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Les Palestiniens méritent un meilleur soutien

Les Palestiniens traversent une période extrêmement sombre. Leur situation n’a fait que de s’aggraver depuis que les pays de l’Union européenne – alignés sur les positions bellicistes d’Israël et des Etats-Unis - qualifient leur actes de résistance contre l’occupant, de « terrorisme ».

28 décembre 2003 | - : Lobbies Palestine

Israël, qui est lui dans une situation d’illégalité, peut continuer de se livrer à des exécutions sommaires en toute impunité. Or le Palestinien qui résiste est dans son droit. Le mouvement de solidarité devrait clarifier ses positions, sortir de l’ambiguïté, défendre le droit des Palestiniens à résister et désavouer les Etats qui criminalisent la résistance, à commencer par l’Autorité palestinienne et ses représentants au-dehors, qui de facto collaborent avec Israël.

Est-il raisonnable de donner quasi exclusivement la parole à des militants du « camp de la paix israélien », à l’Israélien Michel Warschawsky, au sioniste Uri Avnery, ou à des journalistes qui comme Dominique Vidal par exemple, ont soutenu par le passé toutes les solutions dommageables à la cause palestinienne (Accord d’Oslo, Initiative de Genève), car elles écartaient les Palestiniens engagés dans la résistance alors que 60 % à 70% d’entre eux, ici, soutiennent les mouvements religieux Hamas et Jihad ? Pourquoi les associations de solidarité ne leur donnent-ils jamais la parole et privilégient les représentants de l’Autorité palestinienne compromis dans des négociations bidons avec l’occupant, tel Leila Shahid ?

Pourquoi le mouvement de solidarité a-t-il exclu du débat les Palestiniens qui se sont opposés à ces négociations de paix, (menées par le parti du Fatah et l’OLP) qui ont desservi leur cause et permis à Israël de gagner du temps, s’annexer plus de terres et de consolider ses acquis ?

Ne fallait-il pas donner la parole aux Palestiniens qui ne se compromettaient pas avec l’occupant ? En clair, avec ceux qui ne collaboraient pas avec lui ?

A Gaza et en Cisjordanie, les forces palestiniennes qui rejettent la politique de compromission de l’AP avec Israël et les Etats-Unis, nous ont fait part de leur amertume quant à ces « missions civiles » internationales qui viennent ici faire du tourisme, encadrés par des Palestiniens du Fatah, par des notables corrompus, et qui ignorent ces forces de résistance.

En prenant parti pour les factions laïques, et en tenant à l’écart les factions religieuses, ces missions civiles, marquées idéologiquement, contribuent de facto à diviser la société palestinienne déjà terriblement fragmentée par l’occupant. En apportant leur soutien à des factions corrompues qui comme le Fatah et le FPLP méprisent les trois quart de la population qui ne vote pas en leur faveur, et qui s’est opposée aux Accords d’Oslo, cela ne leur apporte que plus de malheurs et de souffrances.

Quand la solidarité tombe dans ces travers là, elle n’aide pas la cause. Il est impératif de répondre à la soif d’unité du peuple palestinien.

Silvia Cattori