écrits politiques

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Une analyse de Ghaleb Kandil
La tournée de Kelly et les atermoiements américains

Alors que le secrétaire d’Etat John Kerry commence une tournée internationale axée sur la situation en Syrie, la Russie multiplie ses critiques de l’attitude ambigüe et de la politique des deux poids deux mesures des États-Unis. Pourtant, Washington avait lancé des signaux sur un changement de politique, essentiellement illustrée par la décision du président Barack Obama de remplacer le trio belliciste composé de Hillary Clinton, Leon Panetta et David Petraeus.

27 février 2013

Sur le plan diplomatique, les Américains multiplient les déclarations sur la nécessité de trouver une solution à la crise syrienne sur la base de l’accord de Genève, qu’ils tentent de vider de son sens en interprétant arbitrairement certaines de ses clauses. Ils multiplient les mises en garde sur le danger que constitue le Front qaïdiste al-Nosra, mais dans le même temps ils continuent de diriger la guerre en Syrie et d’appuyer les groupes terroristes, comme si rien n’avait changé dans cette crise, d’où ils essaient de s’extirper.

Toutes les données sur le terrain prouvent que les États-Unis poursuivent leur guerre contre la Syrie en collaboration avec leurs partenaires occidentaux, la Turquie et leurs auxiliaires arabes. Les Turcs et les qataris continuent d’apporter soutien matériel, logistique, financier, médiatique et politique aux terroristes, avec l’appui actif de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de Bahreïn.

La seule solution réaliste au problème syrien reste le plan de sortie de crise proposé le 6 janvier par le président Bachar al-Assad. Mais ce plan est conditionné par la mise en place de mécanismes d’arrêt de la violence qui passent impérativement par l’assèchement des sources de financement des terroristes, l’arrêt des livraisons d’armes et de munitions et la fermeture des camps d’entrainement installés en Turquie, De même qu’il est nécessaire de démanteler les filières de recrutement et d’acheminement des terroristes du monde entier en Syrie.

Malgré leurs agissements ambigus, les Américains ont émis des signaux qui constituent un aveu de l’échec de leur objectif initial qui consistait à renverser le régime du président Assad. Ils ont concédé avec résignation que le dialogue avec le chef de l’État syrien est l’unique voie susceptible d’aboutir à une solution de la crise. Cela ne les empêche pas de manœuvrer dans l’espoir d’améliorer les conditions des négociations. Et c’est dans ce cadre que s’inscrit la "décision" de l’opposition syrienne qui a annoncé samedi qu’elle suspendait sa participation à plusieurs rencontres à l’étranger pour dénoncer le "silence international sur les crimes" commis par le régime. Dans le même temps, la Coalition de l’opposition a annoncé la prochaine création d’un gouvernement en zone occupées en Syrie.

La colère exprimée par la Russie face à toutes ces tergiversations montre une fois de plus que seuls les développements sur le terrain seront capables de débloquer la situation. C’est donc l’Armée arabe syrienne qui aura le dernier mot.

Ghaleb Kandil
New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf
Tendances de l’Orient No 123, 25 février 2013.