écrits politiques
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"Check points" à l’israélienne
Le mépris
Ici tout est fait pour vous mettre la tête à l’envers, les nerfs en boule. Ici rien ne se passe comme partout ailleurs. C’est quelque chose d’insupportable et de difficile à expliquer. L’armée est là, en force, pour humilier, dévaster, pousser les gens à la folie.
27 mars 2003 | Thèmes (S.Cattori) : Etat juif d’Israël Palestine

Ce qui frappe est de découvrir que les jeunes et arrogants soldats de cette armée occupante peuvent arrêter quiconque, fermer les entrées et les sorties des villes et des villages arabes, tirer dans le tas, sans que rien ne s’oppose à eux.

Ce qui frappe est l’extraordinaire patience des assiégés face aux comportements méprisants et brutaux de ces soldats. On voit des colonnes de Palestiniens aux check-points, (barrages militaires) subir des vexations, attendre durant des heures, sans broncher, sans montrer aucune émotion, que les soldats israéliens daignent les laisser passer. Ils font preuve d’un sang-froid qui vous laisse pantois.

Ce qui vous révulse est de comprendre que les soldats israéliens sont envoyés ici, pour ça, pour les humilier, pour les pousser à la folie. Et que tout ce dispositif répressif a été méthodiquement étudié pour provoquer les Palestiniens, pour les inciter à se révolter, et ensuite pouvoir dire qu’ils sont violents, et trouver pretexte à les massacres.

Tout est resté parfaitement calme durant l’attente au check point, côté palestinien ; jusqu’à ce que une femme, la trentaine, portant un enfant malade sur les bras, a laissé éclater sa colère. Elle hurlait qu’elle était, ici, chez elle.

Tout de suite encerclée par plusieurs soldats surarmés, une soldate blonde s’est pointée, originaire de Russie ou de Pologne, qui a ordonné de l’embarquer.

Puis la soldate est allée se réinstaller dans sa guérite ; et comme si elle était seule au monde, a sorti un petit miroir, repassait son rouge à lèvres, caressait les boucles qui s’échappaient du casque, pendant que les files d’hommes et de femmes, forcés d’attendre son bon vouloir, regardaient cette scène avec des yeux vides.

Silvia Cattori