écrits politiques
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Propagandistes au service de l’Etat colonial d’Israël
Cidinfo : Un site où les falsifications sont reines
Si vous êtes en quête de vérité, méfiez-vous des sites qui font allégeance à Israël ; ils ont généralement pour vocation de travestir les faits, de déshumaniser les Arabes, et de jeter de la boue sur ceux qui dénoncent les politiques colonialistes et racistes de l’Etat hébreu. Méfiez-vous également de la sincérité de toute personne qui accuse autrui d’« antisémitisme », de « nazisme », de « négationnisme ».

Photo de l’enfant Nour Emran, 12 ans, dans le coma, prise par le photographe Marcin Suder qui accompagnait Silvia Cattori à l’hôpital

En Palestine, Israël se sert d’un arsenal militaire impressionnant pour tuer tout espoir de paix et expulser progressivement les Palestiniens de leurs propres terres.

À l’extérieur, Israël peut également se servir d’un vaste « réseau » de désinformateurs –ex-soldats de Tsahal doubles nationaux, personnes qui ont un lien affectif avec Israël, responsables d’associations communautaires - pour tuer la vérité dans l’œuf.

Ce « réseau » – qui comporte également des gens qui se disent antisionistes et pour la justice en Israël/Palestine - participe, d’une façon ou d’une autre, du projet d’expansion coloniale d’Israël.

Des gens peu scrupuleux donc -comme on le voit au travers d’un site de propagande israélienne, qui, sous des appellations trompeuses, Cidinfo, (Collectif pour l’Information et Contre la désinformation au Proche-Orient)- ne reculent devant rien pour discréditer les témoins trop embarrassants pour l’Etat hébreu.

Il est intéressant de comprendre comment ces désinformateurs procèdent pour tenter de décrédibiliser les journalistes ou les témoins qui osent briser les tabous au sujet d’Israël. Cette compréhension peut permettre aux lecteurs d’être attentifs aux pièges qui les guettent.

J’ai pu observer, comment toute une machinerie se met en place ; comment cette machinerie s’active, sur des sites internet et certains forums, avec plus d’intensité, quand les actes de sauvagerie et d’inhumanité d’Israël soulèvent des amples protestations ; leur but étant de faire dévier le débat.

Les accusations « anti-israélien notoire », « nazillon notoire », « antisémite notoire », « négationniste nauséabond », sont presque toujours utilisés par des gens malhonnêtes, qui, voulant épargner à Israël le qualificatif d’Etat paria, s’emploient à vilipender ceux qui ne se laissent pas museler.

Quand une personne est présentée comme «  tristement célèbre pour ses diatribes anti-israéliennes », demandez-vous toujours quels peuvent bien être les mobiles de ceux qui profèrent ce genre de propos.

En s’employant à déconstruire, un article qui décrit par le menu les agissements gravissimes des soldats israéliens allant à la « chasse » d’enfants palestiniens, comme dans nos contrées les chasseurs vont à la chasse du gibier ; des soldats donc s’amusant à humilier les enfants, à les exciter pour les attirer dans des pièges, et tirer ensuite sur eux comme sur des pigeons, les scribouillards de Cidinfo/Israël nous ont permis de voir de quelle manière ignoble ils procèdent pour décrédibiliser le messager. Partant de là, le coupable n’est plus le criminel mais celui qui le dénonce.

Nous avons été témoins d’un massacre d’enfants. La stratégie de Cidinfo a consisté à jeter d’abord le doute sur la véracité des faits. Pour ensuite nous faire passer pour des affabulateurs et rendre notre témoignage suspect aux yeux des lecteurs.

La stratégie du mensonge est toujours la même. Elle consiste à jeter le doute sur le témoin par des questions-réponses faussement naïves :« Sylvia Cattori ne serait-elle pas une affabulatrice, qui invente des histoires et des scènes à partir d’histoires entendues de ci de là ? A-t-elle vraiment comme elle le prétend (…) assisté à la mort de l’enfant comme elle le dit (..) » Et d’insinuer ensuite qu’elle a «  simplement rencontré (Nour Emran) à l’hôpital, et a décidé, trois mois après cette rencontre, d’inventer de toutes pièces la scène de la mort de l’enfant et sa présence sur les lieux au même moment, et à quelques mètres de là !!!... » [1]

Plus grave, les désinformateurs de Cidinfo cherchent à renverser la donne en transformant les enfants victimes de l’armée israélienne en coupables.

Ainsi Nour Emran, un jeune garçon palestinien tombé sous les tirs d’un soldat israélien, dont j’ai décrit la tragique, est présenté par Cidinfo comme ayant été «  envoyé à la mort (…) par ses parents dans l’espoir qu’il devienne un martyr » !

Par une combinaison d’insinuations, le témoin et la victime deviennent des coupables. Et l’auteur du crime - Israël en l’occurrence -disparaît.

