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Le commentaire d’un citoyen syrien de Damas
Ce n’est pas Bachar el-Assad qui martyrise la Syrie...

Nous avons publié depuis plus d’une année de nombreux témoignages de Syriens pacifiques, totalement effrayés par la gravité des exactions commises contre leur pays par les bandes armées, disant leur révolte face à la collusion médiatique et politique occidentale avec ce qu’ils qualifient de « bandes terroristes ». Entendre nos médias parler de la « barbarie de Bachar el-Assad » et lui attribuer systématiquement les massacres contre des civils alors qu’à leurs yeux ils incarnent la résistance patriotique face à la barbarie des bandes armées, leur est insupportable. Par cette courte mise au point Iyad, un citoyen syrien, montre comment les bandes armées après avoir commis les attentats s’emploient ensuite à les attribuer à l’armée syrienne pour condamner Damas. (SC)


20 janvier 2013

Des précisions sur le carnage qui a frappé l’Université d’Alep le 15 janvier 2013

Au sujet de l’attentat qui a frappé l’Université d’Alep en y faisant des centaines de victimes, en majorité des étudiants, - l’un des attentats les plus meurtriers depuis le début il y a 22 mois du conflit dans ce pays - l’analyste militaire Salim Harba a fait cette déclaration sur la chaîne télévisée libanaise Al-Mayadeen :

« Les terroristes du front al-Nousra et de l’ASL agissent sournoisement : ils guettent le survol ou le décollage d’un avion militaire syrien dans une région quelconque, pour lancer des missiles sur une zone habitée de manière à faire croire qu’il s’agit d’un bombardement effectué par l’avion.

L’étendue des destructions constatées ne correspond pas à celles que les tirs d’un avion peuvent provoquer.

D’autant plus que les analyses effectuées sur les lieux indiquent que le missile, fabriqué localement, était chargé d’une dose supplémentaire de C4 extrêmement explosive. »

Il y a le témoignage direct d’une étudiante qui se trouvait à l’université d’Alep lors de ce carnage horrible. Il contredit la propagande diffusée par al-Jazeera qui a accusé elle d’emblée « un MIG d’Assad » d’avoir frappé de ses tirs l’université. « J’ai vu un avion de l’armée syrienne volant juste au dessus de l’université, à la verticale » a déclaré cette étudiante. Or selon les expert militaires si le pilote d’un MIG, comme ceux utilisés par l’armée syrienne, veut frapper une cible précise, il ne tire pas au moment où il se trouve juste au dessus car la roquette du MIG ne descend pas verticalement mais suit une courbe parabolique. Il est donc absurde d’accuser un MIG d’avoir bombardé l’université d’Alep alors qu’il se trouvait à la verticale, au dessus de l’université.

Attribuer ce carnage à la « barbarie de Bachar el-Assad » est une absurdité.

L’armée syrienne et son gouvernement n’ont aucun intérêt à bombarder des zones où la population fait entièrement corps avec elle et qui en appelle à en finir avec les terroristes.

Les gens raisonnables, les journalistes honnêtes, savent parfaitement que l’armée syrienne est là pour défendre son pays et son peuple face aux agresseurs ; qu’elle n’a aucun motif de s’attaquer à des civils, de s’attaquer à des zones sécurisées et exemptes d’opposants armés, aucune raison de bombarder des lieux habités et sous son entière protection.

Il ya beaucoup d’infiltrés qui s’expriment sur les réseaux sociaux en se faisant passer pour des fidèles du gouvernement sous des noms trompeurs -par exemple, en signant du nom "al-Assad" et en mettant la photo du président sur leur compte - et qui se répandent en détails et argumentations inutiles, notamment sur la technique des leurres « thermiques », etc, de manière à semer le doute et la confusion au sujet des auteurs réels des attentats. Leur tactique est toujours la même : transformer les attentats contre des cibles civiles de façon à faire croire à la population que ce sont les obus de l’aviation de l’armée syrienne qui causent les massacres de civils et à l’inciter à se révolter contre Bachar el-Assad.

Plus sournoisement, pour semer la confusion, et donner davantage de crédibilité à leurs thèses, les forces terroristes - responsables de l’attentat contre l’université d’Alep - ont véhiculé via Facebook et au sein de la population, trois versions :

1) que le pilote aurait fait défection (cette version n’a pas pris) ;

2) que l’avion visait des milices armées mais s’est trompé de cible ;

3) que les missiles qui ont frappé l’université provenaient effectivement des bandes armées, mais que les leurres thermiques les ont dévié de leur trajectoire.

Je réfute ces trois versions :

1) La première version a été très vite écartée.

2) Les avions syriens possèdent une haute technologie qui leur permet d’atteindre leur objectif avec une précision de quelques mètres ; précision que les pilotes ont démontrée dans leurs incessantes attaques contre les groupes qui font régner la terreur. Comment dès lors serait-il possible que deux missiles puissent tomber par erreur au même endroit ?

3) Si les leurres thermiques avaient dévié les missiles de leur trajectoire, comment deux missiles auraient-ils pu être déviés et toucher la même cible, à 10 minutes d’intervalle ?

Ce même genre d’explications avaient déjà été répandues il y a un mois à Homs, dans la zone du quartier arménien, de manière à rendre le gouvernement al-Assad responsable d’attaques qui ont causé des victimes civiles alors même qu’il s’agissait d’une zone à majorité alaouite et syro-arménienne fidèle au gouvernement.

Il faut particulièrement souligner le timing de l’attentat d’Alep survenu au premier jour des examens universitaires semestriels. En effet, les terroristes de Jabhat al-Nousra et de l’ASL avaient diffusé des mots d’ordre du genre « ni étude ni enseignement jusqu’à la chute du président » ; et avaient menacé les étudiants pour les inciter à boycotter l’Université.

Le Dr Bachar al-Jaafari, représentant de la Syrie, a relevé à l’ONU, le 15 janvier 2013, que la chaîne télévisée Al-Arabiya, avait parlé de l’attentat qui a frappé l’Université d’Alep avant même que les bombes n’explosent [1]

Force est de constater que ce n’est pas la première fois que la chaîne d’Arabie Saoudite, al-Arabiya, annonce que des bombardements ont eu lieu quelques minutes avant qu’ils ne se soient réellement produits. Ce qui laisse penser qu’il y a une collusion politique et médiatique avec les attentats perpétrés par les dhjiadistes en Syrie et l’Arabie Saoudite qui les finance.

Un autre exemple concerne les explosions qui, le 28 Juin 2012, ont fait un carnage devant le Palais de justice à Damas :
http://www.alazmenah.com/?page=show_det&category_id=4&id=39657

- al-Arabiya avait à cette occasion aussi parlé de l’explosion de trois bombes dans la ville de Damas sans préciser à quel endroit et avant que l’attentat n’ait eu lieu.
- Deux minutes après cette annonce par al-Arabiya la première bombe a explosé !
- Quand la police est accourue sur place pour évacuer les civils, car de nombreux magasins ont été touchés, une deuxième bombe a explosé !
- La police alertée par l’annonce de la chaîne al-Arabiya a pu ainsi trouver et désamorcer la troisième bombe dans une voiture évitant un nouveau carnage.

Iyad
Damas, le 17 janvier 2013.

URL : http://www.silviacattori.net/article4152.html

Traduit de l’Arabe par Abed



[1Dr Bachar al-Jaafari highlighted how al-Arabiya channel, "which is playing the role of an operation room" aired the news even before it took place and considered it "a blow dealt to the regime".
Voir : http://www.sana-syria.com/eng/22/2013/01/16/462094.htm