écrits politiques

Français    English    Italiano    Español    Deutsch    عربي    русский    Português

Un article de John Rosenthal
Syrie : Les "rebelles" sont responsables du massacre de Houla

C’était, selon les propres termes de l’envoyé spécial de l’ONU Kofi Annan, « le point de bascule » de la guerre en Syrie : le massacre sauvage de plus de 90 personnes, en majorité des femmes et des enfants que la presse occidentale presque unanime a imputé immédiatement au régime de Bachar al-Assad.

10 juin 2012

A peine quelques jours après les premières informations sur le massacre de Houla, les États Unis, la Grande Bretagne, la France et plusieurs autres pays occidentaux annonçaient qu’ils expulsaient les ambassadeurs syriens.

Or selon de nouvelles informations parues dans un des plus grands quotidiens allemands, la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), le massacre de Houla a en fait été commis par des sunnites hostiles à Assad ; la plus grande partie des victimes appartenaient aux minorités chiites et alaouites favorables à Assad. Dans son compte rendu du massacre, l’article du journal allemand cite des opposants à Assad qui ont cependant refusé que leurs noms soient publiés par crainte de représailles de la part des groupes armés.

Selon les sources de l’article, le massacre est intervenu après l’attaque par des groupes terroristes de trois barrages routiers contrôlés par l’armée à l’extérieur de Houla. Les barrages avaient été mis en place pour protéger les villages majoritairement alaouites contre les attaques de milices sunnites. Les groupes armés anti-Assad ont encerclé les unités de l’armée régulière syrienne. Celle-ci se serait battue contre les groupes armés durant environ 90 minutes au cours de laquelle des « dizaines de soldats » ont été tués. « Selon des témoins oculaires », poursuit la FAZ, « le massacre a eu lieu durant ces combats

Les Syriens massacrés appartiennent presque tous à des familles des minorités alaouite et chiite de Houla. Plus de 90 % de la population de Houla est sunnite. Plusieurs dizaines de membres d’une même famille massacrés étaient des convertis du sunnisme à l’Islam chiite. Des membres de la famille Shomaliya, une famille alaouite, ont aussi été assassinés comme l’a été la famille d’un membre sunnite du parlement syrien qui est considéré comme un collaborateur. On suppose que les auteurs ont filmé leurs victimes tout de suite après le massacre et les ont présentées comme des victimes sunnites dans des vidéos postées sur internet. »

L’article de la FAZ fait écho à des témoignages oculaires recueillis auprès de réfugiés de la région de Houla par des membres du monastère de Saint Jacques à Qara en Syrie. Selon des sources du monastère citées par le spécialiste Hollandais du Moyen Orient Martin Janssen, des rebelles armés ont assassiné des « familles alaouites entières » dans le village de Taldo dans la région de Houla.

Début avril déjà, Mère Agnès-Mariam du monastère de la Croix de Saint Jacques avait mis en garde contre les atrocités commises par les rebelles et reconditionnées dans les médias occidentaux et arabes en tant qu’atrocités perpétrées par le régime. Elle avait cité le cas d’un massacre dans le quartier de Khalidiya à Homs. Selon un récit publié en français sur le site internet du monastère, des reblles avaient rassemblé des otages chrétiens et alaouites dans un immeuble de Khalidiya avant de faire exploser le bâtiment à la dynamite. Ils avaient ensuite attribué ce crime à l’armée régulière syrienne. « Même si cet acte a été attribué aux forces de l’armée régulière… les preuves et les témoignages sont irréfutables : c’était une opération effectuée par des groupes armés affiliés à l’opposition, » écrivait Mère Agnès-Mariam.

John Rosenthal
National Review Online (USA), 9 juin 2012.