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Gaza sous les bombes de Tsahal
« Ceux qui nous frappent sont devenus fous ! »

Abou Habel témoigne depuis le camp de réfugiés de Jabaliah, au nord de Gaza.

31 décembre 2008 | - : Gaza Israël Palestine Crimes de guerre

« C’est terrible. Nous sommes terrorisés. Nous craignons pour nos femmes et nos enfants. Nous n’avons nulle part où aller pour tenter d’échapper aux bombardements qui menacent chaque maison. Les enfants sont en état de choc. On ne peut plus trouver de sécurité nulle part.

Les bombardiers frappent n’importe où ; ils sont devenus comme fous. Ils frappent des fermes, des immeubles, des chantiers. Ils sont devenus fous car ils n’arrivent pas à savoir d’où partent les tirs de roquettes.

Marcher simplement dans la rue est devenu un danger mortel ; des gens qui sont sortis se sont fait tuer. On ne sort plus.

Nous espérons qu’au-dehors, les gens comprennent ce que nous subissons ici. C’est effroyable ! Ce n’est pas une vie. Tout le monde ici est prêt à mourir plutôt que de vivre dans ces conditions.

Ici, tout le monde soutien les tirs de roquettes de la résistance. Pourquoi devrions-nous être les seuls à vivre dans la peur ? Les gens se disent que ceux qui nous terrorisent doivent connaitre eux aussi ce que cela veut dire de vivre dans l’effroi.

Les Israéliens n’ont eu qu’un soldat tué. S’ils envahissent Gaza, ils vont certes massacrer encore beaucoup plus de familles qui vivent traquées comme nous dans leurs maisons. Mais ils vont aussi subir des pertes. J’espère qu’ils n’entrent pas. Mais si jamais ils entrent, je suis persuadé qu’ils vont perdre beaucoup de soldats.

Les seuls qui sont contre les tirs de roquettes sont ces gens du Fatah,(la faction de Mahmoud Abbas). Ils s’emploient maintenant à causer des problèmes supplémentaires à la population. Ils pensent qu’en ce moment où le Hamas est affaibli (par les bombardements israéliens) contribuer à lui rendre la situation difficile, aidera les gens du Fatah (fidèles à Abbas), à le faire tomber.

Comme cela, on a les bombardiers israéliens au-dessus de nos têtes et, au sol, une poignée de partisans du Fatah qui collaborent avec Israël pour ajouter à nôtre effroi. Ils ont déjà brûlé cinq voitures dans le nord de Gaza ces jours-ci. Nous savons que ce sont eux, car des gens qui les ont vus mettre le feu les ont identifiés. Nous savons qu’ils cherchent à kidnapper des membres du Hamas ; comme cela s’est passé lundi au centre de Gaza où, après avoir enlevé un membre du Hamas, ils ont jeté son cadavre dans la rue.

Vous avez entendu ce bombardement ? Ils ont attaqué plus loin. »

Je n’ai pas entendu le bruit du bombardement, mais les hurlements des femmes et des enfants effrayés ; et cela m’a brisé le cœur. Ici la communication a été coupée.

Propos recueillis par Silvia Cattori