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Bush et Sharon veulent liquider le mouvement du Hamas

Le peuple palestinien a toute légitimité à voter Hamas. Mais Israël et les Etats-Unis ne l’entendent pas ainsi. Ils se préparent à les liquider sur une vaste échelle.
Quand nous avons rencontré Abdelazis Al Rantissi à Gaza - leader politique du Hamas - nous avons gardé de ce médecin et politicien pragmatique, l’impression d’un homme de droiture et de courage.

Israël, fort de ses Apaches, l’a sauvagement assassiné, tout comme Cheick Yassin, en 2004.


Ariel Sharon à la Maison-Blanche, le 14 avril 2004

Le Hamas est un mouvement de la résistance palestinienne. Il incarne aux yeux des gens -à Gaza, à Hébron, à Naplouse, à Jénin- la fierté et la dignité d’un peuple en lutte pour sa liberté. Un peuple qui a payé le prix fort et entend rester debout et m’entend pas renoncer à ses droits internationalement acquis. Ce mouvement a obtenu récemment -dans certaines municipalités- des scores allant de 60 à 93 %, comme à Rafah.
Ceux qui ont voté en faveur des cadres du Hamas ne sont pas des fous, des extrémistes -comme Israël veut nous le faire croire. Ce sont des gens sensibles à la justice. Ce sont des qui ne veulent pas -comme Israël le repète à l’infini- « jeter les juifs à la mer ». Des gens qui n’ont rien contre les personnes de confession juive. Ils combattent l’occupant israélien, des soldats qui au nom de l’Etat juif, les spolient et les assassinent.

Silvia Cattori : Le Hamas a gagné la majorité des voix dans les Conseils municipaux durant les élections qui se sont déroulées par phases ces derniers deux mois. Comment cela se traduit-il dans les faits sur le terrain ?

Khaled : La réussite du Hamas est spectaculaire. Il a encore une fois, ce 5 mai 2005, obtenu d’excellents résultats dans plusieurs municipalités. Les gens ont vu de quoi il est capable. Après le succès du Hamas en mars dans la ville de Bet Anoun les gens ont vu un changement radical. La municipalité s’est montrée efficace. Elle a fait ce qu’elle a promis. On assiste à de vraies améliorations. Les rues ont été refaites et sont éclairées la nuit, il n’y a plus de nids de poules, des bus vont chercher les enfants pour les transporter à l’école. Rien de tout cela n’avait été fait quand le Fateh (le parti d’Arafat et d’Abou Mazen, ndl) administrait la ville. Dans le camp de Der Balla la population souffrait toujours de manque d’eau potable. Maintenant il y a assez d’eau et les rues sont bien balayées. Nous assistons à un vrai changement.

Cela peut ne pas durer. Israël et les Etats-Unis ont annoncé qu’ils ne vont pas reconnaître les élus du Hamas tant que ce mouvement n’a pas été désarmé par Abou Mazen.

Ils vont d’un chantage à l’autre. Il s’agit de faire pression sur la direction palestinienne - qui est dans leurs bons papiers pour l’instant - pour qu’elle n’accepte pas le Hamas comme partenaire dans le jeu politique. Une façon de diviser, de nous amener vers une guerre civile. Ce n’est pas la première fois qu’ils agissent de la sorte. Israël a déjà fait savoir que si le Hamas entre dans le Conseil législatif, gagne les élections législative en juillet 2005, il ne se retirera pas de Gaza.

Silvia Cattori : Abou Mazen va-t-il finir par céder, désarmer l’aile militaire du Hamas ?

Khaled : Les dirigeants de l’Autorité palestinienne ont déclaré récemment qu’il n’y aura jamais un désarmement de la résistance. Nous espérons que ce qu’ils disent correspond aux faits. Il faut rappeler que nous sommes sous occupation. Que la lutte armée se justifie aussi longtemps qu’Israël opprime les Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie.

Silvia Cattori

* Khaled habite dans le camp de réfugiés de Jabaliya comme en prison. Agé d’une quarantaine d’années, Khaled n’est membre d’aucun mouvement politique ou religieux.