écrits politiques

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Pour Israël, quiconque témoigne de ses crimes est une « menace pour sa sécurité »

Avec l’aide de ses agents de renseignements qui tissent des réseaux, manipulent, corrompent, et avec l’appui de propagandistes zélés acquis à son idéologie, l’Etat d’Israël a su soigner son image, et assurer, depuis sa création, son contrôle sur l’information.

Depuis leur arrivée en terre sainte, les colons israéliens, n’ont jamais cessé de pratiquer une politique de provocations, d’épuration ethnique, de massacres, envers leurs voisins arabes.

Les journalistes qui répercutent systématiquement une information qui couvre les crimes d’Israël ne sont jamais blâmés. Par contre les journalistes, rares, qui sont à l’écoute des victimes, et montrent le vrai visage d’Israël sont eux ostracisés, tout de suite accusés d’être « anti-juifs », « antisémites ».

L’ignorance dans lequel le monde est laissé des exactions commises par des colons juifs violents, étrangers à cette terre, venus des États-Unis, de France, ou d’Amérique latine, qui persécutent les arabes est révoltante.

Quel journaliste se daigne de rappeler que l’expulsion des Palestiniens s’est opérée avec une extrême sauvagerie et avec notre complicité ?

Dès la fondation de l’État juif en 1948 - sur une terre volée - appelée Palestine et appartenant aux Palestiniens – les autorités israéliennes se sont toujours attachées à construire une image faussée, déshumanisée de l’Arabe et du musulman. Aidées par le réseau d’organisations juives dans le monde, les gouvernements israéliens successifs sont parvenus à faire croire que les Israéliens vivent assiégées dans un Moyen Orient livré à des « terroristes » qu’il ont toute légitimité « d’éradiquer ».

Les Palestiniens sont victimes d’une immense et incroyable spoliation, depuis l’arrivée massive sur leurs terres d’immigrants juifs venus des États-Unis, d’Europe, de partout.

Il ne s’agit pas d’une question d’opinions – « pro-israéliennes » ou « pro-palestiniennes » - mais d’une question de droit et de justice. Il s’agit pour le monde, y compris pour les Israéliens et ceux qui les soutiennent, de reconnaître pleinement tous les crimes restés cachés aux yeux du grand public, depuis 1947 à ce jour, et de les assumer humainement. Il est impératif de rendre justice aux victimes des colons juifs qui se sont installés par la force en Palestine ; comme hier le monde entier a rendu justice aux victimes juives du nazisme.

Dans le respect de la vérité et de la justice, il convient d’exiger de ceux qui couvrent la politique de cette région qu’ils cessent de colporter des fausses informations. Car cela n’est pas sans graves conséquences pour les victimes de l’oppression.

Aussi en privant les gens d’une bonne compréhension des choses, ils leur ôtent la possibilité de se dresser contre les abus et de protéger les victimes quand il est encore temps.

Les Palestiniens, ont déjà trop souffert durant plus d’un siècle. Il leur est intolérable d’entendre dire, année après année, qu’Israël est menacé par les Arabes.

De leur côté, les autorités israéliennes n’ont jamais cessé d’exploiter à des fins politiques la souffrance générée par l’Holocauste. Et à exercer une intense pression sur les gouvernements et les médias autour d’un phénomène qui a existé dans les années 30 : l’antisémitisme.

Or, quand on va en Palestine sous occupation, quand on découvre l’étendue des persécutions qu’Israël inflige quotidiennement aux Palestiniens, on demeure abasourdi.

Pourquoi, les organisations juives parlent des persécutions du nazisme et passent sous silence les persécutions des colons israéliens contre les Arabes ? Pourquoi ces deux poids deux mesures ? Pourquoi faire peser des soupçons d’antisémitisme ? Parce que ces campagnes au sujet des victimes juives du nazisme ont pour but de faire diversion afin que les victimes de l’oppression israélienne - un État colonial qui s’est créé sur les massacres et la déportation des Palestiniens - restent ignorées.

Israël a toujours cherché à présenter ses guerres de dépossession, ses massacres de civils et ses assassinats extrajudiciaires comme des mesures légitime pour sa sécurité. Avec ses 200 ogives nucléaires et autres armes de destructions massives, c’est Israël qui a introduit un climat d’insécurité permanent dans toute la région. C’est ainsi qu’Israël a pu asseoir sa domination, sans susciter de remous en Occident.

Tout, Israël peut tout faire : enfermer les Palestiniens dans des ghettos infâmes, construire des murs et des miradors effrayants, se livrer quotidiennement à des exécutions sommaires et des kidnappings de jeunes Palestiniens.

Israël, qui dispose d’une armée moderne, n’avait pas besoin de ce mur pour sa « sécurité ». Il a obtenu l’appui de toutes les forces politiques israéliennes. Y compris d’Uri Avnery, et de son groupe sioniste Gush Shalom. Ce mur de « séparation » - dont le tracé implique l’annexion de puits, la confiscation de toujours plus de terres, la déportation de villageois - affecte directement et durablement les Palestiniens. Ce mur est une forme d’épuration ethnique.

Ce n’est qu’une année et demie après le début de sa construction que le monde a pu voir les premières images du mur. Bush, qui avait d’abord admis que ce mur constituait « un problème », s’est rétracté quatre jours plus tard.
Ce mur de séparation ethnique officialise la ségrégation raciale et rend encore plus précaire la vie de centaines de milliers de Palestiniens déplacés.

Si le monde, qui en a vu des images, a pu se représenter physiquement ce mur, ses implications réelles sur la vie des Palestiniens sont restées largement incomprises.

Silvia Cattori