Nos démocraties sont menacées par la désinformation des « grands » médias, télévisuels surtout. Ce sont ces médias, qui sont les principaux vecteurs de la propagande des pouvoirs économiques, politiques, militaires. La preuve que quelque chose ne tourne pas rond dans l’exercice de nos démocraties.
Nous sommes à la veille d’une guerre qui s’annonce terrifiante. Une guerre qui dévastera, après l’Afghanistan, l’Irak et fera de nombreuses victimes. Une guerre que les médias soutiennent malgré le fait que les citoyens du monde ont clamé leur total refus.
Des médias qui répètent comme des perroquets les informations biaisées que les agences de relations publiques -financées à grands frais par les puissances dominantes- leur déversent, c’est inadmissible !
Et c’est d’autant plus alarmant, quand, en période de graves crises internationales, ces manquements à la déontologie créent des déséquilibres profonds qui ont pour conséquence directe d’isoler et de fragiliser encore davantage les opprimés.
Les journalistes, comme les politiciens, tirent leur pouvoir de notre ignorance. Ils ont par conséquent tout intérêt à occulter tout ce qui les dérange et peut éveiller les consciences, pour ne traiter que de faits divers, de faits de divertissement, de faits sans importance. Ce qui conduit nos sociétés à cet état d’ignorance inquiétant, où des individus aussi incultes et effrontés que Berlusconi et Bush, sont malencontreusement portés au pouvoir.
Le rôle des journalistes n’est pas de s’identifier avec une partie plutôt qu’une autre ; il n’y a pas de véritable démocratie sans pluralité de l’information. Tout citoyen a le droit de revendiquer une information digne de ce nom ; le droit de savoir dans quel monde il vit et de connaître ce qui fait sa complexité.
Voilà pourquoi il est impératif de boycotter ces médias dont « l’unilatéralisme » menace notre souveraineté, viole l’éthique professionnelle, falsifie les faits.
Il convient de préciser ici que nous ne mettons pas tous les médias et tous les journalistes politiques dans le même sac. Chacun de nous peut aisément reconnaître ceux qui résistent à la banalisation et à la propagande.
Il ne s’agit pas non plus de s’en prendre à la presse écrite dans son ensemble, qui demeure à nos yeux, lorsqu’elle s’engage dans la voie tracée par Beuve-Mery, le plus prestigieux des moyens d’information.
Depuis le 11 septembre 2001, la manipulation de l’information a atteint des seuils sans précédents. Les médias dominants ont d’emblée choisi le camp des justiciers et de leurs affirmations mensongères. Ceci pour nous convaincre du bien fondé de la guerre.
Les politiciens de tous bords ont cédé, les uns après les autres, aux injonctions des « va-t-en guerre ». Mais les peuples du monde, dans un grand sursaut de dignité, ont pris, eux, le parti de l’humanité : ils ont fait corps pour clamer leur total refus de la guerre, en solidarité avec le monde arabe.
Méprisées de « l’Occident », heurtées par la mollesse et les trahisons répétées de leurs dirigeants, les populations arabes ont clamé leur solidarité avec leurs frères irakiens et palestiniens. Elles ressentent la guerre à venir contre l’Irak, comme une agression contre le monde arabe et musulman dans son ensemble. En quoi elles ne se trompent pas.
Les souffrances des victimes occultées
Les conséquences terribles de la guerre pour les populations, la faim, les maladies, les enfants qui n’ont pas droit à une vie d’enfant comme tout enfant « occidental », les énormes souffrances, sont cyniquement évacuées par les agresseurs. Interrogée sur les retombées de l’embargo contre l’Irak -qui a causé la mort d’un million d’enfants- Mme Albright, a répondu sans l’ombre d’une hésitation : « C’est le prix à payer ».
Le prix de quoi ? Le prix de la barbarie bien entendu. Et de la haine raciale grandissante.
