écrits politiques

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Palestine : La peur au ventre

La terreur entretenue par les forces occupantes en Palestine est plus envahissante que la faim. On oublie que l’on ne s’est pas alimenté de toute une journée, mais la peur au ventre, elle, on ne peut pas l’oublier.

1er novembre 2002 | - : Israël Palestine

Les Palestiniens en sont réduits à vivre avec cette peur. On les brutalise, on leur confisque toujours plus de puits et de terres fertiles, on les kidnappe, on les assassine, on les mutile et on ne s’en émeut pas.

« On ».., je veux parler de l’armée israélienne, de ses colons, que nos médias ont coutume de désigner par ce mot qui paraît évoquer quelque chose d’inoffensif, de voluptueux, de suave : « Tsahal ».

On évite ainsi de parler d’armée ; et par cette distinction « on » fait passer l’idée que « Tsahal », est quelque chose d’à part, d’unique, d’angélique.

« On ».., je veux parler de certains chroniqueurs dont je ne comprendrai jamais l’impardonnable lâcheté.

Les Palestiniens souffrent mille morts à cause de la sauvagerie de ces soldats qui portent l’uniforme de « Tsahal », et des mesures d’apartheid pernicieuses auxquelles "on" les astreints.

Malgré cela, ils sont animés d’une force admirable. Ils se reconstituent et s’adaptent sans fin. Et ce sont encore eux qui nous remontent le moral.

« Tsahal » ce sont des millions d’hommes et de femmes qui, à un moment où un autre de leur existence, sont allés servir sous l’uniforme en Palestine. Comprenez que depuis 1948 ils ont massacré, torturé, humilié des millions de Palestiniens.

Ces hommes et femmes ordinaires que l’on croise en tenue civile sur les terrasses de Tel Aviv, à la plage, où à Jérusalem, une fois harnachés en soldats et soldates, entrés en Palestine, sont capables de commettre l’impensable.

Ils humilient et brutalisent femmes et enfants sur les barrages routiers, raflent les hommes en pleine nuit, saccagent des terres labourées avec amour.

Ils veulent détruire tout ce qui leur résiste. Exemple. Ils ont poussé l’Occident a partir en guerre contre les Irakiens, en 2003. Ils poussent à partir en guerre contre l’Iran.

L’occident a suivi et prétendu que cela allait permettre de régler la « question palestinienne ». Mais ce n’étaient que manipulations étatiques. La Palestine n’a jamais été une « question ». Encore moins un « conflit ». Il s’agit de la brutale dépossession d’un peuple par des étrangers qui sont allé en Palestine avec l’intention de chasser les Arabes et de s’installer sur leur terre. Comme Israël n’a pas pu les chasser en une seule fois, les massacres continuent à ce jour.

Ils vivent là, sur ces terres volées où le sang a coulé, et vous ne comprenez pas comment ils peuvent se sentir en harmonie avec leur conscience, oublier Jénine, Gaza, Balata, ces lieux sans cesse violentés par leurs fils, filles, époux, frères.

Venir ici, voir les crimes que cet Etat juif, exclusif, arrogant, violent, raciste, commet contre des non juifs, considérés comme inférieurs, suspects ; venir ici et voir de ses propres yeux des soldats aller chaque nuit tirer les Palestiniens hors de leur lit, pour les arrêter, les tuer, les avilir, terroriser leurs familles, avec le projet de les exterminer de manière « douce », de s’en débarrasser à petit feu, est un véritable supplice.

Voir cela, permet de comprendre pourquoi des jeunes palestiniens, qui ont grandi dans cette horreur planifiée, que « Tsahal » exécute, ne peuvent pas vivre une vie normale : une fois parvenus à l’adolescence, psychiquement broyés, beaucoup parmi eux n’arrivent pas à avoir d’autre perspective que de faire le sacrifice de leur vie pour venger leurs frères et sœurs par des gestes insensés.

La Palestine est une grande cause. Une cause noble, restée trop longtemps occultée par la désinformation savamment entretenue par les autorités israéliennes et par tous ceux qui les soutiennent aveuglément en s’identifiant à cet Etat qui se définit comme "juif pour tous les juifs", donc exclusifs au point d’être incapables de voir les Arabes comme des humains.

Silvia Cattori