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Libye
Assassinat de Kadhafi : Qui Luis Moreno Ocampo pense-t-il tromper ?

Professionnellement et moralement discrédité, le procureur sortant, de la Cour Pénale Internationale (CPI) dit maintenant que le lynchage du dirigeant Libyen Mouammar Kadhafi « crée des suspicions » de crimes de guerre.

Luis Moreno Ocampo
Ce Luis Moreno Ocampo, originaire d’Argentine, est vraiment sur une autre planète. Sa conduite, en ce qui concerne la Libye, a été si déplorable qu’il mériterait d’être interdit de séjour dans n’importe quel pays africain.

Quand les rebelles de l’OTAN ont lynché de présumés partisans de Kadhafi à Benghazi dès le mois de février, dont des travailleurs migrants venus d’autres pays africains, Ocampo n’a pas pipé mot alors même que les assassins avaient posté des images vidéo des atrocités sur YouTube, avec des foules en liesse ; quand les rebelles de l’OTAN ont décapité des travailleurs migrants venus d’autres pays africains, Ocampo n’a rien dit, ils était occupé à colporter ses histoires bidon et insensées de viols et de viagra sur CNN et dans le New York Times, des histoires dont il n’a plus jamais reparlé ; quand les rebelles de l’OTAN ont nettoyé ethniquement Misrata de sa population libyenne noire, ainsi que l’avait rapporté le Wall Street Journal du 21 juin 2011, avec l’aide d’une armée baptisée « La brigade pour purger [la ville] des esclaves et des peaux noires », Ocampo n’a rien dit ; quand les rebelles de l’OTAN ont nettoyé ethniquement la ville de Tawergha de l’ensemble de ses 35 000 habitants Libyens noirs, incendiant leurs maisons et écrivant « nègres » et « esclaves » sur les murs des maisons détruites, ainsi que rapporté encore par le Wall Street Journal du 13 septembre 2011, Ocampo n’a rien dit ; quand les rebelles de l’OTAN ont, en s’inspirant des bombardements impitoyables 24/24 de l’OTAN, rasé la ville de Syrte en la bombardant de manière indiscriminée, avant d’exécuter des dizaines de prisonniers mains liées dans le dos, le soi-disant « procureur » n’a rien dit ; quand Kadhafi lui-même a été traîné dans les rues, sodomisé et lynché, pas un mot d’Ocampo et, quand le journal britannique The Independent a parlé récemment des crimes de guerre perpétrés encore par le régime installé par l’OTAN en Libye, dont la détention de femmes et d’enfants noirs en tant que « ennemis de l’État », là encore Ocampo est resté muet alors même qu’il se trouvait à Tripoli au moment de la publication du reportage.

Maintenant, au sujet de l’assassinat de Kadhafi, Ocampo qui cherche toujours à se faire de la publicité, dit aux journalistes ; « Nous avons soulevé ce problème aux autorités libyennes et elles préparent un plan pour avoir une stratégie globale pour enquêter sur ces crimes ».

En d’autres termes, le régime installé par l’OTAN en Libye, connu aussi sous le nom de Conseil National de Transition (CNT), ceux qui sont soupçonnés du crime vont, selon Ocampo, « enquêter sur ces crimes ». C’est un peu comme charger un Parrain d’enquêter sur les crimes commis par la Mafia.

L’Argentin Luis Moreno Ocampo ne respecte pas le droit international. Il a fait de la cour pénale internationale un instrument au service de Londres, Paris et Washington. Ces capitales disent à Ocampo qui il doit poursuivre et il obéit.

Ocampo a été autrefois été considéré comme un héros, un avocat militant, pour sa ténacité et sa poursuite inlassable de ceux qui avaient violé les droits de l’homme en Argentine, son pays natal. Cette réputation ne colle guère avec l’Ocampo de la cour pénale internationale.

Ocampo a-t-il changé et est-il devenu une personne différente ? A-t-il succombé devant l’hégémonie politique et les pressions des Etats Unis, de la France et de la Grande Bretagne ? Etait-il vraiment un militant de la justice en Argentine ou cette réputation est-elle un mythe ?

Cet été, Ocampo passera le relais à son adjointe, Fatou Bensouda, de Gambie. Espérons qu’elle n’a pas appris trop de choses de lui.

Un jour, une image plus précise et mieux informée d’Ocampo pourrait bien apparaître. Mais le Ocampo que nous connaissons ne demandera jamais d’enquête sur personne pour les crimes de guerre présumés en lien avec le lynchage de Kadhafi ou d’autres crimes commis par les rebelles de l’OTAN.

Si la vérité était dite, il devrait poursuivre l’ensemble des dirigeants du CNT pour les crimes commis à Benghazi, Misrata et Tawergha. Cela n’arrivera jamais. Pas à court terme en tout cas.

Alors qui Ocampo pense-t-il tromper ?

Editorial, Black Star News (USA), 16 décembre 2011.