écrits politiques

Français    English    Italiano    Español    Deutsch    عربي    русский    Português

Lettre ouverte aux Beatles
“Beatles, "don’t let it be" !

Il n’y a rien à célébrer dans la dépossession des Palestiniens et la ségrégation pratiquée par Israël !

7 février 2008

Il y a quarante-trois ans, le gouvernement israélien avait interdit que vous fassiez une représentation dans le pays par crainte que vous ne corrompiez l’esprit de la jeunesse israélienne. Aujourd’hui, Israël vous présente des excuses et vous envoie une invitation, espérant que vous oublierez le passé et accepterez de contribuer à célébrer son soixantième « anniversaire. »

La campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël (PACBI) vous invite à dire non à Israël, en particulier parce que la création de cet état il y a 60 ans a déraciné et dépossédé des milliers de Palestiniens de leurs maisons et de leurs terres, les condamnant à une vie d’exil et de misère.

Il n’y a rien à célébrer ! Israël avec ses 60 ans est un état qui dénie toujours aux réfugiés palestiniens leurs droits pourtant reconnus par les Nations Unies, simplement parce qu’ils sont « non-juifs ». Il occupe toujours illégalement la Palestine et d’autres terres arabes, en violation de nombreuses résolutions de l’ONU.

Il viole constamment et grossièrement le droit international et les droits fondamentaux de l’homme avec l’impunité que lui garantissent l’appui diplomatique et économique des Etats-Unis et de l’Union Européenne. Il traite toujours ses propres citoyens palestiniens par une discrimination institutionnalisée.

Aujourd’hui, plus que jamais, Israël commet des crimes de guerre terrifiants, particulièrement dans la bande de Gaza occupée où sa politique illégale et immorale de punition collective — par un siège militaire hermétique et un blocus presque complet de carburant, de courant électrique, et même de nourriture et de médicaments — pousse 1,5 million de civils palestiniens au bord de la famine.

Sans électricité, les incubateurs s’arrêtent ; les hôpitaux vont rapidement cesser de fonctionner ; l’eau n’est pas correctement épurée et n’est pas séparée des eaux des égouts ; tout ce qui subsiste de l’économie locale s’écroule ; et les secteurs les plus vulnérables de la population, les enfants, les personnes âgées, et les malades en état grave subissent des difficultés indescriptibles.

Voyez-vous là quelque chose à célébrer ?

L’occupation militaire israélienne — la plus longue dans l’histoire moderne — n’est pas pour nous une notion abstraite. Elle se manifeste dans de constants massacres de civils, en particulier d’enfants ; la démolition sans honte des maisons et des propriétés ; le déracinement de plus d’un million d’arbres fruitiers ; le vol incessant des ressources en terre et en eau ; le refus de la libre circulation pour des millions de personnes ; et la division du territoire palestinien occupé en Bantoustans, entièrement mis en cage par des murs, des barrières et des centaines de barrages routiers.

À la lumière de ce qui précède, se produire en Israël actuellement est moralement équivalent à faire une représentation en Afrique du Sud à l’époque de la ségrégation. En effet, Israël a mis en place un système de ségrégation pire que tout ce qui a jamais existé en Afrique du Sud, selon l’archevêque Desmond Tutu, le Professeur John Dugard, rapporteur spécial de l’ONU pour les droits de l’homme, et le ministre du gouvernement sud-africain Ronnie Kasrils, pour ne citer qu’eux.

En 2005, inspiré par la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, la société civile palestinienne a réclamé le boycott, le désinvestissement et les sanctions (BDS) [1] contre Israël jusqu’à ce qu’il se conforme entièrement au droit international et reconnaisse les droits fondamentaux du peuple de Palestine. Un appel spécifique pour le boycott culturel d’Israël [2] a été publié un an après, recueillant un large appui.

Parmi les nombreux groupes et institutions qui ont repris les appels palestiniens au boycott et ont commencé à étudier ou appliquer les formes diverses de pression sur Israël, se trouvent l’union britannique des universités et collèges (UCU) ; les deux plus grands syndicats au Royaume-Uni ; l’église anglicane ; l’église presbytérienne (Etats-Unis) ; des architectes britanniques connus ; l’union nationale britannique des journalistes (NUJ) ; le congrès des syndicats sud-africains (COSATU) ; le Conseil sud-africain des églises ; l’union canadienne des employés publics (CUPE) dans l’Ontario ; Aosdana, l’académie artistique soutenue par l’État irlandais ; des auteurs, des artistes et des intellectuels célèbres avec à leur tête John Berger ; et le cinéaste Ken Loach qui a remporté la Palme d’Or.

Nous vous invitons fortement à confirmer les valeurs de liberté, d’égalité et pour une paix juste pour tous en rejoignant cette campagne de boycott, qui ne cesse de se renforcer, contre la ségrégation pratiquée par Israël. Rien de moins ne ferait justice à l’héritage légendaire des Beatles.

Signé : PACBI (The Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel : Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël)
2 février 2008

Source : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=3742 (Traduction de l’anglais : Info-Palestine.net)
Original anglais : http://www.pacbi.org/boycott_news_more.php?id=655_0_1_0_C