Les journalistes en général, tout comme les politiciens qui dirigent le monde, ne prennent jamais en compte les souffrances humaines. L’humain est le grand absent : il a totalement disparu du paysage médiatique au profit des hordes en uniformes.
En ce qui concerne l’Irak, le compte à rebours martial est malheureusement lancé. Nous en sommes là. C’est pourquoi nous devons nous dresser avec force, avec courage, contre les incessantes manipulations des pouvoirs dominants qui condamnent les populations agressées à la barbarie et à la désespérance. Le temps est maintenant compté.
Les gens ne peuvent continuer de rester passifs, ni se contenter d’aller manifester tous les cinq ans pour protester contre le énième massacre.
Les gens ne doivent plus accepter le silence des journalistes sur les souffrances des peuples écrasés par les politiques criminelles de Bush et de Sharon ! Je veux parler des Palestiniens, des Afghans, des Irakiens massacrés, des prisonniers torturés dans les prisons de Guantanamo.
En minimisant la terreur exercée sur plus faibles qu’eux par des Etats surarmés, les journalistes piétinent les victimes. La dignité de l’être humain est de s’attacher à sa sauvegarde et non d’exalter la suprématie de ceux qui la détruisent. Chaque fois que les journalistes passent sous silence les conséquences de la violence étatique contre des civils, les gens doivent élever la voix.
Usons de nos droits. Notre parole solidaire qui peut, comme un cri, faire émerger des vérités cachées, conduire à une vision plus juste et humaine du monde, est un formidable outil de résistance. A nous de faire entendre haut et fort cette parole ; par des courriels, par des lettres, par de fermes protestations qui désignent les falsificateurs.
Ne pas dénoncer les crimes des Etats fragilise encore davantage les opprimés. Ne pas montrer les images qui témoignent des violences étatiques dans toute leur pleine et tragique dimension, revient à les cautionner.
Les militaires israéliens connaissent l’efficacité de l’image et ce qu’elle peut leur coûter. C’est pourquoi ils arrachent systématiquement leurs caméras aux internationaux qui veulent filmer leurs exactions.
On reste épouvanté devant l’incroyable légèreté avec laquelle des journalistes exercent leur métier et bâclent des enquêtes sur des guerres aussi graves de conséquences pour l’humanité.
Ainsi, une poignée d’opportunistes et d’imposteurs peut décider de l’éclairage, de l’orientation, de l’espace à accorder à un événement donné, selon qu’ils veulent le populariser ou l’étouffer.
Quand vingt ministres arabes veulent faire connaître leur commun refus de la guerre américaine, nul n’en parle dans les médias « occidentaux », sinon pour monter en épingle leurs divisions [1]. Quand des faucons cyniques, comme Rumsfeld et Blair, débitent des contrevérités, toutes les chaînes télévisées s’empressent de répercuter leur propos, sans présenter un autre point de vue.
C’est cela la désinformation. Faire taire les « colombes », pour laisser le champ libre aux faucons.
Des journalistes au service de la guerre
Les médias publics sont, comme les médias privés, sous l’emprise évidente de pouvoirs politico économico militaires. Avec un formidable mépris de l’Arabe ils cautionnent la politique de guerre de MM. Bush et Sharon.
Sans ce support médiatique, les Etats-Unis et Israël, ne pourraient pas maintenir le monde dans la soumission. Dans tous les grands médias du monde, ils ont des porte-parole prêts à matraquer l’opinion dans le sens de leurs intérêts, prêts à tirer sur les Arabes. Aidés par d’habiles propagandistes -tel Alexandre Adler en France- qui propagent leurs messages sans avoir l’air d’y toucher.
Nous ne pouvons continuer d’ignorer le pouvoir d’intervention des grands moyens d’information dans les conflits et leurs conséquences désastreuses pour l’équilibre mondial.
En 1991, de nombreux Etats ont été poussés à entrer en guerre contre l’Irak sous la pression des médias qui relayaient l’hystérie états-unienne.
