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Par Silvia Cattori
Gilad Atzmon : "Triste de voir à quel point ce pays est devenu dictatorial" (Vidéo)

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10 juillet 2014 | - : Israël Lobbies Résistance

Gilad Atzmon au théâtre de la Main d’or à Paris

Transcription en français

Silvia Cattori  : Comment cela s’est-il passé, hier, à Lyon ?

Gilad Atzmon  : C’était un moment extraordinaire. Je n’en revenais pas qu’il y ait autant de jeunes, de 18 à 30 ans, je pense. Je n’avais jamais vu un public aussi diversifié. Je ne suis pas anthropologue mais il me semble qu’il y avait là des musulmans, des Nord-africains, des Français, blancs, noirs, handicapés... Ils étaient tous patriotiques, tous intéressés par la justice et tous participaient à cette rencontre parce qu’ils voulaient écouter des penseurs européens. Et c’était comique de voir que le lobby juif et le gouvernement français essayaient de les en empêcher. Je pense qu’ils commencent à avoir de sérieux problèmes, maintenant. Comme on a pu le constater, le parti au gouvernement, le parti socialiste, a été pratiquement anéanti aux dernières élections du parlement européen. J’espère pour monsieur Valls et le président Hollande qu’ils en tireront rapidement les leçons.

Silvia Cattori  : Savez-vous que c’est un moment très difficile pour des gens comme Alain Soral et Dieudonné. Quelle est votre opinion à leur sujet, que représentent-ils pour vous ?

Gilad Atzmon  : Je suis ici, ce soir, à la Main d’Or, dans le théâtre de Dieudonné. Je n’ai jamais vu de ma vie salle plus belle. Je joue tous les soirs, un peu partout dans le monde et je n’ai jamais vu des murs avec autant d’esprit. Mais c’est l’esprit de l’humanité et de la libération. C’est pareil pour Soral. Ils osent dire de cet homme, qui est soutenu massivement, par une foule cosmopolite… ils osent le traiter de raciste. C’est non seulement pathétique mais c’en est presque drôle, c’est risible. Et c’est là que l’on en est, en France… C’est triste de voir à quel point ce pays est devenu dictatorial, en si peu de temps. Je pense que le temps est venu pour les gens qui se considèrent de gauche de s’émanciper réellement de l’idéologie jérusalémite, et qu’ils commencent à défendre la classe ouvrière, les classes populaires, c’est cela la gauche. Parce que, s’ils ne le font pas, d’autres le feront et c’est ce à quoi nous assistons, maintenant. C’est précisément pour cela que le cas Soral est très important, car c’est un homme qui vient de la gauche. Il se considère toujours comme un socialiste, c’est un socialiste et c’est aussi un patriote. Et je pense que c’est une bonne chose.

Silvia Cattori : Il y a deux jours, les responsables de l’association pro-palestinienne Collectif 69 Palestine (1), à Lyon, ont déclaré qu’ils ne voulaient avoir aucun contact avec des gens comme vous et comme Soral. Que pensez-vous de ça ?

Gilad Atzmon : J’ai remarqué que ce que je n’ai pas vu dans la salle, ce sont les habituels deux ou trois juifs qui représentent le mouvement de solidarité avec la Palestine, en France et en Angleterre. Ce sont généralement de deux à sept juifs, assez âgés, souvent impotents, qui n’ont jamais travaillé de leur vie. Et ils se servent du mouvement de solidarité avec la Palestine comme d’un outil pour réussir à contrôler l’opposition à Israël. Je voudrais d’ailleurs souligner quelque chose de très simple : le fait que le mouvement de solidarité avec la Palestine ferme sa porte à Dieudonné, quelqu’un qui fait salle comble etparle de la Palestine, le fait qu’ils rejettent Soral, qui a un million de visiteurs sur son site internet, chaque jour ! Je sais car j’ai de lecteurs en France, qu’ils sont nombreux parce que je suis associé avec ces personnes qui ont mille fois plus d’audience que quoi que ce soit qui n’ait jamais été lié à la Palestine. Le fait que le mouvement de solidarité avec la Palestine ferme la porte et se prive de l’opportunité, de la chance de communiquer avec un si grand nombre de gens, prouve que ce mouvement se moque totalement des intérêts de la Palestine. Et ça ne me surprend pas, j’ai écrit un livre (un best seller, d’ailleurs) où j’explique pourquoi le lobby juif - à l’intérieur du mouvement de solidarité avec la Palestine - est contre-productif. C’est une continuation de l’ADL (Anti Defamation League, NDT).

