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Forces de sécurité palestiniennes entraînées par la CIA
Sattar Kassem : La joie de Dayton

M. Sattar Kassem, Professeur de Sciences politiques à l’Université Al Najah, à Naplouse, dénonce une fois encore (*) les Forces de sécurité palestiniennes entraînées par les USA et montre comment le général Keith Dayton "est en train d’implanter la haine parmi les Palestiniens, et plus ils se livrent à des dissensions internes et des massacres, plus on considère qu’il réussit."

13 juin 2009

Forces de sécurité palestiniennes
J’ai suivi le discours de Dayton au Congrès le 7 mai 2009, et j’ai remarqué l’enthousiasme qui le submergeait, et la joie et la jubilation sur son visage. Il a détaillé ses grandes réalisations dans la formation des Palestiniens, en Jordanie et à Jéricho, sur la manière de gérer les questions sécuritaires concernant les «  terroristes » palestiniens et les manifestants, et sur la façon d’assurer la coordination avec l’armée et les services de sécurité israéliens.

Il a cité de nombreux exemples concernant la manière dont les Palestiniens ont mis en place une coordination confortable avec les Israéliens, quelque chose de très différent du passé. Il a dit que, par le passé, les Palestiniens avaient l’habitude de mentir, ou hésitaient à coopérer avec les Israéliens mais que, maintenant, ils étaient honnêtes et avaient le courage de se coordonner ouvertement, et sans aucun sentiment de culpabilité.

Il a répété, dans son exposé, que ce qui se passe en Palestine était incroyable, mais que c’est maintenant une réalité. Il a montré tant de joie pour cette réussite dont il est crédité. Il cherchait à montrer l’étendue de son succès et il a demandé davantage d’argent pour pouvoir poursuivre le processus. Il a parlé de l’Académie de la Sécurité, à Jéricho, comme d’une institution de formation de premier ordre, qui sera le pilier de la paix dans la région. Et il a assuré le comité du congrès qu’il entraînerait davantage de Palestiniens en Jordanie.

Ce général, apparemment si fier de ses réalisations, était considéré comme un raté par les Israéliens qui avaient demandé son remplacement, mais la Maison Blanche avait convaincu Israël de lui donner une deuxième chance. Les Israéliens l’accusaient d’être indéterminé et indécis vis-à-vis de l’Autorité Palestinienne et du service de sécurité, et de s’être fait berner tant de fois par leurs promesses trompeuses.

C’est la raison pour laquelle il a été dur et catégorique avec les Palestiniens après que Gaza soit tombée entre les mains du Hamas. Il a donné instruction aux Palestiniens de coopérer et de se coordonner ouvertement avec les Israéliens, sans aucune sorte de restrictions morales ou éthiques et sans considérations nationales ou sociales. Et il a enseigné aux Palestiniens qu’ils servent leur pays et la construction de leur Etat quand ils frappent fort (arrêtent ou mutilent ou tuent) les « terroristes » et les extrémistes du Hamas qui conspirent avec Téhéran contre la Nation arabe.

Ce général qui représente les Etats Unis et son administration, dirigés par Hajj Obama, travaille sans répit à démanteler la société palestinienne et à transformer les Palestiniens en simples individus qui ne se préoccupent plus que de leur propre vie. Il raconte à ses clients palestiniens que son approche et ses méthodes sont la meilleure voie pour obtenir un Etat palestinien, et que cet Etat émergera lorsqu’Israël sera convaincu que les Palestiniens ne posent aucun danger pour sa sécurité.

Ce n’est pas vrai, et le général essaie de transformer les Palestiniens en recrues sécuritaires israéliennes qui finiront par régner sur une entité palestinienne de collaborateurs.

Ni le général ni l’Amérique ni l’Europe ne sont intéressés par un Etat palestinien réellement indépendant, avec une armée, des frontières libres et ouvertes avec les Etats arabes, mais ils se servent de l’argent et des besoins essentiels de la vie pour mettre les Palestiniens à genoux et pour corrompre leur intégrité arabe fondamentale par leurs propres lubies.

Le général est en train d’implanter la haine parmi les Palestiniens, et plus ils se livrent à des dissensions internes et des massacres, plus on considère qu’il réussit. Et son objectif final est de plaire aux sionistes, sans aucune considération pour les souffrances et le martyre des Palestiniens.

Le général se réjouit de la coopération qu’il obtient de beaucoup de Palestiniens. C’est précisément cette joie qui marque une étape épouvantable dans l’histoire palestinienne : elle est l’expression de la dissolution palestinienne. Si les Palestiniens n’étaient pas divisés, s’ils ne s’entretuaient pas, s’ils ne collaboraient pas avec l’ennemi contre eux-mêmes, s’ils étaient loyaux à leur cause, cette joie ne se serait jamais matérialisée.

Enfin, je voudrais assurer au général que les Palestiniens appartiennent à une grande nation, qui est rabaissée aujourd’hui par la faute des marionnettes au pouvoir, mais l’histoire est en perpétuel devenir. Les choses changeront. Et je suis sûr que le général sait que ceux qui trahissent leur pays ne peuvent pas apporter la sécurité à leur ennemi.

Prof. Sattar Kassem
Le 11 juin 2009.

(*) Voir : « Blood for bread » , par Sattar Kassem, 8 juin 2009.
Traduction de l’article en français

Source de la version française (13.06.2009) :
http://www.ism-suisse.org/news/article.php?id=12160&type=analyse&lesujet=Collabos

Article original en anglais (11.06.2009) :
http://www.silviacattori.net/article853.html

Toutes les versions de cet article :
- Sattar Kassem: Dayton’s Joy