C’est pareil aujourd’hui. A force de désinformer l’opinion et de répercuter des slogans du genre « qui n’est pas avec moi est contre moi », les médias favorisent la guerre.
En apportant son appui à la guerre du Golfe en 1991, la communauté internationale, matraquée par les médias, a ouvert la boîte de Pandore. Dans le même temps, les médias ont totalement ignoré les humiliations et les souffrances des peuples qui subissent la guerre. La soumission des régimes arabes aux dictats de Washington, n’avait jamais été aussi évidente et leur faiblesse ressentie comme aussi humiliante. Pour les Arabes, la guerre contre un pays frère ne pouvait être en aucun cas leur guerre.
Comme il fallait s’y attendre, les Etats-Unis n’allaient pas en rester là. Les Palestiniens, les Serbes, les Afghans en savent quelque chose. L’administration américaine n’a plus besoin de l’aval de l’ONU ni de la logistique de l’OTAN pour mener ses guerres impériales. Pour relayer ses mensonges, une poignée de journalistes serviles, lui suffit amplement désormais.
Des journalistes, qui, une fois la guerre déchaînée se font très discrets sur son déroulement. Des commentateurs qui se font oublier un moment, après avoir répété que, de la guerre contre l’Irak émergerait un nouvel ordre international qui réglerait le conflit israélo-palestinien, que la guerre contre les Serbes résoudrait la question des minorités, que la guerre contre les Talibans conduirait les Afghans à se raser la barbe et les Afghanes à jeter leur « burka ». Oh ! Pas pour longtemps, jusqu’aux préparatifs de la prochaine guerre éthique.
Car, après, qu’avons nous constaté ? Qu’une fois l’Afghanistan conquis par les Américains, il n’y a pas eu plus de barbes coupées que d’ordre international instauré, que cette guerre qu’ils nous avaient chantée comme juste et nécessaire était une gigantesque boucherie, avec des centaines de milliers de civils pris en otages, en violation de toutes les lois et conventions internationales. Mais de cela et des charniers, les médias n’en ont quasiment pas parlé.
Voilà à quoi étaient destinées les campagnes d’intoxication anti-arabes, anti-musulmans, alimentées par Washington : à déverser des bombes sur des populations sans que cela soulève l’opinion, à déshumaniser par avance les victimes de leur sauvagerie, et à répandre l’idée que les Irakiens ou les Afghans ainsi pilonnés n’étaient pas des humains comme nous, qu’ils n’avaient pas la même aptitude à la souffrance que nous. Comme du reste les trois millions de Palestiniens affamés, torturés, assassinés, privés d’eau, de leurs terres, empêchés de se déplacer d’un quartier à l’autre, d’aller à l’école, d’aller travailler, jetés en prison sans autre forme de procès, dévalués, comme s’ils n’étaient pas des hommes.
Les médias qui accusent M. Saddam Hussein, les Arabes, les Islamistes, parce que Washington veut qu’on les accuse, savent ce qu’ils font.
Les grands médias qui ne nous montrent les massacres de Palestiniens qu’au compte gouttes, parce que les communautés juives ne veulent pas qu’on nous les montre, savent ce qu’ils font. Pendant que la prochaine guerre en Irak occupe la scène, Israël peut, lui, continuer sa guerre d’extermination à notre insu.
Une frappe chirurgicale par ci, une par là. Nous ne verrons pas la douleur des Irakiens, pas plus que nous n’entendrons les Afghans maudire les crimes des troupes états-uniennes. Nous n’entendrons ni ne verrons rien du tout.
Nous verrons uniquement ce que la propagande des puissances en guerre, veut bien nous laisser voir, comme hier à Kaboul, où les médias nous ont montrés des Afghans faire l’éloge de ces prétendus « sauveurs américains » qui avaient tout dévasté.
