écrits politiques

Français    English    Italiano    Español    Deutsch    عربي    русский    Português

Des journalistes contribuent à légitimer les massacres d’enfants palestiniens

Chaque jour nous apporte des images insoutenables d’enfants mutilés, déchiquetés, tués par l’armée israélienne en Palestine. Ces images d’enfants baignant dans leur sang nul ne peut les accepter. Et pourtant, les correspondants étrangers n’en parlent quasiment jamais.


Sarah, Mahmoud, Yehya Abu Ghazal, assassinés délibérément

Le 29 août 2007, des soldats israéliens ont délibérément tirés sur trois enfants âgés de 9, 10, 12 ans. [1] Ce nouveau meurtre d’enfants n’a bien sûr pas été relayé par les médias occidentaux.

Tous les jours les soldats de l’armée israélienne blessent et tuent des enfants palestiniens avec des armes de guerre. Cela est bouleversant.

Le silence des médias sur ces crimes odieux, et la complicité tacite de nos gouvernants, sont révoltants.

Egalement révoltante est l’attitude de journalistes qui, dans leur soutien inconditionnel à Israël, dénaturent systématiquement les faits tout en dépeignant les Palestiniens, emprisonnés en Cisjordanie et à Gaza par l’occupant israélien, sous les traits de dangereux fanatiques. Cette manière de déshumanisation des victimes des abus d’Israël doit conduire les braves gens à ne pas s’émouvoir quand "l’armée la plus morale du monde" massacre des innocents. Comme nous l’avons vu par le passé avec Alain Finkielkraut, lors de l’assassinat de Mohamed Al-Dura, 12 ans, [2] et comme on le voit présentement avec l’article mensonger de Stéphanie Zenati publié sur le blog israélien guysen.com [3] à propos de l’assassinat de Sarah, Mahmoud, Yehya Abu Ghazal, que nous évoquons ici.

Rappel des faits.
Le 29 août 2007 deux frères, Mahmoud et Yehya Abu Ghazal, et leur cousine Sarah, étaient en train de jouer à proximité de leur pauvre logis, au nord de la bande de Gaza, quand les soldats israéliens les ont délibérément visés, tués.

Comme à l’accoutumée, l’armée israélienne a affirmé qu’elle avait "tiré sur des lanceurs de roquettes", qu’il n’était "pas exclu que les enfants aient été touchés par l’explosion de Qassam (roquettes artisanales) palestiniennes"

D’après la mère de la fillette ainsi que la mère des deux garçons - dont le père est détenu dans une prison israélienne depuis septembre 2006 - aucune roquette n’avait été tirée depuis neuf mois en direction d’Israël.

Voici de quelle manière Stéphanie Zenati relate ce massacre d’enfants :

«  La semaine dernière, deux enfants palestiniens sont morts sous les tirs de Tsahal. On en compte trois de plus cette semaine. C’est sans hésitation que contre quelques shekels, les organisations terroristes palestiniennes exposent des enfants aux ripostes israéliennes ».

On comprend que Stéphanie Zenati n’est aucunement émue par la fin tragique de ces enfants palestiniens et qu’elle n’a aucune intention de leur rendre justice. Tout au contraire, elle reprend entièrement à son compte la version mensongère de l’armée israélienne, qui comme attendu, fait systématiquement porter aux victimes la responsabilité des massacres commis quotidiennement par ses soldats.

La journaliste Stéphanie Zenati n’a aucun problème à s’associer à la propagande de l’armée israélienne. Pour donner plus de crédibilité à la version inventée de l’armée M. Zenati persiste et signe en disant « qu’un groupe de cinq terroristes ayant orienté leurs lance-roquettes en direction d’Israël, a été identifié », et que « Jérusalem a explicitement accusé les organisations terroristes « de faire un usage cynique des enfants. Il n’y a lieu de s’en prendre qu’à ces commanditaires ».

A noter que, par son titre, l’article reconnaît un fait que la journaliste et l’armée israélienne ne peuvent nier : « Trois enfants palestiniens tués par Tsahal ». C’est toute l’habileté de la propagande : jouer sur le vrai pour ensuite faire passer le faux en innocentant les soldats de Tsahal.

Stéphanie Zenati peut toujours insinuer que l’armée israélienne a le « droit de se défendre ». Elle ne peut toutefois pas ignorer que l’armée israélienne n’est pas du tout une armée défensive mais bien une armée offensive, une armée d’occupation créée non pas pour combattre avec des armes de guerre une autre armée, mais pour combattre un peuple désarmé, pour le terroriser, anéantir son esprit de résistance, le repousser, par étapes successives, toujours plus loin...

Ces enfants palestiniens sont aimés de leurs parents comme tous les enfants. Il est scandaleux de vouloir faire croire que, parce que Palestiniens, leurs parents s’en serviraient pour attirer « volontairement les soldats dans les zones d’habitation de façon à ce que les civils soient atteints, et que la légitimité israélienne de se défendre soit prise en défaut ».

C’est ainsi que depuis fin 2000, les soldats de l’armée occupante israélienne ont délibérément tué plus de mille enfants palestiniens. Et qu’ils en ont blessé plus de vingt mille autres, dont un grand nombre sont mutilés, invalides à vie.

Stéphanie Zenati, ne peut pas ignorer non plus ce que nous avons nous-mêmes constaté à Balata et à Gaza en 2002 et 2003 : que les soldats de l’armée israélienne peuvent tirer sur les enfants palestiniens en toute impunité. C’est ce que le colonel de l’armée de l’air, Yiftah Sepctor, a confirmé en octobre 2003.

En cherchant de faire porter aux victimes palestiniennes la responsabilité des crimes commis par l’armée israélienne sur des enfants, Stéphanie Zenati ment. En couvrant les opérations de guerre de l’armée israélienne d’occupation Stéphanie Zenati se fait complice de crimes odieux.

Silvia Cattori



[2Alain Finkielkraut n’a jamais cessé de prétendre que l’attribution de l’exécution de l’enfant aux soldats israéliens, était un « mensonge délibéré »

[3L’article de Stéphanie Zenati a été retiré du site guysen peu après la publication de notre article.