écrits politiques

Français    English    Italiano    Español    Deutsch    عربي    русский    Português

BHL ne fait plus rire

Faut arrêter de se moquer de Bernard-Henri Lévy, râle Anne Sinclair au nom de 35 années d’amitié avec celui qu’Alain Juppé vient de qualifier « d’affabulateur ».

22 juin 2012

C’est facile de rire du « philosophe » à la chemise éternellement blanche, du donneur de leçons accrédité permanent sur toutes les chaînes radios et télés, du spécialiste du plagiat, du pourri de fric un jour de droite un autre proche des socialistes, de l’aventurier aux plis de pantalon impeccables sous les bombes. Bref, il faudrait cesser, comme l’affirme la compagne de DSK, de se partager en « pro-BHL » ou en « anti-BHL » et choisir comme l’a fait le candidat François Hollande de déjeuner avec le bouffon au lieu de participer à un Zénith de la CGT sur les retraites.

M. Bernard-Henri Lévy, faiseur vieillissant, inspirateur de l’expédition de l’OTAN en Libye, ne réussit plus rien. Même pas son film « le serment de Tobrouk », un bide retentissant reposant malheureusement sur une guerre contre une dictature se transformant en une catastrophe pour des populations livrées à la charia et aux pires exactions. Il ne fait plus rire le triste BHL lorsque le président du Niger, Mahamadou Issoufou demande aux responsables de la déstabilisation de l’ensemble de la région après l’intervention militaire en Libye d’assurer « le service après vente », le Mali devenant « l’Afghanistan de l’Afrique », le sud de la Libye se transformant en base arrière des djihadistes armés jusqu’aux dents. Souvenez-vous de BHL transformé en chef guerrier donnant conseils et directives sur le perron de l’Elysée. Souvenez-vous de tous ceux qui ont soutenu l’expédition militaire. En fait, BHL n’est qu’un pion, l’histoire ne retenant dans cette affaire que ceux qui ont commis la faute (le crime ) politique de s’engouffrer dans une aventure aux conséquences dramatiques pour des hommes et des femmes laissés à l’abandon entre les mains de fous sanglants.

José Fort
L’Humanité Cactus, 21 juin 2012.