Dans toute guerre il y a des règles, des conventions. Tout a été jeté par-dessus bord. Nous n’avons rien vu de tous les abus. Pourquoi ? Parce que les médias qui ont contribué à nous convaincre que ces guerres étaient nécessaires ne vont pas se dédire au vu des dévastations. Ils vont donc continuer de donner la parole aux « faucons », aux services de propagande militaire, aux meurtriers qui cultivent la haine de l’Islam, de l’Arabe, du Palestinien. Et cela nous ne pouvons pas l’accepter.
Ainsi, pendant que l’on désignait « l’Islamisme » comme le nouveau danger, la machine à fabriquer les clichés a fonctionné à plein régime. Elle a connu des pics impressionnants depuis septembre 2001. Pour comprendre comment fonctionne cette infernale propagande, avec ses relais dans les rédactions, il faut décrypter les discours de Bush et de Sharon. Leur discours consiste à répandre l’idée qu’il y a deux « races » qui ne pèsent pas du même poids : nous les « occidentaux » d’un côté, et les Arabes musulmans de l’autre. La recette est vieille comme le monde. Il s’agit de disqualifier l’adversaire en l’enfermant dans quelques clichés répugnants pour l’éloigner de notre sensibilité et faciliter la course à la guerre. Les médias ont donc progressivement exclu l’Arabe, le Palestinien, le Musulman de notre imaginaire affectif, en ne le présentant jamais sous un angle favorable.
Les journalistes au service du pouvoir ont largement diffusé les tirades ouvertement racistes de Washington et Tel Aviv, privilégié les interprétations fallacieuses, les affirmations mensongères qui dénigraient l’Arabe, le musulman, le Palestinien. Racisme qui a pris diverses formes dans l’inconscient, et qui imprègne désormais tous les aspects de la vie politique. Ainsi, il est de bon ton de s’enflammer et de s’émouvoir quand il s’agit de victimes israéliennes ou américaines, et de rester en deçà de tout sentiment d’humanité quand il s’agit de la souffrance des victimes palestiniennes ou afghanes.
Cette deuxième guerre contre l’Irak, sur fond de pétrole, est également la guerre des rédacteurs en chef. C’est là où des journalistes médiocres et serviles, comme M. Colombani (Le Monde) et les présentateurs télévisés, comme M. Rochebin (TSR) prennent toute leur importance. C’est d’ailleurs en raison de leur servilité qu’on les a placés là où ils sont. Pour qu’ils relayent à longueur d’années les discours officiels, pour qu’ils occultent ce qui se trame en sous main de peu reluisant qui pourrait alerter l’opinion, soulever les protestations, pour qu’ils s’abstiennent de montrer du doigt des régimes « amis » qui possèdent, comme Israël, des armes de destruction massives !
En appuyant les opérations meurtrières d’Etats qui se placent au-dessus de la loi, les médias se moquent des futures victimes et offensent quotidiennement l’esprit public. Pourquoi s’en prendre à Saddam Hussein et à son armée en déroute alors qu’il y a tant de dictatures et de démocraties qui possèdent des armes de destruction massives et violent quotidiennement les droits humains ? Surtout parce que Saddam tient tête aux néo conservateurs et refuse l’humiliation.
L’humiliation conduit à des réactions extrêmes
C’est l’humiliation de l’occupation qui, depuis plus d’un demi-siècle, conduit le Palestinien à la révolte et à la vengeance. C’est l’indifférence du monde face à l’injustice qu’ils subissent qui conduit des enfants à se transformer en bombes humaines. Des enfants nés du ventre de la tragédie et qui, de leur courte vie, n’ont connu que l’enfer de l’occupation militaire israélienne. On a criblé de balles leur petit frère, assassiné leur père, leur oncle, leur cousin, jeté tous les hommes encore valides en prison.
Comment ne se seraient-ils pas sentis insultés, quand Bush a qualifié Sharon « d’homme de paix ». Les volontaires internationaux qui sont allés en Palestine après le déclenchement de la guerre lancée par M. Ariel Sharon en 2002, n’en croyaient pas leurs yeux quand ils ont vu l’étendue des destructions et des massacres perpétrés par l’armée israélienne en représailles contre ce peuple déjà terriblement meurtri par des décennies d’oppression. Et ils se demandaient, pourquoi les médias « occidentaux » leur avaient si peu montré ce qui se passait vraiment.
