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Un imam Suédois achemine clandestinement des armes en Syrie

On savait que de prétendus « djihadistes » sont venus de divers pays d’Europe pour participer à la tentative de renverser le pourvoir de Bachar al-Assad. On n’avait par contre pour l’instant eu aucune information sur l’organisation non étatique en Europe d’un trafic d’armes à destination de ceux qui combattent l’armée gouvernementale. [Ndlr]

2 novembre 2013

Un imam Suédois a acheminé clandestinement de grandes quantités d’armes destinées aux rebelles en Syrie, un délit passible quatre ans de prison.

Des sources ont déclaré à Sveriges Radio (SR) que l’homme d’origine syrienne était l’un des principaux fournisseurs d’armes aux rebelles et qu’il livrait des armes depuis 18 mois dans ce pays déchiré par la guerre.

Selon SR, le fournisseur d’armes présumé qui se nomme Haytham Rahmeh aurait acheté des armes principalement en Libye, mais aurait aussi fait des achats en Bosnie-Herzégovine. Les armes ont ensuite été transportées via la Turquie puis livrées aux rebelles en Syrie.

Raphaël Lefèvre, un chercheur de l’Université de Cambridge qui a interviewé Rahmeh, a déclaré sur SR que Rahmeh a été souvent vu auprès de l’opposition syrienne et ne s’est pas caché d’envoyer des armes aux rebelles via une organisation appelée Commission pour la Protection des Civils.

"L’envoi d’armes en Syrie par cette organisation n’est pas un secret", a dit Lefèvre sur SR.

Rahmeh a officié pendant plusieurs années en tant qu’imam à la mosquée de Stockholm qui se trouve près de Medborgarplatsen, en centre ville. Il a aussi été président le l’organisation européenne des imams avant de tourner son attention vers l’assistance aux rebelles Syriens.

Thomas Tjäder, un expert en matière de sécurité à l’Agence Suédoise pour la « Non Prolifération et le Contrôle des Exportations » (Inspektionen för strategiska produkter – ISP) a expliqué que la contrebande d’armes en Syrie était une infraction à la réglementation suédoise sur le contrôle des armes et était passible d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison.

La loi s’applique à tous les citoyens Suédois ainsi qu’aux étrangers en séjour régulier, que les armes aient transité par la Suède ou pas, a déclaré Tjäder sur SR. L’embargo de l’Union Européenne sur les armes pour la Syrie implique qu’elle veille à son application au niveau des Etats, a-t-il expliqué, voulant dire ainsi que c’était à la Suède d’enquêter sur d’éventuelles infractions.

Nazir Hakim, président de la Commission pour la Protection des Civils a confirmé que Rahmeh avait collecté des fonds pour l’organisation et qu’une partie de l’argent avait servi à acheter des armes. Il a cependant affirmé que les armes avaient été achetées en Syrie et non importées de Libye.

« Nous avons acheté deux cargaisons de lait en Libye » a-t-il dit sur SR.

SR a cependant cité plusieurs sources qui affirment que l’organisation a importé des armes de Libye.

The Local (Suède) 31 octobre 2013