Là bas, en Palestine ce sont les mitrailleuses israéliennes qui tuent. Ici ce sont les amalgames et la malhonnêteté intellectuelle de leurs agents d’influence. La finalité est la même : intimider, faire taire, supprimer tout esprit de résistance.

Quand des sites, comme Cidinfo, calomnient des témoins pour tenter d’étouffer des vérités qu’ils ne veulent pas entendre, notre devoir est de les dénoncer.

Cidinfo n’est pas un cas isolé. C’est un système. Nous ne pouvons laisser cette machine de propagande au service d’Israël [2] diffamer des honnêtes gens sans réagir.

Ceux qui n’osent pas signer de leur vrai nom leurs innommables torchons, savent pourquoi.

Nour Emran n’était pas un combattant. Comment Cidinfo peut-il aller jusqu’affirmer que ses parents l’ont « envoyé à la mort » ? Nour Emran, était un enfant qui n’a pas eu droit à la vie comme des milliers d’enfants palestiniens que les soldats d’Israël ont assassiné froidement.

Il faut être dépourvu de toute humanité pour transformer la victime en coupable ; en «  affabulatrice » qui « cherche à faire du sensationnel » la journaliste qui témoigne de son assassinat !

Inhumains mais pas fous ! Il s’agit pour ces désinformateurs de sauvegarder l’image de victime dont Israël a longtemps su se parer.

C’est en camouflant la vérité sur les massacres qu’Israël a pu continuer, depuis 1948, à poursuivre l’épuration ethnique et annexer toujours plus de terres en toute impunité et sans que le monde parvienne à comprendre la vraie nature de cet Etat ! C’est précisément grâce à cette désinformation, que le régime d’apartheid d’Israël a pu échapper jusqu’ici au traitement réservé au régime d’apartheid sud-africain : le boycott international et son bannissement.

Revenons à Cidinfo dont les insinuations présentées plus haut n’étaient que la première salve.

Nour Enran n’avait pas 15 ans, comme cela avait été rapporté d’abord au moment des incidents ; ni 13 ans, comme rapporté par la BBC, mais 12 ans. Dès que j’en ai eu connaissance je me suis souciée d’en apporter le rectificatif. Cidinfo s’en est emparé pour accréditer l’idée que ma présence sur les lieux n’était «  qu’affabulation ».

Ainsi, ce qui était de ma part une volonté de précision sert les imposteurs de prétexte à discréditer un témoignage véridique ! L’agence de presse Reuters, que Cidinfo donne comme exemple de professionnalisme, et qui s’est également trompée sur l’âge de l’enfant, les manipulateurs de Cidinfo ne l’ont bien sûr pas mise en cause car la journaliste allait plus loin dans sa description, passait la ligne rouge.

Les scribouillards de Cidinfo ont fait tout un montage pour créer la confusion dans l’esprit du lecteur non averti et l’amener à douter du témoignage de la journaliste : « Sylvia Cattori a-t-elle vu le frère du petit Nour se faire tirer dans le dos par les soldats israéliens ? Est-elle certaine que Nour a été tué d’une balle de mitrailleuse lourde qui crache plus de 500 balles à la seconde ? Comment peut-elle omettre de dire que l’enfant est mort d’un tir de balle...en caoutchouc, alors qu’elle le savait ? Pourquoi dit-elle que l’enfant a 12 ans alors que dans deux autres de ses textes, il a 15 puis 14 ans ? Pourquoi, alors qu’elle a rencontré Nour à l’Hôpital le jour de sa mort, et a écrit un article le lendemain disant qu’elle l’avait vu à l’hôpital, ne disait-elle pas dans cet article qu’elle avait vu mourir l’enfant dont elle parlait ? »

Tout en sachant que les désinformateurs en question ne prendraient pas ma réponse en considération, mais par égard pour la souffrance et l’injustice qui frappe les Palestiniens, je leur ai adressé la réponse suivante :

« Les soldats israéliens vont chaque jour à Balata pour tuer des enfants. Il me paraît assez étrange que votre préoccupation soit de savoir si l’enfant avait 12 ou 15 ans et quelle sorte de balle l’a tué. Votre principale préoccupation ne serait-elle pas tout simplement de décrédibiliser les témoignages et les dénonciations de ceux qui prennent la peine et le risque d’aller voir sur place les violences que l’armée israélienne fait subir à la population civile palestinienne, notamment aux enfants ?

Par égard pour ceux qui pourraient être induits en erreur par vos insinuations - qui ont pour objectif évident de répandre l’idée que je ne suis jamais allée à Balata, et surtout que les violences des soldats israéliens contre les enfants, que je dénonce, n’existent pas - je précise ce qui suit.

