écrits politiques

Français    English    Italiano    Español    Deutsch    عربي    русский    Português

Yougoslavie : A propos d’une histoire qui reste à écrire

Lettre de lecteur adressée au directeur du Monde diplomatique (restée sans réponse)

17 septembre 2013

A propos d’une histoire qui reste à écrire.

Cher Directeur,

J’attire votre attention sur la conclusion de la critique de Jean-Arnault Dérens "dézinguant" les contributions de Fabrice Garniron, Pierre Péan et Maya Kandel parue en page 25 du numéro de septembre du Monde diplomatique, qui se termine par cette phrase :

«  L’histoire des guerres de Yougoslavie - et de leur perception dans les opinions occidentales - reste à écrire. »

Cette conclusion en apparence ouverte masque, selon moi, le fait suivant : Jean-Arnault Dérens lui-même, seul ou en collaboration avec Catherine Samary, a déjà écrit cette histoire de manière définitive il y a quelques années, et il considère que toute nouvelle approche qui viendrait la remettre en question serait, selon ses propres mots, une réécriture forcément «  biaisée », « révisionniste », « partiale ».

Jean-Arnault Dérens entend ainsi "verrouiller" un sujet dont il estime - à tort - qu’il est le mieux placé pour le traiter. S’il feint de regretter « l’extrême faiblesse de la recherche universitaire sur les Balkans », c’est sans doute parce qu’il attend de cette recherche qu’elle avalise ses propres conclusions.

Je me souviens qu’à l’époque où je correspondais régulièrement avec vous, à la fin des années 90, vous vous montriez critique avec les analyses conformistes de Dérens. Chose (légèrement) surprenante, devenu directeur du Monde diplomatique, vous continuez pourtant à lui faire entièrement confiance en lui octroyant un quasi-monopole journalistique pour tout ce qui a trait aux Balkans...

Il serait, je crois, grand temps d’ouvrir largement vos colonnes à des points de vues plus originaux que ceux de Dérens.

Cordialement,

Marc-Antoine Coppo universitaire, Nice