écrits politiques

Français    English    Italiano    Español    Deutsch    عربي    русский    Português

Un article de Konstantin Garibov et Khaldyz Olga
La Syrie et la Turquie au bord de la guerre

L’ONU et l’OTAN ont condamné l’incident avec le tir de mortier à la frontière entre la Syrie et la Turquie mercredi. Le Secrétaire général de l’ONU a appelé la Turquie à ne pas rompre les contacts avec la Syrie. L’OTAN a soutenu la Turquie, mais une réponse militaire collective à l’attaque de la Syrie n’a pas encore été décidée.

4 octobre 2012


Mercredi 3 octobre, des tirs d’obus syriens ont tué cinq civils turcs dans un village frontalier, dix autres personnes ont été blessées (Reuters/Murad Sezer)

La Turquie s’est adressée au Conseil de sécurité de l’ONU avec une demande de prendre des mesures pour forcer la Syrie à arrêter l’agression. Mercredi, un obus d’artillerie lancé vers la Turquie depuis le territoire syrien a détruit partiellement une maison dans la ville frontalière turque d’Akçakale, tuant une mère et ses quatre enfants. 13 autres personnes ont été blessées.

Ankara estime que l’obus a été lancé par une unité de l’armée gouvernementale syrienne. En réponse, la Turquie a bombardé la zone à la frontière avec la Syrie, d’ou était effectué le tir de mortier. Le ministre syrien de l’Information Omran al-Zoubi a exprimé ses condoléances à la famille turque victime de cette tragédie, et a confirmé la volonté de Damas de maintenir des relations pacifiques avec le peuple turc. Al-Zoubi a également souligné que cette région frontalière héberge de nombreux groupes terroristes. Leur activité constitue une menace non seulement pour la Syrie, mais aussi pout toute la région.

La Turquie a pour sa part demandé une convocation d’urgence de la réunion du Conseil de l’OTAN. Le Conseil a entièrement soutenu Ankara et a exigé de Damas de cesser immédiatement toute action agressive. En même temps, comme l’affirme la presse occidentale, il est encore tôt de parler de l’application de l’article 5 du Traité de Washington de l’OTAN. Ce traité prévoit la possibilité d’une riposte militaire collective de tous les alliés à l’agression contre l’un d’entre eux.

Les alliés ont déjà parlé de la possibilité de faire appel à cet article en juin, lorsque les forces de la défense antiaérienne de la Syrie ont abattu un chasseur turc. Mais à ce moment là, les choses ne sont pas allées jusqu’à l’application de l’article 5.

Selon les sources de l’OTAN, pour l’instant, les alliés mènent des consultations concernant l’information fournie par la Turquie. Ils considèrent qu’il est prématuré de spéculer sur la possibilité d’une intervention militaire collective.

Toutefois il n’est pas exclu que l’armée turque puisse obtenir un mandat pour mener des opérations militaires dans les zones frontalières avec la Syrie.

« Le 17 octobre se termine l’autorisation de mener des opérations militaires en dehors du territoire de la Turquie », commente la situation l’envoyée spéciale de La Voix de la Russie en Turquie Olga Khaldyz. « Les forces armées du pays reçoivent cette autorisation renouvelable annuellement du Majlis pour des opérations spéciales sur le territoire de l’Irak contre les militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Sans attendre fin de la validité de l’autorisation, le parlement turc organisera jeudi une réunion d’urgence lors de laquelle, très probablement, la question de délivrance d’un mandant à la force aérienne turque pour des opérations militaires en Syrie sera posée. »

Cette demande a été envoyée dans la nuit du jeudi pour signature au premier ministre du pays Recep Tayyip Erdogan. Le document évoque la nécessité d’agir vite et dans les plus brefs délais et prendre des mesures nécessaires contre des risques et des menaces à la sécurité nationale.

Pour sa part, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, a appelé Ankara à maintenir ouverts tous les moyens de communication avec Damas. Ils seront nécessaires pour réduire les tensions à cause de l’incident de ce mercredi à la frontière turco-syrienne.

Konstantin Garibov et Khaldyz Olga
La Voix de la Russie, 4 octobre 2012.