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Un article d’Atul Aneja
La Suisse opposée aux sanctions unilatérales contre l’Iran

La Suisse a insisté à nouveau sur son opposition aux sanctions unilatérales imposées à l’Iran en dehors du cadre des Nations Unies, défiant ainsi la position d’Israël, des États-Unis et de l’Union Européenne

28 octobre 2012


Didier Burkhalter (à gauche) et Sergei Lavrov à Moscou le 25 octobre 2012.

Le ministre Suisse des affaires étrangères, Didier Burkhalter a déclaré jeudi à Moscou que son pays ne soutiendra jamais de sanctions, imposées par quelque alliance que ce soit, en dehors du cadre juridique du Conseil de Sécurité de l’ONU. « Par principe, nous ne soutenons pas de telles sanctions, » a déclaré M. Burkhalter après des discussions avec son homologue russe Sergei Lavrov.

Non membre de l’Union Européenne (UE), la Suisse n’est pas liée par les décisions de ce groupement de 27 nations qui vient d’imposer de nouvelles sanctions dont l’interdiction d’importer du gaz iranien. Le mois dernier, la présidente de la Suisse, Eveline Widmer-Schlumpf a critiqué les sanctions unilatérales de l’occident contre l’Iran en les qualifiant « d’inacceptables. »

Elle avait souligné que la Suisse poursuivrait ses relations économiques avec l’Iran en accord avec le cadre fixé par les décisions de l’ONU.

La Suisse est aussi un important centre mondial pour le négoce du pétrole, et elle accueille les bureaux de la National Iranian Oil Company (NIOC, la société pétrolière publique iranienne).

Des organisations pro-israéliennes s’en sont prises vigoureusement à Berne après des informations selon lesquelles Vitol – une entreprise domiciliée en Suisse (liée au gouvernement britannique, ce qui confirme que l’argent n’a pas d’odeur) – avait commercialisé des millions de barils de pétrole iranien. Josh Block, un ancien officiel de l’administration Clinton et, encore récemment, président de The Israel Project, une organisation pro-Israël basée à Washington, a déclaré au Jerusalem Post : « Il est vraiment honteux que le gouvernement suisse continue à aider l’Iran à contourner les sanctions de l’Union Européenne alors que le régime de Téhéran continue sa marche vers l’arme nucléaire, nie l’holocauste, menace ses voisins et opprime sa population. »

Une dépêche de l’AFP qui cite la presse locale indique que les sanctions économiques occidentales ont touché environ six millions de malades en Iran, en raison des difficultés pour importer des médicaments.

Fatemeh Hashemi, directrice d’une fondation pour la santé, explique que même s’il n’y a pas d’interdiction explicite d’importer des médicaments, l’imposition de sanctions bancaires a « gravement affecté » les importations de médicaments nécessaires pour soigner des pathologies complexes.

« Nous ressentons une pénurie surtout pour les médicaments pour traiter le cancer et la sclérose en plaques. Bien sûr, les patients atteints de thalassémie et dyalisés sont aussi touchés par ces difficultés, » a-t-elle dit selon la presse.

« Le prix des médicaments produits localement a augmenté de 15 à 20 % ces trois derniers mois, et celui des médicaments importés a cru entre 20 et 80 %, » a récemment déclaré à l’agence de presse ISNA le pharmacien Mohammad Hossein Hariri.

Atul Aneja
The Hindu (Inde), 27 octobre 2012.

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- Defying U.S.-EU, Bern opposes curbs against Iran