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Conséquences des bombardements israéliens de l’opération « Plomb durci » à Gaza
Des traces de métaux détectées dans les cheveux d’enfants palestiniens

De nombreux enfants palestiniens qui continuent à vivre en situation précaire à même le sol de Gaza après les bombardements israéliens de l’opération « Plomb durci » présentent dans les cheveux des concentrations en métaux inhabituellement élevées, signe d’une contamination environnementale qui peut causer des dommages à la santé et à la croissance du fait d’une exposition chronique.

Tel est le résultat d’une étude pilote conduite par le Groupe de Recherche sur les Armes Nouvelles (Nwrg), un comité indépendant, de scientifiques et d’experts, basé en Italie, qui étudie l’emploi d’armes non conventionnelles et leurs effets à moyen terme sur la population des zones où une guerre a eu lieu.

Cette recherche fait suite à la précédente, publiée par Nwrg le 17 décembre 2009 [1], dans laquelle le groupe relatait la présence de métaux toxiques dans les zones environnant les cratères laissés par les bombardements. Ces tests ont révélé des concentrations anormales de métaux dans les cratères, laissant supposer une possible contamination du sol, laquelle, combinée aux conditions de vie précaires, en particulier dans les camps de réfugiés, pourrait avoir pour conséquence une exposition aux métaux, par la peau, par inhalation ou par la nourriture.

Avec la nouvelle étude, le groupe s’assigne l’objectif de vérifier si des personnes ont été effectivement contaminées. Le résultat est alarmant : même si la quantité de métal en excès n’est en fait que 2 à 3 fois supérieure à ce qui est trouvé dans les cheveux d’individus-témoins, ces doses peuvent néanmoins être pathogènes dans des situations d’exposition chronique.

L’étude, qui s’est étendue sur plusieurs mois, a procédé à l’analyse des cheveux relativement à 33 métaux par le procédé ICP/MS (un type de spectométrie à haute sensibilité). Les cheveux constituent un bon indicateur de contamination et l’investigation de contaminations environnementales fondée sur ces analyses est préconisée par l’Agence de Protection Environnementale (APE) et par l’Agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Le comité Nwrg a examiné des échantillons de cheveux de 95 personnes, des enfants en grande majorité, qui habitent dans des zones lourdement bombardées (ainsi que l’indique le Programme des Nations Unies sur l’Environnement, sur la base de cartes établies par des satellites). Parmi ces personnes se trouvaient également 6 femmes enceintes et 4 blessés. Les résultats ont établi que, dans les trois lieux – Beit Hanun, Gaza-Zeitun et Laly Beith – où les tests ont été effectués, la répartition de contaminants métalliques est plus élevée que la moyenne, et plus du double de celle-ci dans 60% des cas.

Dans plusieurs échantillons, ont été identifiés des métaux cancérigènes ou toxiques tels que le chrome, le cadmium, le cobalt, le tungstène et l’uranium, tandis que des niveaux exceptionnellement élevés de plomb ont été trouvés chez l’une des personnes blessées. Pour 39 des sujets examinés, la présence simultanée de métaux en surdose et/ou de métaux cancérigènes ont induit les chercheurs à préconiser pour eux des tests plus poussés.

Le problème, déclare le professeur Paola Manduca, est maintenant d’éliminer les sources de contamination. « L’identification de sujets présentant de façon confirmée et persistante un taux élevé de métaux exigerait que la personne soit soustraite à cette exposition. Telle est l’approche thérapeutique privilégiée, compte tenu de l’incertitude sur l’efficacité et la sécurité d’un traitement par chélation, en particulier pour les enfants. Or une telle mesure soulève de sérieux problèmes dans la situation actuelle de Gaza, où l’évacuation des structures endommagées et la construction sont difficiles voire impossibles. Ce qui représente une responsabilité majeure pour ceux qui, selon la loi internationale, devraient remédier aux dommages causés à la population civile ».

La présente étude est conduite par Mario Barbieri (Centre National de Référence), par Mauricio Barbieri, Professeur de géo-chimie environnementale à l’université La Sapienza de Rome, chef du laboratoire ICP/MS où les analyses ont été réalisées, et par Paola Manduca, généticienne. L’étude a été rendue possible grâce à la coopération des associations Gazella et Onlus.

La publication de ce travail a été faite le 17 mars 2010 sur le site http://www.newweapons.org

Traduit de l’anglais par Anne-Marie Perrin (19.03.2010) :
http://www.europalestine.com/spip.php?article4866

Texte original en anglais (17.03.2010) :
http://www.newweapons.org/files/comunicato_nwrg_20100317_eng.pdf



[1Voir : « The potentially widespread contamination of the soil of Gaza due to Israeli bombing, » par les Professeurs Mario Barbieri, Maurizio Barbieri et Paola Manduca, 17 décembre 2009.

Voir également, sur le même sujet :
- « Newborn in Gaza with severe defects », Palestine News Network, 28 janvier 2010.
- « Gaza : Un camp de lente extermination ? », par Silvia Cattori, silviacattori.net, 14 octobre 2009.
- « Gaza : Des mères palestiniennes horrifiées par la naissance d’enfants difformes », par Silvia Cattori, silviacattori.net, 30 septembre 2009.