sur la sécurité directement avec Dahlan.

"C’est notre homme"

En 2001, le Président Bush avait dit qu’il avait regardé le président russe Vladimir Putin dans les yeux, qu’il avait perçu "le sens de son âme" et avait considéré qu’il était "digne de confiance". Selon trois responsables US, Bush fit un jugement similaire sur Dahlan après leur première rencontre en 2003. Les trois officiels se souviennent qu’il a déclaré : "C’est notre homme".

Ils disent que cette déclaration a été reprise par d’autres personnages clé de l’administration, dont Rice et le secrétaire adjoint David Welch, l’homme en charge de la politique du Moyen Orient au Département d’Etat. "David Welch n’était pas fondamentalement concerné par le Fatah", dit un de ses collègues. "Ce qui l’intéressait, c’était les résultats et [il soutenait] n’importe quel fils de pute qu’il fallait soutenir. Dahlan est le fils de pute que nous connaissions le mieux. Il était du style battant. Dahlan était notre homme."

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Le Lieutenant Général Keith Dayton, qui avait été nommé coordonnateur US de la sécurité pour les Palestiniens en novembre 2005, n’était pas en mesure de remettre en question le jugement du président sur Dahlan. Sa seule expérience précédente sur le Moyen Orient était en tant que directeur du Groupe de Surveillance sur l’Irak, l’organe qui s’occupait des insaisissables armes de destruction de masse de Saddam Hussein.

En novembre 2006, Dayton a rencontré Dahlan pour la première d’une longue série d’entretiens à Jérusalem et à Ramallah. Les deux hommes étaient accompagnés de leurs adjoints. Dès le début, dit un responsable qui a pris des notes lors des rencontres, Dayton poussait deux ordres du jour qui se recoupaient.

"Nous devons réformer l’appareil palestinien de sécurité", disait Dayton, d’après les notes. "Mais nous devons également développer vos forces pour renverser le Hamas."

Dahlan a répondu qu’à long terme, le Hamas ne pouvait être défait que par des moyens politiques. "Mais si je dois les combattre", a-t-il ajouté, "j’ai besoin de ressources substantielles. Dans l’état actuel des choses, nous n’en avons pas la capacité."

Les deux hommes sont convenus qu’ils devaient travailler sur un nouveau plan de sécurité palestinienne. L’idée était de simplifier le réseau confus des forces palestiniennes de sécurité et de confier la responsabilité de l’ensemble à Dahlan, à son poste nouvellement créé de conseiller à la sécurité nationale palestinienne. Les Américains aideraient en fournissant armes et formation.

Comme partie du programme de réforme, selon le responsable présent aux rencontres, Dayton a dit qu’il voulait dissoudre le Service de Sécurité Préventive, dont tout le monde savait qu’il pratiquait le kidnapping et la torture. Lors d’une réunion dans le bureau de Dayton à Jérusalem au début décembre, Dahlan s’est moqué de cette idée : "La seule institution qui protège actuellement le Fatah et l’Autorité Palestinienne à Gaza est justement celle que vous voulez dissoudre", a-t-il dit.

Dayton s’est un peu radouci. "Nous voulons vous aider", a-t-il déclaré. "De quoi avez-vous besoin ?"

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Dahlan n’a pas hésité à exprimer son exaspération. "J’ai discuté avec Condoleezza Rice à plusieurs occasions", dit-il. "J’ai parlé avec Dayton, au Consul général, à tous les gens que je connais dans l’administration. Ils ont dit : ’Vous avez des arguments convaincants". Nous étions assis dans le bureau d’Abbas à Ramallah, et j’ai tout expliqué à Condi. Et elle a dit : ’Oui, nous devons faire un effort pour faire ça. Il n’y a pas d’autre solution.’". Lors de certaines de ces réunions, dit Dahlan, le sous-secrétaire Welch et le Conseiller adjoint à la sécurité nationale Abrams étaient aussi présents.

