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Une analyse de Pierre Khalaf
Syrie : Les pays du Golfe et l’Occident tentent de contourner le véto sino-russe

Le projet annoncé par le président français Nicolas Sarkozy de créer un groupe de contact international sur la Syrie porte l’empreinte de Hamad Ben Jassem Al Thani, de la Turquie et des États-Unis.

15 février 2012

Cette réunion, pour laquelle œuvrent de concert tous les pays européens, les Arabes pro-américains et la Turquie, se tiendra le 24 février en Tunisie. Mais la Russie a déjà annoncé qu’une telle réunion était illégale. Des pays comme l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud refuseront de participer à ce groupe, dont l’objectif est de contourner le Conseil de Sécurité.

Dans le même temps, les Arabes accentuent leurs pressions et s’entêtent à vouloir obtenir l’internationalisation de la crise syrienne en renvoyant une nouvelle fois le dossier au Conseil de sécurité. Ou, si cela s’avère impossible en raison de la position de Moscou, de contourner le véto en mettant sur pied une force arabo-internationale sous couvert de mission des observateurs.

L’ambassadeur de Syrie à la Ligue arabe a immédiatement rejeté ce nouveau plan affirmant que la Syrie n’accepterait en aucun cas une résolution prise en son absence.

Pendant ce temps, à Alep, ont eu lieu les funérailles des 28 soldats et civils tués vendredi dans deux attentats contre des bâtiments de l’armée et des forces de sécurité. Ces attaques n’ont pas été revendiquées mais le gouvernement syrien les a imputées à des terroristes armés proches d’Al-Qaïda.

Prenant la parole aux obsèques, le grand mufti de Syrie, Ahmed Badreddine Hassoun, a lancé un appel aux opposants pour qu’ils mettent fin à leur campagne. « Assez ! Assez ! Assez ! Pourquoi donc, mes frères dans l’opposition, voulez-vous réduire votre pays en cendres ? Pourquoi voulez-vous verser le sang ? », a-t-il dit.

Dans la ville de Zabadani, près de la frontière libanaise, l’armée syrienne a autorisé les militants d’opposition à se retirer à condition qu’ils abandonnent les armes et les blindés pris aux forces loyalistes.
A Homs, l’armée syrienne progresse lentement dans les quartiers contrôlés par les insurgés. Son souci est de faire le moins de victimes possibles dans les rangs des civils.

New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf (*)
Tendances de l’Orient No 70, 14 février 2012.


(*) Chercheur au Centre d’Etudes Stratégiques Arabes et Internationales de Beyrouth.