Silvia Cattori  : Pourquoi attaquent-ils d’une telle façon Soral et Dieudonné selon vous ?

Gilad Atzmon : Ils utilisent la même tactique… J’ai raconté tout à l’heure cette blague à Dieudonné. Dans un village où il y a un juif, il faut deux synagogues : une que le juif fréquente et une que le juif boycotte. Pour tous ces militants juifs, ces organisations, ces institutions, etc. ils ne prennent du sens, n’existent vraiment que lorsqu’ils commencent à boycotter, à utiliser la culture talmudique « Herem » (2). Cela est symptomatique de leur comportement. Cela ne me surprend pas et, comme nous le savons, il ne s’est rien passé de bon en Palestine et c’est assez étonnant que la lutte pour la liberté, cent ans de lutte, n’aient rien donné d’autre que ce grand « Rien ». Mon explication est très simple, cela n’était pas destiné à donner un quelconque résultat. On voit que le mouvement de solidarité palestinien est en réalité le mouvement juif de solidarité. Ce sont les juifs célébrant la solidarité avec eux-mêmes.

Silvia Cattori : Est-ce à dire que le mouvement de solidarité avec les Palestiniens est sous contrôle du lobby juif ?

Gilad Atzmon : Absolument ! La solidarité juive est sous contrôle juif et elle agit comme une opposition contrôlée. C’est pourquoi ils imposent des restrictions au langage, c’est pourquoi, au lieu de montrer Israël et le sionisme comme une opération de type nazi, ils insistent toujours pour l’appeler apartheid, essayant de créer des parallèles imaginaires avec d’autres modèles historiques. Mais qui ne sont pas valables. L’apartheid est un système raciste d’exploitation. Or, l’État juif ne veut pas exploiter les Palestiniens, il veut s’en débarrasser. Il veut les éliminer. Ça n’a rien à voir avec l’apartheid. C’est semblable au nazisme et… j’espère que je n’offense aucun nazi qui verrait cette vidéo, je sais que ce n’est pas très gentil, vous savez… de toujours comparer. Ce n’est pas non plus du colonialisme, je l’ai dit souvent. Le colonialisme c’est un rapport entre une métropole et une colonie. Les juifs veulent qu’on l’appelle colonialisme car ainsi cela signifie que leur sale opération au Moyen Orient est semblable à l’action des Anglais, des Français, des Hollandais... Mais elle ne l’est pas. Il s’agit d’un projet juif unique, d’ailleurs Israël s’appelle lui-même un État juif. Et ce que doit faire le lobby juif dans le mouvement de solidarité palestinien, c’est de nous empêcher de parler de la judaïté de l’État juif. C’est Oh combien pathétique ! Mais quand je vois, dans cette salle… Aujourd’hui il y avait 300 personnes, hier c’était 600… Ça fait déjà presque mille personnes. C’est au moins dix fois plus que n’importe quel rassemblement que j’ai vu en France (il parle des réunions pour la Palestine, NDT). Bref, je dirais que le mouvement de solidarité avec les Palestiniens a été vaincu parce que les juifs qui en font partie n’y sont pas venus pour vaincre. Ils sont venus pour conduire la solidarité - la vraie solidarité avec les Palestiniens - dans une impasse. Et la compréhension essentielle, qui apparaît aujourd’hui… et c’est le message de la victoire récente des partis de droite en Europe, c’est que les Européens de classes modestes, ceux que certains sociologues appellent « the under-class people », ces gens-là commencent à réaliser qu’ils sont des Palestiniens. Nous sommes tous des Palestiniens. Et quand je vois de quelle manière on traite Dieudonné, ou Soral, JE DIS QU’ILS VIVENT SOUS OCCUPATION SIONISTE ! C’est la situation de la France, en ce moment et la France va s’en libérer comme elle le montre déjà par des signes clairs. Les gens, ici, sont révolutionnaires, vous savez… il n’y aura pas besoin de trop les pousser.

