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Une analyse de Pierre Khalaf
Palestine : L’Occident ne comprend que le langage de la force

Le soutien accordé à Israël par l’Occident face à la demande déposée par les Palestiniens à l’Onu pour la reconnaissance de leur État est une preuve supplémentaire de l’hypocrisie de la communauté internationale concernant la cause palestinienne, depuis 1948.

26 septembre 2011

La reconnaissance par les Nations unies d’un État palestinien virtuel est un gain moral et politique qui renforcerait la position diplomatique des Palestiniens face à Israël ; cet État spoliateur, protégé depuis sa création par le véto américain, lequel a neutralisé toutes les résolutions prises par le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale, empêchant ainsi toute enquête sérieuse sur les crimes qu’il a commis contre le peuple palestinien.

Cette protection américaine et européenne a bloqué tout débat sérieux dans les instances et les organisations internationales sur les politiques racistes dont sont victimes les Palestiniens sur leur terre natale, de la part du dernier État de la planète qui pratique encore une colonisation basée sur la discrimination et la séparation des races depuis la fin de l’Apartheid en Afrique du Sud.

Il ne faut pas oublier que le soutien de l’Occident à l’État hébreu a consacré les crimes perpétrés par les organisations terroristes sionistes qui ont déraciné un peuple, volé sa terre et tenté de le faire disparaitre politiquement et physiquement avec l’aide du colonisateur britannique qui occupait la Palestine.

L’Occident peut se vanter d’avoir poussé au défaitisme la direction palestinienne officielle ainsi que la plupart des États arabes. Ceux-ci ont présenté concession sur concession, acceptant de ne revendiquer que 22% de la Palestine historique, des miettes qu’Israël se refuse de leur restituer sous n’importe quel prétexte. Pourtant, la résistance des Palestiniens a marqué des points importants ces dernières années, les plus importants étant d’avoir contraint l’État hébreu à se retirer unilatéralement de la Bande de Gaza et en l’empêchant d’y revenir, lors de l’offensive de l’hiver 2008-2009.

L’attitude américano-européenne vis-à-vis de la question de la Palestine prouve, une nouvelle fois, que la mission de ces pays est de consacrer l’hégémonie israélienne sur le monde arabe et de liquider la cause palestinienne. Leur but est aussi d’empêcher tout revers, même moral, pour le projet israélien, dont l’objectif est, actuellement, de consacrer la judaïté d’Israël et le contrôle du Machrek arabe.

Le président Nicolas Sarkozy a évoqué, dans son discours à l’Onu, un rôle supposé de l’Europe. Mais le chef de l’État français sait plus que tout autre que ce présumé rôle européen a toujours été, depuis la fin du mandat de Charles de Gaule, d’appliquer à la lettre les instructions américaines.

Sarkozy sait, aussi, que la Syrie, contre laquelle il complote actuellement, a tout fait pour encourager cette même Europe à avoir une politique indépendante des États-Unis au Moyen-Orient. Mais en vain. Le Vieux continent se complait dans son rôle peu glorieux de fidèle suiveur et serviteur. Sarkozy sait pertinemment qu’Israël commet tous les jours des dizaines de crimes contre les Palestiniens, en tuant, en blessant, en arrêtant, en humiliant et en expulsant des militants, en séparant les familles, en découpant les villages, en bâtissant des murs de la honte, en démolissant des maisons, en confisquant des terres, en empêchant le retour de cinq millions de réfugiés depuis 1948… mais il fait semblant de ne rien voir.

La mascarade de New York s’est transformée en tragi-comédie lorsque Nicolas Sarkozy a évoqué un soi-disant rôle européen, alors que tout le monde sait que l’Europe n’a jamais osé s’opposer à la volonté israélienne.

Et cette comédie noire, qui se poursuit dans les positions du « Quartet international » et dans le « processus de paix », dans lequel les dirigeants palestiniens se sont fait piéger depuis les accords d’Oslo, ne font que conforter les Palestiniens dans leur conviction que seule la résistance est susceptible de leur rendre leurs droits légitimes.

L’Occident n’a qu’un seul souci, celui d’assurer la protection d’Israël après la fuite des Américains d’Irak. Il se partage le pétrole et les eaux du Moyen-Orient et complote contre le dernier bastion anti-israélien de la région, représenté par la Syrie. Tout cela prouve que l’Occident ne comprend que le langage de la force et que tout ce qui s’appelle « négociations » et « processus de paix » ne sont que supercherie et tromperie.

New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf (*)
Tendances de l’Orient No 50, 26 septembre 2011.


(*) Chercheur au Centre d’Etudes Stratégiques Arabes et Internationales de Beyrouth.