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Homs : Une goutte de vérité dans un océan de mensonges

C’est si rare, de la part des médias traditionnels, que cela mérite d’être souligné. En effet, le reportage de Patricia Allémonière, diffusé par la chaîne TF 1 le 12 juillet, tranche avec ce que dit l’ « Observatoire syrien des droits de l’homme » (OSDH), qui est la source d’information privilégiée, voire unique, de la presse occidentale.


13 juillet 2012 | - : Rôle des médias Désinformation Syrie

Ce court reportage confirme ce que nos contacts à Homs nous racontent depuis des mois : que les forces gouvernementales veulent débarrasser la population de Homs des bandes armées mais qu’il est difficile d’accéder aux quartiers où elles se mêlent aux civils, le risque de mettre la vie de ces derniers en péril en cas d’échanges de tirs étant trop grand.

Le commentaire laisse entendre qu’après des semaines de négociations les rebelles ont enfin accepté de libérer 36 personnes par l’intermédiaire du Père Michel Naaman aidé ici dans son entreprise périlleuse par les soldats de l’armée gouvernementale ; et que pour une centaine de personnes, toujours retenues otages des rebelles, le calvaire continue.

On peut comprendre la souffrance des familles maintenues depuis des mois en otages des combattants de la prétendue « armée syrienne libre » dans un quartier chrétien de Homs. On peut comprendre que les combattants de l’« armée libre » que l’on ne voit pas, occupent des zones habitées qu’elles transforment en camp militaire pour y mener des opérations contre les forces gouvernementales. On peut comprendre qu’ils se servent des rares habitants qui s’y trouvent encore comme boucliers et monnaie d’échange.

Cela dit, le commentaire du présentateur de TF 1 est imprécis. La ville de Homs comptait près d’un millions d’habitants avant l’arrivée des groupes armés en 2011. Plus de la majorité d’entre eux, effrayés par leurs actions violentes, ont fuit sans rien emporter. Il convient également de préciser que Homs n’est pas entièrement détruite comme les images pourraient le laisser penser. Dans les quartiers où les bandes armées n’ont pas réussi à s’y installer les gens vivent à peu près normalement, malgré les innombrables nuisances.

Silvia Cattori