L’administration est revenue vers le Congrès, et un budget réduit de 59 milliards de dollars pour une aide d’armes non létales a été approuvé en avril, 2007. Mais comme le savait Dahlan, l’équipe Bush avait déjà passé les mois précédents à explorer les moyens alternatifs et secrets de lui obtenir les fonds et les armes qu’il demandait. La réticence du Congrès signifiait que "vous devez chercher différentes sources d’argent", dit un officiel du Pentagone.

Selon un responsable du Département d’Etat, "ceux qui étaient chargés de mettre en œuvre la politique disaient : ’Faites ce qu’il faut. Nous devons être dans une position où le Fatah battra le Hamas militairement, et seul Muhammad Dahlan a la ruse et la force pour le faire.’ C’était comme ça qu’ils attendaient que ça se termine – par une épreuve de force militaire." Selon ce responsable, il y avait deux ’programmes parallèles’ – le projet déclaré, que l’administration avait présenté au Congrès, "et un projet secret, non seulement pour l’achat d’armes mais pour le paiement des salaires du personnel de sécurité."

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Mais il y a aussi des différences importantes – partant du fait que le Congrès n’a jamais voté une mesure interdisant expressément la fourniture d’aide au Fatah et à Dahlan. "C’était limite", dit un ancien officier des services secrets expérimenté en programmes secrets. "Mais ce n’était probablement pas illégal."

Légales ou pas, des livraisons d’armes ont commencé à avoir lieu. A la fin décembre 2006, quatre camions égyptiens sont passés à Gaza par le passage sous contrôle israélien, où leurs contenus ont été remis au Fatah. Il y avait 2.000 fusils automatiques fabriqués en Egypte, 20.000 chargeurs et deux millions de balles. L’information sur la livraison a été divulguée et Benjamin Ben-Eliezer, membre du gouvernement israélien, a déclaré à la radio israélienne que les fusils et les munitions donneraient à Abbas "la capacité de s’occuper de ces organisations qui essaient de tout faire foirer", à savoir le Hamas.

Avi Dichter souligne que toutes les cargaisons d’armes devaient être approuvées par Israël, qui était, on le comprend, hésitant à laisser entrer des armes dernier cri à Gaza. "Une chose est sûre, il n’était pas question d’armes lourdes", dit un responsable du Département d’Etat. "C’était des armes petites, des mitraillettes légères, des munitions."

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Plan B

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Le Département d’Etat a rapidement préparé une alternative au nouveau gouvernement d’unité. Connu sous le nom de "Plan B", son objectif, selon le mémo du Département d’Etat authentifié par un responsable qui était concerné par la question à l’époque, devait "permettre à Abbas et à ses supporters de parvenir à un objectif défini à fin 2007. L’objectif était de constituer un gouvernement [Autorité Palestinienne] par des moyens démocratiques qui accepte les principes du Quartet."

Comme l’ultimatum de Walles en 2006, le Plan B appelait Abbas à "dissoudre le gouvernement" si le Hamas refusait de changer d’attitude envers Israël. A partir de là, Abbas pouvait appeler à des élections anticipées ou imposer un gouvernement d’urgence. Il n’était pas clair qu’en tant que Président, il ait l’autorité constitutionnelle de dissoudre un gouvernement élu dirigé par un parti rival, mais les Américains ont mis cette question de côté.

Les considérations sécuritaires primaient, et le Plan B avait mission explicite de s’en occuper. Aussi longtemps que le gouvernement d’unité restait au pouvoir, il était essentiel qu’Abbas maintienne "le contrôle indépendant des forces clé de sécurité." Il devait empêcher "l’intégration du Hamas dans ces services, en même temps qu’éliminer la Force Exécutive ou atténuer les défis posés par son existence continue."

En référence claire à l’aide secrète attendue des Arabes, le mémo faisait cette recommandation pour les 6-9 mois à venir : "Dahlan supervise le travail en coordination avec le Général Dayton et les nations arabes pour entraîner et équiper une force de 15.000 hommes sous contrôle du Président Abbas, de manière à installer la loi et l’ordre internes, mettre fin au terrorisme et dissuader les forces extra-légales."

