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Une analyse de Ghaleb Kandil
Syrie : Est-il réellement impossible de trancher la bataille ?

De nombreuses analyses sur la Syrie évoquent l’impossibilité de trancher la bataille dans le conflit opposant l’État et les bandes terroristes menées par le Front al-Nosra d’obédience qaïdiste, et qui regroupent un cocktail composé des Frères musulmans, des takfiristes internationaux "venus de 29 pays", comme le reconnaît un rapport rédigés par des enquêteurs de l’ONU, sans oublier les coupeurs de routes et les brigands sans foi ni loi.

25 décembre 2012

Le facteur déterminant permettant de dire qu’il est impossible de trancher la bataille est, en premier lieu, l’équilibre des forces au sein de la société syrienne et ses répercussions sur les protagonistes : l’État et l’armée arabe syrienne d’une part, les bandes terroristes à la solde de l’OTAN de l’autre.

Tout observateur honnête sait pertinemment qu’une majorité populaire, constituée d’un noyau solide transcommunautaire, a, dès le début, exprimé son soutien au président Bachar al-Assad, à toutes les initiatives qu’il a prises et à l’armée, dans leur combat contre les terroristes et la rébellion. La taille de ce courant populaire a pris de l’ampleur au fil des événements après que deux autres blocs se soient joints à lui : le bloc "gris", qui était resté à l’écart, exprime désormais un soutien sans faille à l’armée, après que les pratiques terroristes des bandes armées et leurs pulsions destructrices se soient clairement manifestées. Ce bloc refuse le chaos, recherche la stabilité et regarde avec aversion la destruction systématique de l’État syrien, de ses institutions et de ses infrastructures. Une autre partie des Syriens, qui était influencée par les slogans des réformes, a réalisé que le président Bachar al-Assad et l’État étaient crédibles et sincères dans leur volonté de changement, alors que l’opposition, en refusant tout dialogue, ne cherche que le pouvoir à n’importe quel prix, surtout celle qui est liée organiquement à l’Occident et aux pétromonarchies.

Une majorité de la société syrienne, consciente et éveillée, se tient aux côtés de l’État, de l’armée et du président, alors qu’une petite partie appuie les Frères musulmans et d’autres groupes de l’opposition qui manifestent une hostilité maladive et irrationnelle à l’égard de l’État. Tous les jours, la taille de ces groupes rétrécit et ils perdent leur soutien populaire, surtout dans les régions où se trouve le Front al-Nosra, extrêmement sanglant et violent.

C’est ce rapport de force dans la société qui détermine l’issue du combat. Et il ne fait pas de doute que cette frange majoritaire au sein de la société exerce des pressions sur l’État et sur l’armée afin qu’ils tranchent la bataille et qu’ils refusent tout dialogue ou compromis avec les bandes takfiristes et autres groupes manipulés par l’OTAN et les pays du Golfe.

Si ceux qui assurent qu’il est impossible de trancher la bataille se basent sur les rapports de forces militaires, il est clair que cette lecture repose sur des données fausses. bien qu’il ne faille pas minimiser la capacité de nuisance de dizaines de milliers de terroristes, dont des milliers d’étrangers, autant de tueurs professionnels qui commettent de nombreux massacres sur le sol syrien. Ces groupes reçoivent d’énormes quantités d’armes et des sommes astronomiques pour poursuivre leur guerre d’usure contre l’État et son armée.

Mais malgré cela, les rapports de force restent de loin favorables à l’armée, toutefois, les données précitées montrent que la lutte de l’État, du peuple et de l’armée syrienne va être longue. Tous les compromis politiques, pour le moment suspendus, ne pourront pas mettre un terme au terrorisme. Pas plus que les démarches entreprises pour juguler l’hémorragie, sauf si elles se basent sur la nécessité de soutenir l’État et d’adopter des mesures contre ceux qui financent, arment, entraînent et abritent les tueurs en série multinationaux, qui se font appeler jihadistes. Ces bandes armées sont appuyées par les États-Unis, l’OTAN, la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite.

Ghaleb Kandil
New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf
Tendances de l’Orient No 114, 24 décembre 2012.