Silvia Cattori : Est-ce en raison de ce contrôle que, contrairement au livre de Shlomo Sand, votre livre a été mal accueilli en France par le mouvement de solidarité avec les Palestiniens ?

Gilad Atzmon  : Bien sûr, car j’y présente certains aspects très contestables de la solidarité…

Silvia Cattori  : Qu’est-ce qui différencie ces deux livres ?

Gilad Atzmon  : Il y a une grande différence entre Sand et moi. Et je dis cela avec un grand respect pour Sand. Sand suggère clairement que les juifs, ou les sionistes, ont été très habiles à inventer leur histoire, leur narration, leur nationalisme. De mon côté, je pose une grande – et très simple – question : Comment parviennent-ils à faire avaler un si gros mensonge ?! Comment peuvent-ils arriver quelque part et dire aux gens qui habitent là, « Vous devez partir, nous étions ici il y a 2000 ans » ? Est-ce que les Italiens pourraient faire accepter le même genre de bluff ? Et prendre votre maison, au nom de leurs ancêtres romains ? Absolument pas ! C’est cette question que j’essaie de poser. J’essaie de comprendre quelle est la signification de tout cela. Je suis un philosophe, je ne suis pas un historien. Quelle est la signification du pouvoir juif ? D’où vient-il ? Comment est-il soutenu ? Quelles sont les manipulations qui ont lieu ? Et j’essaie d’étudier la chose d’un point de vue philosophique. Parce que, contrairement à Shlomo Sand, et à nombres d’autres, probablement tous les autres, je suis un essentialiste réactionnaire. Je veux comprendre quel est le sens des choses. Si Israël s’appelle lui-même un État juif, ça ne m’intéresse pas de savoir quand il a commencé à s’appeler un État juif, ce qui m’intéresse, c’est la signification, le sens d’un État s’appelant lui-même un État juif.

Quel est le sens de son opposition, Voix Juive pour la Paix (Jewish Voice for Peace) s’appelant elle-même Voix Juive pour la Paix. Est-ce que cela signifie qu’Ahmed de Gaza ne pourra jamais être le secrétaire de Voix Juive pour la Paix ? Pourquoi ? Parce qu’il n’est pas qualifié du point de vue racial ? Voilà les questions auxquelles je m’intéresse. Et quand on les observe dans une perspective philosophique, catégorique, il n’y a aucune différence entre l’État des seuls juifs et la « Voix Juive pour la Paix » des seuls juifs. Et on peut aussi poser la question à propos d’une organisation comme Europalestine. Il y a là une femme sympathique, Olivia Zemor ; et de fait, elle n’agit pas dans une organisation exclusivement juive, mais elle dicte ses intérêts juifs, quand il s’agit du mouvement de solidarité palestinienne. C’est elle qui m’a dit : « ne t’approche pas de Dieudonné ! » Pourquoi ?! Pourquoi ?! Parce qu’elle est la gardienne ! Et on ne doit pas la contrarier !

Silvia Cattori : Est-il vrai qu’Olivia Zemor n’a pas voulu vous inviter (dans sa librairie La Résistance à Paris) à présenter votre livre ?

Gilad Atzmon  : Bien sûr ! Parce que mon livre… Je jouais souvent chez elle et elle aimait bien mon saxophone mais quand je commençais à parler…ça lui posait problème, et elle essayait de restreindre, de limiter mon influence. Elle se servait de sa plateforme comme d’un outil pour supprimer mon message. Et finalement, son opposition, son antagonisme déclaré, m’ont libéré. Je parle maintenant à des dizaines de milliers de personnes en France. Mon livre est disponible en deux éditions, il se vend vraiment très bien et j’en suis très content. Il se pourrait même que j’achète une voiture française !

Silvia Cattori : Merci beaucoup Gilad.

Propos recueillis par Silvia Cattori le 27 mai 2014 Traduction Christian

(1) Mot hébreu pour excommunication et boycott (2)

(2) Collectif Palestine 69 (Lyon)

Silvia Cattori