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Israël : Le grand mensonge

Si je n’avais pas vu, de mes yeux, les horreurs que les soldats israéliens font subir jour après jour aux enfants palestiniens, dans les camps de réfugiés surtout, je ne l’aurais jamais cru.


(Alaa Badarneh)

Les Palestiniens ne sont pas traités comme des humains. Ils ne sont même pas traités comme des animaux. Dans aucun pays au monde on ne pourrait maltraiter les animaux de cette façon. L’opinion se soulèverait pour crier au scandale.

Tout. Israël peut tout faire. Ne respecter aucune légalité, violer les droits humains de millions de personnes, massacrer des enfants avec des armes de guerre, sans être jamais sanctionné. La brutalité de ces soldats qu’Israël a dressé à haïr les Arabes, est sans limites.

Les Palestiniens peuvent être volés, dépossédés de leurs terres, humiliés, jetés en prison sans raisons, torturés, expulsés. Et, parce que les oppresseurs appartiennent à un Etat qui se dénomme lui-même « Etat juif démocratique » ; parce qu’ils disposent au-dehors de soutiens malhonnêtes, le soutien d’organisations juives qui agitent le spectre de « l’antisémitisme » pour faire taire les voix qui mettent le doigt sur les véritables enjeux ; parce que les hommes politiques ont peur de sanctionner Israël ; parce que les journalistes ont peur de dire la vérité sur Israël ; parce que les témoins directs n’ont pas voix au chapitre, l’occupant israélien peut continuer de massacrer et de s’annexer des terres en toute impunité.

Tout cela est insensé. Quand on vient ici, quand on découvre la situation d’insécurité, de terreur, et de déshumanisation dans laquelle l’Etat d’Israël maintient les Palestiniens, on demeure atterré.

Les dommages que les gouvernements successifs ont infligés aux Palestiniens, durant plus d’un demi-siècle de dépossessions et de massacres - dommages psychiques, physiques, moraux, financiers - demandent reconnaissance et réparation. Or c’est tout le contraire qui se passe. Au lieu de reconnaître ses responsabilités dans ce colossal désastre Israël accuse les Palestiniens de terrorisme.

Combien de temps faudra-t-il encore pour que les Israéliens, en leur majorité, reconnaissent leurs torts ?

Le fait est qu’il y a, en Israël, une absence totale de compassion à l’égard des Palestiniens, très généralement considérés comme inférieurs. L’attitude des soldats que l’on croise aux « check points » en dit long sur la haine qui les habite vis-à-vis des Arabes et des non juifs en général.

Mais, de tous les abus, le plus insupportable, celui qui fait le plus mal, est la violence que l’Etat d’Israël inflige aux enfants de Palestine. L’usage de la force, l’usage des armes, les tueries gratuites, tous ces actes de violence que les soldats israéliens pratiquent contre des enfants enfermés dans des ghettos infâmes, sont les crimes les plus odieux. Crimes qui restent curieusement ignorés.

Les enfants des camps de Rafah, Jénine, Balata, sont constamment la cible de soldats qui vont chez eux pour leur livrent une « guerre » étrange.

Tout est là pour indiquer que, lorsque les soldats israéliens tirent, tuent les Palestiniens, il ne s’agit pas d’un dérapage. Ils ne font qu’exécuter à la lettre les ordres de leurs supérieurs.

Tout ce qu’ils commettent d’abominable -les destructions, les massacres, l’extension des colonies, les routes et les murs de l’apartheid- a été minutieusement planifié.

L’idée de l’éradication des Palestiniens est profondément ancrée dans l’esprit des soldats que l’Etat d’Israël envoie sévir en Palestine. Certes, il y a parmi eux des hommes plus durs, plus vicieux, plus pervers que d’autres. Quoi qu’il en soit, il y a une logique rationnelle dans toutes les abominations que ces racistes en uniforme (et armement portant des signes religieux juifs) font subir aux Palestiniens.

Les opérations militaires, qui infligent des punitions collectives permanentes aux populations des camps miséreux à Gaza, Jénine, Naplouse, ne sont pas des opérations réactives. Ce sont l’aboutissement d’un long processus, fait de provocations, mais aussi de désinformation et une haine, qui a ses ramifications partout, chez nous aussi.

C’est pourquoi il est important de dénoncer toutes les complicités qui aboutissent, in fine, à ce que les soldats de Tsahal puissent commettre crimes sur crimes contre des innocents, qui restent impunis.

Ce à quoi j’ai assisté, durant ces terribles semaines de décembre à Balata et Naplouse, m’a permis de voir il à quel point Israël ment, à quel point ses autorités trompent la confiance du monde. Les dirigeants israéliens mentent. Leurs porte-parole officiels, militaires et diplomatiques, mentent. Leurs alliés au-dehors, mentent.

Israël cherche à nous faire croire que les Palestiniens - qui n’aspirent qu’à vivre honnêtement et simplement sur leurs terres (les rares terres en miettes qu’Israël leur a laissées) - sont à l’origine de tous les blocages et de toutes les violences.

La violence et l’insécurité, est incarnée par les massacres perpétrés par l’armée de l’Etat juif d’Israël contre les habitants des villes et villages de Palestine ; elle est incarnée par ces colons armés qui s’installent sur les terres volées aux Palestiniens.

Il faut le dire et le répéter. L’Etat d’Israël envoie journellement des milliers de soldats et de soldates dans les zones habitées par les Palestiniens, dans le but de faire monter la tension et d’attiser les feux. Pour, ensuite, attribuer aux victimes palestiniennes la violence que leurs actions militaires sanglantes provoquent.

C’est cela le grand mensonge !

Silvia Cattori