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Arrogance israélienne
N’entre pas qui veut en Palestine

C’est par un petit matin d’avril que j’ai atterri à l’aéroport Ben Gourion à Tel Aviv. On m’a intimé d’aller me ranger sur le côté, tandis que d’autres, passaient. Interrogée par des garde-frontières, fouillée au corps, traînée de bureau en bureau...

21 avril 2002 | - : Israël Palestine

L’arrogance des deux jeunes femmes en uniforme me choque.

L’une interroge, l’autre vous épie.

Elles s’en vont. Reviennent, cherchent de savoir si le but de votre voyage est de vous rendre en Cisjordanie occupée.

Je n’ai pas dit que j’étais journaliste ne travaillant plus comme telle depuis des lustres. Je ne leur ai pas dit que j’ai résolu de me rendre en Palestine alertée sur la gravité de la situation par le journaliste australien Michael Holmes. [Il a été rapidement muté à la demande semble-t-il des autorités israéliennes qui n’avaient pas apprécié son reportage sur CNN.]

J’étais particulièrement préoccupée par le sort des enfants enfermés chez eux, témoins de la brutalité militaire israélienne qui avait placé la Cisjordanie sous couvre feu 24 h sur 24. J’avais la ferme conviction que les envoyés spéciaux ne disaient pas tout. [En quoi je ne m’étais pas trompée.Ils étaient tous basés au même endroit, à Ramallah et à Jérusalem, ils répétaient tous la même chose. Ainsi j’ai constaté que es faits rapportés par la presse internationale étaient fondés essentiellement sur la propagande des forces armées israéliennes. J’ai pu voir comment les lecteurs du quotidien Libération, par exemple, avaient été désinformés par Christophe Ayad. Ce journaliste aurait dit aux militants internationaux de l’ISM qui revenaient bouleversés de Jenin : que venez vous faire ici ? Pourquoi n’allez pas voir ce qui se passe au Darfour ?]

Elles sont vulgaires. Posent trente fois la même question. S’en vont, reviennent et ainsi de suite. Cela confine à l’absurde.

Je m’efforce de rester polie et calme.

Ainsi je découvre qu’une non juive qui ne dit pas quelle est la raison de son voyage ni où elle va,qui ne leur livre le nom de ses contacts éventuels en Israël et en Palestine, est immédiatement soupçonnée de sympathie envers les Palestiniens. Donc suspecte.

Au bout d’une longue attente elles sont revenues, m’ont rendu mon passeport, fait signe de partir.

J’ai couru vers un taxi : cap sur la Ville Sainte !

Silvia Cattori

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- Not everyone can get in, Israel decides everything