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Guerre en Syrie : la Croatie brade ses stocks pour armer les terroristes de l’ASL

Fusils mitrailleurs M60, des lance-roquettes M79, RPG-22... Depuis le début de l’année 2013, les rebelles syriens disposent de nouvelles armes. Tous les modèles visibles étaient produits en Yougoslavie, et sont toujours utilisés par l’armée croate. Alors que l’Union européenne applique un embargo sur les armes, il semble bien que la Croatie - qui ne rejoindra l’Union que le 1er juillet - ait entrepris de liquider ses vieux stocks.

25 février 2013

La Croatie vend-elle des armes aux rebelles syriens ? La question est posée par Michael Weiss, analyste du portail NOW, site web d’information en anglais spécialisé sur le Moyen-Orient.

Les rebelles syriens, écrit Michael Weiss, ont reçu autour du Nouvel an un approvisionnement de nouvelles armes, un équipement que l’on peut observer sur les vidéos du conflit entre les rebelles et l’armée syrienne. Les rebelles ont quatre nouveaux types d’armes : des fusils mitrailleurs M60, des lance-roquettes M79, RPG-22, Milkor MGL et RBG-6.

Ces armes étaient à l’époque fabriquées en Yougoslavie et l’armée croate s’en sert encore actuellement. Les armes des rebelles syriens ont probablement été fabriquées en 1990 ou 1991. On ne sait pas encore comment ces derniers les ont obtenues, elles pourraient être sorties de Croatie en contrebande.

INA a des champs pétrolifères en Syrie

Comme d’autres pays européens, la Croatie a reconnu les forces rebelles syriennes comme l’autorité légitime du pays. Et sachant que nous ne sommes pas encore dans l’UE, l’embargo sur l’exportation d’armes vers la Syrie ne concerne techniquement pas la Croatie.

La Croatie est membre du groupe international des « Amis de la Syrie », créé à l’initiative de la France et des États-Unis en réponse aux veto russe et chinois sur la résolution du Conseil de sécurité condamnant la Syrie. La Jordanie et la Turquie sont aussi membres de ce collectif et c’est par ces deux pays que transiteraient les armes de contrebande.

Michael Weiss, dans son texte pour NOW, souligne également que la Croatie a des intérêts directs en Syrie, à savoir les champs pétrolifères d’INA. Rappelons que toutes les entreprises croates se sont retirées de Syrie il y a un an. En raison de l’abandon des exploitations de pétrole en Syrie, INA, ainsi que l’Etat croate, perdent des centaines de millions d’euros.

À la lumière de ces faits, Michael Weiss a tenté d’obtenir de la mission croate aux États-Unis une réponse à cette question : la Croatie vend-elle des armes aux rebelles syriens ? Il affirme avoir essayé à plusieurs reprises d’obtenir des réponses par téléphone ou par courrier, en vain. Une source anonyme à Washington lui aurait cependant dit qu’il était possible que « la Croatie soit impliquée », mais que les armes pouvaient aussi venir de Libye.

La Yougoslavie, puis la Croatie, ont longtemps entretenu de bonnes relations avec le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Il n’est donc pas impensable que durant cette période, la Libye ait acheté des armes à la Yougoslavie ou à la Croatie, et que ces dernières aient fini en Syrie après la chute de Kadhafi.

Les Britanniques veulent armer les rebelles

Les pays européens ne sont pas d’accord sur l’ampleur de embargo à mettre en place contre la Syrie. William Hague, le ministre britannique des Affaires étrangères, a ouvertement dit cette semaine que les pays de l’UE devraient armer les rebelles syriens. « Nous leur avons apporté un important soutien politique et diplomatique. Nous leur avons envoyé du matériel pour sauver des vies. Mais je pense qu’il existe d’autres types de matériel que nous pourrions leur fournir », a-t-il affirmé à Bruxelles devant des journalistes, avant la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE.

Mais William Hague n’a pas reçu le soutien de ses collègues. Aucun autre ministre des Affaires étrangères des pays membres de l’UE n’a voulu soutenir publiquement la position du Royaume-Uni. Lundi 18 février, les membres de l’Union européenne ont cependant reconduit pour trois mois les sanctions contre le régime de Bachar el-Assad, tout en amendant l’embargo sur les armes pour permettre « l’envoi de matériel non offensif et une assistance technique » pour la protection des civils. « La République de Croatie n’a ni donné, ni vendu d’armes appartenant au ministère de la Défense et aux forces armées croates », conclut néanmoins le service des relations publiques du gouvernement que nous avons contacté.

Traduit par Claire Vallet
23 février 2013