écrits politiques

Français    English    Italiano    Español    Deutsch    عربي    русский    Português

Premier Forum social européen, à Florence
Comme un cri...

Non à la guerre, non à la globalisation, non à une presse muselée, non aux désastres écologiques. Un autre monde est possible. Ce sont là quelques uns des messages délivrés lors du 1er Forum social européen (FSE) qui s’est tenu à la forteresse de Basso, à Florence, du 7 au 10 novembre 2002 (*).

9 novembre 2002 | - : Moyen Orient

La salle, immense, était encore trop petite pour accueillir toute la foule venue écouter les discours qui dénonçaient une guerre contre l’Irak donnée pour inévitable, éventualité qui jetait un voile de tristesse sur les jeunes visages.

Quelqu’un a dit que nous pouvions encore l’éviter la guerre, que nous devions l’éviter, que nous devions éviter plus de souffrances. Qu’aller manifester dans nos rues n’était plus suffisant, qu’il fallait aller en Irak, en Palestine, en nombre.

L’intervention profondément humaine d’Ahmed Ben Bella, 86 ans, a soulevé un immense élan de sympathie. J’ai aimé sa souriante douceur.

J’ai aimé aussi l’intervention d’un journaliste italien qui a rappelé que notre voix se perdra tant que nous n’aurons pas compris que nous devons apprendre à communiquer autrement, que nous devons mener un combat pour revendiquer des médias une information digne de ce nom.

Et puis d’autres intervenants parfois passionnants, parfois ternes, ont également parlé à ce public enthousiaste et curieux. Un public qui ne va pas voter - que la droite désenchante, que la gauche a largement trahi en soutenant la globalisation, les privatisations - mais qui ressent confusément un besoin de démocratie participative.

La cause palestinienne a reçu un accueil inespéré. Dix mille personnes environ, sur l’ensemble de la journée, ont ainsi pu prendre conscience de la gravité de la catastrophe qui s’est abattue sur les Palestiniens ces derniers mois. Les Palestiniens redoutent l’usage que Sharon va pouvoir faire de cette guerre, si elle a lieu. Les perspectives de guerre contre l’Irak ont mis la Palestine au cœur de toutes les peurs.

C’est le matin. A la gare, les trains déversent en continu des gens venus de toute l’Europe. Il y a déjà une présence policière impressionnante, et une foule bien plus impressionnante qui se dirige en silence à la Fortezza di Basso toute proche.

Le départ de la manifestation est prévue pour 15 heures. Le parcours, long de 7 km, est interdit aux voitures. En tête du cortège, les ouvriers de la Fiat sont à l’honneur, suivis de la délégation palestinienne. L’air est festif. On avait annoncé la pluie ; en lieu et place de pâles rayons caressent les épaules. A onze heures, il y a déjà dans les rues près de 100.000 personnes portant des drapeaux de la CGIL ou en faveur de la paix. On parlera plus tard d’un million de personnes.

Ce jour qui a réuni des citoyens de tant de pays, en quête de plus de beauté, de plus de vérité, de plus de générosité, pourrait être l’embryon de quelque chose de magnifique que chacun cherche désespérément, pour autant que la police ne crée pas d’incidents, ne lance pas de provocations contre les manifestants. Sa présence, massive, est déjà une provocation en soi. Il y a également ici des journalistes qui contribuent à faire monter la tension. Ils vont à la chasse de toute image susceptible de porter préjudice à leur cause. Ils vont filmer les rares vitrines fermées, interroger des gens qui disent leur peur.

Silvia Cattori

(*) Le slogan de ce forum était "contre la guerre, le racisme et le néo-libéralisme", en référence spécifique au plan de George W. Bush pour l’Irak.
Le FSE, avec ses 60 000 délégués qui ont occupé la Forteresse de Basso (lieu historique) et d’autres centres de conférences s’est terminé par une grande manifestation contre la guerre, de 1 million de personnes selon les organisateurs. Parmi les thèmes abordés : immigration, constitution de l’union européenne, la taxe Tobin et surtout les débats sur la paix et le pacifisme.