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L’antisémitisme a bon dos
Ariel Sharon exhorte « les juifs » à quitter la France

Le 18 juillet 2004, le premier ministre Ariel Sharon, Israélien d’origine polonaise, a appelé « les juifs de France » à immigrer en Israël, « aussi vite que possible pour échapper à l’antisémitisme le plus violent ». Autrement dit, Ariel Sharon encourage les Français de confession juive à aller grossir les colonies juives en Palestine, et à s’installer sur des terres volées aux Palestiniens.

Ariel Sharon

Par ce genre d’appel sur fond de "menace pour les juifs", Ariel Sharon ne fait que poursuivre la propagande mensongère sans laquelle le projet sioniste, basé sur l’épuration ethnique et les massacres de Palestiniens, ne pourrait pas se réaliser.

Ariel Sharon ne fait du reste que continuer la politique raciste de tous les gouvernements – colombes et faucons - qui l’ont précédé. De tout temps les dirigeants israéliens se sont servi de la peur, ont exagéré voire inventé, comme ici, le danger de l’antisémitisme – un phénomène qui a existé dans les années 30 - pour inciter de plus en plus de gens de confession juive à aller coloniser les terres arabes en chassant hors de chez eux les natifs palestiniens.

La France a bon dos. L’Etat juif d’Israël - c’est ainsi qu’il se proclame depuis sa création - cherche à y intensifier ses pratiques du « diviser pour mieux régner ». Cela consiste à inciter la société française, majoritairement chrétienne, à la détestation des Arabes et des musulmans, par le biais des réseaux pro israéliens : c’est-à-dire, par le biais d’organisations juives et gens de confession juive. Donc à exporter en France son idéologie raciste fondée sur l’appartenance religieuse et l’exclusion.

Contrairement aux idées reçues, les Français ne sont pas racistes. Les Arabes ne sont pas racistes. Les idéologues sionistes le sont assurément. Ils manient le mensonge, les amalgames et la suspicion ; accusent à tout va d’« antisémitisme » ceux qui critiquent la politique criminelle de l’Etat israélien.

Mais voilà, la France étant, après les Etats- Unis, un des pays qui compte le plus grand nombre de citoyens de confession juive, leurs représentants dans des organisations comme le CRIF, l’UPJF, l’UEJF, l’UJFP (oui eux aussi malgré le fait qu’ils se disent anti sionistes), sont prompts à stigmatiser toute voix forte qui ne ménage pas les acquis d’Israël, en l’accusant d’ « antisémitisme » et de « négationnisme » [1].

Accuser d’antisémitisme est un moyen d’intimidation ; cela sert à effrayer les journalistes, les politiciens, et par là même à orienter de manière notable l’opinion publique et la classe politique pour entretenir l’idée que l’Etat juif d’Israël est un refuge pour les gens de confession juive.

Les Français ne devraient-il pas s’en inquiéter, réagir, désigner nommément, pour les combattre, les instrumentalisations faites par des fanatiques qui soupçonnent tout un chacun, sèment la division et non le respect des droits égaux pour tous, et pensent que faire condamner par des tribunaux les gens qui critiquent Israël est la voie à suivre ; des gens malhonnêtes dont l’objectif est - à quelques nuances près - d’amener les non-juifs à ne pas remettre en question les acquis illégaux d’Israël ?

Nul ne peut plus masquer totalement cette vérité : que ce sont les Palestiniens, les Arabes, qui sont menacés de nos jours, pas les gens de confession juive.

Le plus révoltant est que cette "escroquerie" de l’ « antisémitisme » - c’est-à-dire de la prétendue menace qui pèserait sur les ressortissants de confession juive - est utilisée comme une arme par Israël. Cette accusation est utilisée avec d’autant plus d’intensité que les carnages de l’armée israélienne font se soulever des protestations de plus en plus amples.

L’anathème de l’antisémitisme sert à faire diversion.

Ariel Sharon, le CRIF et consorts, ont choisi le moment où les exactions de Tsahal risquaient de trop ternir l’image d’Israël, pour ameuter la classe politique et médiatique sur le prétendu danger de l’ « antisémitisme ».

Une manipulation grossière qui, associée aux crimes nazis, à la mémoire de la Shoa, a jusqu’ici fort bien réussi à renverser la donne : c’est-à-dire à détourner l’attention de l’épuration ethnique et des violences israéliennes contre les Palestiniens, et à encourager comme normale l’installation, dans des colonies construites sur des terres appartenant aux Arabes, des colons juifs prétendument « menacés » en France, dans leur propre pays.

Si Ariel Sharon peut proclamer, comme il le fait, que les « juifs sont en danger en France » et obtenir un tel écho auprès de la classe politique, c’est parce que le réseau pro-israélien en France, avec à la barre des propagandistes comme Alexandre Adler, Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut, André Glucksmann, s’est toujours chargé de préparer le terrain.

Ce sont ces mêmes propagandistes qui ont les premiers alimenté des campagnes d’intoxication destinées à soulever la peur dans la communauté juive de France ; campagnes qui devaient aboutir à ce qu’Ariel Sharon s’en serve le 18 juillet 2004.

Lors d’un discours à Jérusalem, il a exhorté les "juifs" de France à immigrer en Israël « pour fuir l’antisémitisme », car, selon ses dires, en France « il se répand un des antisémitismes les plus sauvages qui soient ». Et d’ajouter : « Si je devais m’adresser à nos frères juifs de France, voilà ce que leur dirais : immigrez en Israël aussi vite que possible. »

Après un tel grabuge, destiné à montrer qu’il y avait une minorité juive « persécutée », notamment par les Arabes et les musulmans, la classe politique française était piégée ; il ne lui restait plus qu’à déclarer qu’elle allait combattre d’une main ferme l’« antisémitisme rampant ».

Il serait donc grand temps de commencer à combattre la propagande de ces idéologues qui occupent des positions stratégiques dans les médias et dans la classe politique ; et de considérer comme désinformation et intoxication ces campagnes scandaleuses qui vont disant que "les Arabes sont trop nombreux en France", que le voile est le "signe d’une aliénation", que "les Juifs sont menacés", etc.

Il est temps de cesser de parler d’antisémitisme à tout propos, et de rejeter la fable selon laquelle l’ « antisémitisme » serait aujourd’hui, dans nos pays, un problème majeur. Tout cela est manipulation.

Il est temps de refuser l’exploitation du terme « antisémitisme », d’admettre qu’il appartient à une époque révolue, que son usage est aujourd’hui inapproprié. Le qualificatif de « raciste », s’il en était besoin, devrait pouvoir convenir et s’appliquer à chacun sans distinction.

Silvia Cattori



[1J’ai été moi-même publiquement stigmatisée, à maintes reprises, par Michèle Sibony et Pierre Stambul, dirigeants de l’UJFP.