Le plan de liquidation des membres du Hamas, par les milices armées du Fatah et les forces de répression de l’Autorité palestinienne sous le commandement de Mahmoud Abbas -plan concocté de longue date par les stratèges militaires d’Israël- a plongé la population de Gaza dans l’horreur absolue.
Neuf palestiniens, qui n’étaient pas en position de combat, auraient été exécutés sommairement, froidement, à Gaza, la semaine passée, par des hommes appartenant à la Sécurité préventive du président Abbas. Une sécurité financée, entrainée, équipée par les Etats-Unis et Israël, dressée à combattre et à haïr ses propres frères, désignés comme cible par le simple fait qu’ils sont croyants, qu’ils travaillent au sein du gouvernement Hamas, qu’ils sont membres de la résistance contre l’occupant.
Des témoins directs ont raconté avoir vu des hommes du Fatah en uniforme noir, cagoulés, armés de M16 flambants neuf, arrêter les passants sur les lieux où ils avaient mis en place des contrôles routiers.
Ceux des passants -dont le nom figurait sur la liste de l’ordinateur qu’ils consultaient à mesure- fichés comme appartenant au Hamas, se faisaient immédiatement exécuter.
Voici les noms des neuf Palestiniens exécutés sommairement la semaine passée -par ces miliciens du parti Fatah qui collaborent avec l’occupant israélien- soit parce qu’ils étaient employés du gouvernement du Hamas, soit parce qu’ils étaient soupçonnés d’appartenir à la branche politique ou militaire du Hamas.
Ibrahim Maniya, 45 ans.
Isan Mohammed El Joujou, 22 ans.
Hani Mohamed Kalajah, 33 ans.
Abdel Fatah Abu Sama’an, 23 ans.
Mon’amin Al Deeri, 20 ans.
Mohamed Hassaneen, 28 ans.
Mahmoud El Bajed, 54 ans.
Mahmoud Abdel Razeq, 22 ans.
Abdel Kader Abu Zeide, 23 ans.
« Ils leur ont attaché les mains derrière le dos, ils les ont forcé à se mettre à genoux, et pendant qu’ils proféreraient des insultes à caractère religieux, ils les ont exécutés sur le champ. Le jour de l’enterrement de l’un d’eux, Ibrahim Maniya, les forces de la Sécurité préventive ont tiré sur la foule qui accompagnait sa dépouille » a raconté un témoin.
Hormis la radio du Hamas, les médias, majoritairement sous l’influence ou le contrôle du Fatah, n’ont pas parlé de ces exécutions sommaires qui auraient été commises par des hommes liés aux forces de sécurité du président Abbas.
Il convient de souligner que, peu avant que ces incidents ne commencent, Yasser Abed Rabbo ("l’architecte" de l’Initiative de Genève) et Azzam Al-Ahmad, Vice-Premier ministre du gouvernement actuel -tous deux membres du Fatah- avaient appelé, avons-nous appris, « à la liquidation de la Sécurité exécutive », (un police composée de 5000 hommes, mise en place après l’élection du gouvernement Hamas).
Leur appel à liquider les gens du Hamas était calqué sur celui du ministre israélien Lieberman, qui précisait il y a peu, qu’il était « temps de passer des menaces aux actes », au « démantèlement total » du Hamas.
Les gens qui ont entendu ces appels au meurtre ont tout de suite compris que quelque chose de terrible se préparait : que MM. Rabbo et Al-Ahmad donnaient leur feu vert au plan israélien de liquidation du Hamas.
Les souffrances de ce peuple enfermé à Gaza, affreusement blessé, livré à la loi du plus fort, sont à leur comble.
C’est ainsi que, fort de cette pleine collaboration avec des agents de la CIA, du Mossad et des services secrets militaires Shabak, des responsables Palestiniens se transforment en alliés zélés de l’Etat d’Israël, en assassins de leurs propres frères.
Silvia Cattori