Les objectifs de l’Administration Bush pour le Plan B ont été élaborés dans un document intitulé "Un plan d’action pour la Présidence palestinienne". Ce plan d’action a fait l’objet de plusieurs brouillons et a été développé par les USA, les Palestiniens et le gouvernement de Jordanie. Les sources reconnaissent cependant qu’il est parti du Département d’Etat.

Les premiers brouillons insistaient sur le besoin de renforcer les forces du Fatah pour "décourager" le Hamas. Le "résultat attendu" était de donner à Abbas "la capacité de prendre les décisions politiques stratégiques exigées nécessaires (…) comme la dissolution du gouvernement et l’établissement d’un gouvernement d’urgence."

Ils demandaient l’amélioration "du niveau et de la capacité" des 15.000 personnels de sécurité du Fatah existant déjà et l’ajout de 4.700 hommes de troupe en sept nouveaux bataillons "hautement entraînés aux méthodes fortes de maintien de l’ordre." Le projet promettait également d’organiser "des stages d’entraînements spécialisés à l’étranger", en Jordanie et en Egypte, et s’engageait à "fournir au personnel de sécurité les équipement et les armes nécessaires pour mener à bien leurs missions."

Un budget détaillé mettait le coût total pour les salaires, l’entraînement et "l’équipement de sécurité nécessaire, létal et non létal", à environ 1,27 milliards de dollars sur 5 ans. Le projet déclare : "Les coûts et le budget global ont été établis en liaison avec l’équipe du Général Dayton et l’équipe technique palestinienne pour la réforme", - une unité constituée par Dahlan et dirigée par son ami et adjoint Bassil Jaber. Jaber confirme que le document est un résumé précis du travail que lui et son collègue ont fait avec Dayton. "Le plan visait à créer un organe de sécurité qui pourrait protéger et renforcer un Etat palestinien vivant côte à côte avec Israël", dit-il.

La version finale du Plan d’Action a été rédigée à Ramallah par des responsables de l’Autorité Palestinienne. Elle était identique aux ébauches précédentes sur tous les points significatifs sauf un : elle présentait le projet comme étant une idée des Palestiniens. Elle disait aussi que les propositions sur la sécurité avaient été "approuvées par le Président Mahmoud Abbas après avoir été discutées et agréées par l’équipe du Général Dayton."

Le 30 avril 2007, il y a eu des fuites et une partie d’une des premières ébauches a été divulguée par le journal jordanien Al-Majd. Le secret était éventé. Du point du vue du Hamas, le Plan d’Action ne représentait qu’une seule chose : le plan d’un coup d’Etat du Fatah soutenu par les USA.

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Khalid Amayreh : Texte original en anglais : palestine-info

Traduit de l’anglais par MR, ism-france.org

Sur le rôle de Mohammed Dahlan et les manoeuvres du Fatah et des Etats-Unis à Gaza, voir également :

- « GAZA : Manœuvres de déstabilisation contre un peuple emprisonné », silviacattori.net, 13 novembre 2007.
- « Gaza s’enfonce inexorablement », silviacattori.net, 29 juillet 2007.
- « Exécution sommaire d’un membre du Hamas filmée sur le vif », silviacattori.net, 24 mai 2007.
- « Exécutions sommaires de Palestiniens », silviacattori.net, 22 mai 2007.
- « Les gens ont faim », silviacattori.net, 8 avril 2007.
- « Des armes pour Dahlan », silviacattori.net, 2 février 2007.
- « La “tête du serpent” est encore vivante », silviacattori.net, 28 janvier 2007.
- « Les collaborateurs avec l’occupant israélien sont parmi nous », silviacattori.net, 11 juin 2006.
- « Hamas : “Israël et les États-Unis veulent pousser les Palestiniens à s’entretuer” », silviacattori.net, 30 mai 2006.
- « Gaza : “Le peuple palestinien en a assez des traîtres” », silviacattori.net, 3 avril 2006.
- « Après la joie l’inquiétude », silviacattori.net, 29 janvier 2006.
- « Gaza au bord d’une mer de sang », silviacattori.net, 19 juillet 2005.