J’ai écrit plusieurs textes en décembre 2003. Dans « Violences israéliennes gratuites au camp de Balata » j’ai décrit la situation en général et le niveau de violence dont j’avais été témoin. Dans un paragraphe, j’ai indiqué que j’avais profité d’une accalmie pour rendre visite aux enfants blessés, parmi lesquels Nour Emran, touché en pleine tête et dans le coma, et j’ai donné l’âge de 15 ans tel qu’il m’a été rapporté au moment de l’accident. Je n’avais pas développé les circonstances dans lesquelles cet enfant avait été touché, ni l’heure, ni la date, n’ayant ni le temps, ni surtout le cÅ“ur à écrire des faits aussi difficiles à assumer en ces jours de guerre où nous courions d’un endroit terrifiant à un autre.

Vous vous étonnez que je n’aie pas écrit davantage ? Connaissez-vous des journalistes qui ont autant parlé de ce qui se passait à Balata et Naplouse durant l’opération israélienne « Eau stagnantes » ? Je n’ai vu aucun journaliste appartenant aux grands médias sur place. Ils étaient à Tel Aviv ou à Jérusalem, peu intéressés à présenter les scènes de sauvagerie de l’armée israélienne.

Pourquoi suis-je revenue sur ces faits trois mois plus tard ? Je suis revenue sur ces épisodes traumatisants au moment où je m’en suis senti la force. Il m’a fallu des mois avant de pouvoir reparler de ce que j’avais vu d’atroce. C’est ce que je souligne au début du texte que vous incriminez « Les enfants de Market Street », où je ne décris du reste qu’un épisode de cette longue et pénible journée. Témoignages écrits dans un contexte de guerre épouvantable - où il était difficile de se déplacer – et que Cidinfo cherche à mettre en doute !?

Nour Emran a été pris pour cible vers 16 heures de l’après midi. J’ai raconté dans ce texte « Les enfants de Market Street » certains aspects que je n’avais pas développés dans les textes écrits en décembre 2003 depuis Balata : l’attitude des soldats qui provoquent les Palestiniens en proférant des injures grossières, la tragédie de ces deux frères jumeaux. Comme j’avais un doute sur l’âge précis de Nour j’ai demandé confirmation. Nour avait 12 ans (il faisait plus âgé que son âge comme vous pouvez voir sur la photo faite par le photographe qui m’accompagnait)

En outre, je n’ai jamais mentionné avec quelle balle Nour a été tué. Je ne me livre pas à ce genre d’expertise. Les soldats israéliens utilisent toutes sortes d’armes et de balles : balles en acier recouvertes de caoutchouc, gaz toxiques, etc. Ce qui m’importe et me révolte, et qui devrait vous révolter vous aussi, est que toutes ces armes tuent des enfants.

L’armée israélienne se sert d’armes de guerres, quand elle va tirer sur des enfants en Palestine. Des armes qui n’ont pas été conçues pour tuer des enfants mais pour combattre des armées. Et cela est inacceptable.

Tirer sur des innocents, les mutiler, les assassiner, est devenue une routine pour l’armée israélienne. Mais cela n’a pas l’air de vous émouvoir : vous préférez, protéger l’armée israélienne, répandre le doute sur la réalité des crimes qu’elle commet »

En résumé, dans l’unique souci de protéger l’armée israélienne de toute critique pour ses opérations meurtrières contre des enfants, Cidinfo s’emploie à décrédibiliser successivement, la journaliste, puis l’authenticité de son témoignage, enfin – et c’était le but principal– les faits dénoncés : les crimes de l’armée israélienne.

Nour Emran n’a pas eu droit à la vie. Il n’a connu que violence et humiliation. C’est de cela que Cidinfo devrait parler : de la souffrance des Palestiniens à cause de ce que cette soldatesque, qu’ils veulent glorifier, leur fait subir d’exactions.

Quant à dire que la mère de Nour Emran a envoyé à la mort son fils, comme l’insinue Cidinfo c’en est trop : c’est se servir de la propagande militaire israélienne pour nier ses crimes.

Une mère palestinienne n’est pas différente de toutes les mères du monde. Aucune mère palestinienne ne peut envoyer à la mort l’enfant qu’elle a mis au monde.

Il faut le dire. Le « Collectif pour l’Information et Contre la désinformation au Proche-Orient », n’est qu’un instrument de désinformation et de propagande déguisée au service d’une seule cause : la défense de l’armée coloniale israélienne.

Silvia Cattori

Ce texte a été revu dans sa forme en janvier 2006


[1] Texte publié non signé sur le site cidinfo en 2004

[2] Ces mêmes désinformateurs, dûment identifiés, ne peuvent pas répandre leurs calomnies via les forums de sites sérieux ; mais ils peuvent s’épanouir sur des sites crés à cet effet. Des organisations communautaires, comme le CRIF, ou l’UPJF par exemple, ont besoin de constamment crier au danger antisémite pour justifier l’existence d’Israël