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Fuites au sujet d’un plan secret
Les grandes manœuvres pour renverser le président Assad

La Syrie serait en butte à des manœuvres de la part de puissances extérieures s’appuyant sur les Frères Musulmans pour parvenir à renverser le président Assad et mettre en place un régime répondant à leurs visées stratégiques, si l’on en croit des médias arabes ainsi que divers analystes "occidentaux". (*)


7 novembre 2011

Fuites dans des médias arabes au sujet d’un plan secret
Par Nidal Hamadé - 4 novembre 2011.

Suite à l’accord Syro-Arabe (l’acceptation par Damas du plan proposé par la Ligue Arabe, le 2 novembre 2011- NDT), les Frères Musulmans, écartés du jeu politique, metteraient en application un projet de dislocation de l’espace public syrien.

Plusieurs journaux en langue arabe ont publié un rapport révélant un plan convenu entre les Frères Musulmans de l’étranger et leurs alliés objectifs présents en Turquie, dans l’Administration des Etats Unis et en Israël.

Ce plan prévoit que soit intensifiée la prolifération des bandes armées déjà présentes sur le terrain syrien, en particulier à Homs, et aussi de faciliter l’intrusion de groupes armés supplémentaires acquis aux Frères Musulmans et incités à commettre des massacres quotidiens dans les tous prochains jours.

Le tout devant être accompagné de la poursuite des campagnes de déstabilisation menées par les médias arabes et internationaux, orientés eux-mêmes par certains des signataires de ce plan, de telle sorte que ces canaux puissent, comme d’habitude, imputer la responsabilité de ces crimes aux forces de sécurité syrienne, ce qui conduirait inévitablement au sabotage du prétendu dialogue chapeauté par la Ligue Arabe et, par conséquent, à l’internationalisation du problème.

Ce plan, rapporté par plusieurs journaux, a été révélé par des milieux de l’opposition syrienne à Paris citant leurs dirigeants à Istanbul et à Doha, après qu’ils aient décidé de prendre leur distance avec les Frères Musulmans. Ces milieux, largement déployés en Europe, s’accordent à dire et à répéter à l’envi que ce plan est une réalité. Certains, appartenant à différentes tendances, ajoutent que les Frères Musulmans du Conseil d’Istanbul représentent le fer de lance de ce plan, l’approuvent, et sont le plus largement représentés au sein de ce Conseil.

Le plan consiste donc en la poursuite d’actions terroristes à Homs et dans toute sa province, et à monter des opérations meurtrières, à l’aveuglette, pour ensuite en imputer la responsabilité aux forces de sécurité. Et, ces sources de l’opposition syrienne de poursuivre, que la position syrienne consistant à accepter le dialogue a surpris ceux, arabes ou internationaux, qui sont en charge de la campagne contre la Syrie, en plus de créer un état de découragement chez les membres du Conseil d’Istanbul et ses alliés qui sollicitent une intervention militaire de l’OTAN en Syrie. Ce qui les pousserait à travailler à l’échec de l’accord syro-arabe pour réussir à internationaliser la crise syrienne de telle sorte qu’elle conduise à une solution, si possible, similaire à ce qui est arrivé en Libye, même si la campagne devait durer plus longtemps.

Il faut dire que ce rapport pointe d’importantes divisions dans les rangs des opposants syriens œuvrant de l’étranger. Leur division résulterait, elle-même, de désaccords importants entre les différents états qui ont ciblé la Syrie tout au long des derniers mois où l’on a constaté d’une part, un axe turco-américain représenté par le Conseil d’Istanbul majoritairement composé de Frères Musulmans ; d’autre part, un axe France-Qatar représenté par des opposants tels que Haïssam el-Manah, Samir el-Aïta, et d’autres.

(...)

C’est ainsi que, suite à l’accord entre les pays arabes (et Damas - NDT), les Frères Musulmans se retrouvaient hors jeu ; et que ceux qui les manipulent, Obama et Erdogan, sont amenés à les pousser à agir rapidement et de manière irrationnelle pour aboutir à une escalade des actes de terrorisme contre les civils syriens, l’armée syrienne, et les forces de sécurité, en particulier à Homs.

Nidal Hamadé - 4 novembre 2011.

Article, proposé, et traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal.

Source :
http://www.alintiqad.com/essaydetails.php?eid=48757&cid=76

(*) Voir l’article d’Alastair Crooke. Il affirme que des puissances extérieures se livrent à un « grand jeu » oeuvrant à la perte de la Syrie. Il en donne les grandes lignes : « mettre précipitamment en place un Conseil de Transition comme seul représentant du peuple Syrien, qu’il bénéficie ou non d’un soutien populaire ; introduire des groupes armés issus d’états voisins, qui joueront le rôle des insurgés ; imposer des sanctions qui nuiraient aux classes moyennes ; mener une campagne de dénigrement pour faire échouer toute tentative syrienne de réforme ; provoquer des divisions au sein de l’armée et des élites ; pour finalement aboutir à la chute du Président Assad. »
http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2011/nov/04/syria-iran-great-game