écrits politiques

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Ce sont des êtres humains qu’Israël exécute sommairement
In memoriam Husâm Abû Habel

Début janvier Yuval Diskin, le chef des services d’espionnage du Shin Bet, déclarait que l’armée israélienne avait tué 1000 « terroristes » à Gaza depuis 2005. C’est de cette manière inique qu’Israël justifie ses assassinats -qu’il s’agisse de résistants ou de civils ordinaires, parmi lesquels une majorité d’enfants, femmes, vieillards- en les qualifiant de « terroristes ». Or, dans tous les cas, ce sont des êtres humains que les soldats israéliens déshumanisent et exécutent sommairement. Le petit texte émouvant écrit par le frère d’un de ces prétendus « terroristes » qu’Israël se vante d’avoir assassiné, donne un visage humain à ces disparus. S.Cattori

4 février 2008

« C’était un jeune homme qui aimait la vie et ne craignait pas la mort, comme tout Palestinien pour lequel, soit on accède à une vie digne, soit on lutte pour y accéder, au risque d’aller à la mort, avec fierté et honneur.

Il avait trente-trois ans, il était plein d’énergie et de vitalité, s’occupait de son épouse et de ses quatre enfants. Son plus cher espoir était de pouvoir assurer une vie et un avenir dignes à ses enfants. Mais comment ?

Chaque jour, il perdait un de ses proches ; un jour, un ami intime, un parent cher, ou un voisin apprécié, ou encore un passant qu’il ne connaissait pas. Il les voyait passer de vie à trépas.

Alors, sans faire de commentaire, il suivait leur convoi funèbre, présentait ses condoléances aux familles, puis il recommençait à étudier les causes de ces tragédies, et il n’en a trouvé qu’une seule et unique. C’est précisément cette Cause qui l’a amené à changer sa façon de penser, afin de trouver la réponse à ses interrogations incessantes quant à la manière d’assurer une vie et un avenir dignes à ses quatre enfants, mais aussi à son peuple écrasé.

C’est la réponse à cette question qui a entraîné sa disparition, comme celle des milliers qui étaient partis avant lui. Et la Cause est toujours là, insistante à faucher les fleurons de la jeunesse de ce peuple qui refuse de se soumettre à toutes les provocations, à toutes les capitulations qu’exigent de lui la communauté internationale, l’Onu, le Quartette, ainsi que les fils de sa nation, les enfants de son arabité et les frères de son Islam.

Au début de l’année 2003, soit deux ans après le début de l’Intifada d’Al-Aqçâ, et après qu’ait commencé à s’accroître le nombre des martyrs parmi les enfants de son peuple, ce jeune homme commença à rechercher une solution à ce problème que ne résolvent et ne suppriment ni les négociations, ni aucun pays en mesure pourtant de décider et d’imposer.

Alors, ce jeune homme a décidé de rejoindre les rangs des Sarâyâ-al-Quds [légions de Jérusalem], la branche militaire du mouvement du Jihâd islamique en Palestine, à la recherche d’une possibilité de défendre ce peuple écrasé et humilié.

Il a appris le maniement de diverses armes, et il a subi un entraînement très dur, jusqu’à devenir un soldat de ces légions.

Depuis ce jour, il n’y a de lieu investi par la soldatesque israélienne d’occupation où il ne se soit opposé à ses incursions, au point de devenir célèbre pour son courage et son action militaire.

Ses supérieurs décidèrent de lui apporter de plus en plus d’attention, et il finit par devenir un des chefs de cette organisation militaire ; il était responsable de l’unité des missiles, pour le Nord de la bande de Gaza.

Depuis lors, il devint un des hommes recherchés par l’armée israélienne désireuse de se débarrasser de lui en l’assassinant (en l’ « éliminant », comme elle dit), car ces hommes portent des coups à cet occupant et empêchent de dormir les sionistes peuplant les colonies installées au beau milieu de la bande de Gaza et tout autour.

Il ne connaissait pas le goût du sommeil avant d’avoir frappé une colonie, ici, par des tirs de mortiers, ou sans avoir lancé une roquette en direction d’une colonie, là-bas, en représailles contre les violations israéliennes incessantes des droits de notre peuple tant à Gaza qu’en Cisjordanie, ou encore en riposte à l’assassinat d’un des combattants pour la Palestine, sans égard pour son appartenance politique, ou à l’assassinat d’un simple civil palestinien.

La nuit précédant le jour où fut assassiné ce jeune homme combattant, les forces israéliennes d’occupation assassinèrent le commandant général des Légions de Jérusalem, Mâjid al-Harrâzîn, et plusieurs de ses adjoints, au cours de deux frappes aériennes séparées contre Gaza, ainsi qu’un commandant des Légions en Cisjordanie.

Que fit notre vaillant combattant ? Il se prépara à riposter à cette lâche opération criminelle. Il commença par préparer des tirs de roquettes contre la colonie de Sdérot, face à Gaza. Mais l’ennemi, lâche et retors, l’attendait, lui et son groupe.

Immédiatement après la prière de l’aube, le lendemain, avant que sa formation ne se mette en route pour riposter, les avions de surveillance israéliens les repérèrent et les bombardèrent au moyen de deux missiles. C’est ainsi que tombèrent notre Martyr et trois de ses compagnons dirigeants.

Bien sûr : les chefs combattants sont tombés en martyrs. Mais les entrailles des mères palestiniennes ne cessent – et ne cesseront jamais – de porter les chefs combattants qui écriront avec leur sang l’histoire du martyre et des gloires de notre peuple.

Le jeune homme dont nous sommes en train de parler, aujourd’hui, c’est Husâm Abû Habel, lui que l’occupation sioniste a transformé, de jeune homme pacifique qu’il était, en jeune combattant. C’est ce jeune homme pacifique là, que les circonstances d’une dureté extrême, ont amené à emprunter le chemin du martyre, bien qu’il aimât la vie.

Tel est l’histoire d’un des fils du peuple palestinien, de ce peuple qui aspire à connaître la lumière de la liberté, lui qui est plongé dans les ténèbres, et qui attend, impatient, après une interminable absence, sans qu’il ne perde jamais l’espoir, cette liberté, qui viendra un jour ; c’est une certitude

Le frère du Martyr, le dirigeant Husâm Abû Habl »

Traduit de l’arabe par Marcel Charbonnier

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