Plus étroitement contrôlés par de grands groupes d’influence qu’on ne le pense généralement, les médias soutiennent des Etats, comme Israël, qui défient quotidiennement toutes les lois internationales. Ou comme les Etats-Unis, qui passent leur temps à accuser des peuples et des états souverains tels la Syrie, spoliée de ses terres les plus fertiles et de ses ressources en eau par Israël depuis 1967.
Nous ne pouvons plus nous laisser passivement matraquer par les partisans de cet ordre injuste qui applaudissent à toutes les offensives de l’OTAN et de l’armée américaine. L’Irak est un pays exsangue, dans l’incapacité de se défendre et à fortiori de s’attaquer à qui que ce soit. Que cela soit dit une fois pour toutes. Les Palestiniens, les Irakiens, les Afghans ne sont pas ces fanatiques attirés par la mort que les médias nous présentent. Ce sont des êtres qui aiment la vie, comme nous, mais que la violence des guerres pousse à la folie.
L’alliance Etats-Unis – Israël
Rien, ni la race, ni la religion, ni la raison d’Etat, ne justifient que l’on utilise des avions de combat, des missiles, des tanks, tout un arsenal de guerre impressionnant contre des civils. Les Etats-Unis et Israël n’ont jamais été aussi agressifs qu’aujourd’hui. Ils mènent une offensive de type colonial, pour mettre la main sur l’ensemble d’une région et redistribuer les cartes à leur avantage. C’est pourquoi la fracture entre les tenants de la nouvelle guerre dite « éthique », est si nette. La preuve que la crédibilité des médias qui soutiennent la guerre a atteint ses limites a été apportée par l’ampleur tout à fait inédite de la protestation populaire. Les médias sont allés trop loin dans leur soumission aux pouvoirs dominants. « Bush, Sharon, même combat » crient depuis deux ans les manifestants du monde entier.
Basses manoeuvres et froids calculs dictent toute la politique américaine au Moyen Orient. Israël, étroitement associé à la nouvelle stratégie de domination impériale de Bush, peut aujourd’hui tout se permettre. Avoir toutes les armes de destruction massive et continuer à canarder les enfants Palestiniens. Si cette maudite guerre a lieu, nous avons tout à craindre pour les Irakiens mais aussi pour les Palestiniens. Bush ne leur fera pas de cadeaux. Une fois que sa soldatesque en aura fini avec l’Irak, l’Amérique va continuer de prêter main forte aux faucons israéliens, et prendre systématiquement leur défense, chaque fois que l’opinion mondiale voudra faire cesser le massacre.
Victime de l’alliance Tel Aviv – Washington, la Palestine demeure l’éternelle sacrifiée. Il n’y a aucune compassion pour elle. Ni de juges dressés pour sa défense. A la Haye on a jugé des hommes politiques qui avaient moins de crimes sur la conscience que Sharon. La politique des Etats Unis s’explique : tous les candidats à la présidence, qu’ils soient républicains ou démocrates, sont pieds et poings liés au lobby juif, et par extension à Israël. C’est avec les voix juives en effet que tout candidat à la présidence doit compter. Ainsi le parti républicain, traditionnellement lié aux chrétiens fondamentalistes pro-israéliens, fait très attention à ne rien dire ni faire qui puisse froisser Israël. Les voix du "lobby chrétien" fondamentaliste sont aussi nécessaires aux républicains que les voix du "lobby juif" le sont aux démocrates. C’est cela la démocratie : on sacrifie des populations innocentes pour asseoir durablement son pouvoir. Raison pour laquelle aucun président des Etats Unis n’intervient jamais pour faire cesser les massacres de Palestiniens, alors qu’il en a largement les moyens. Pire, il protège Israël de toute critique.
Depuis le 11 septembre 2001, l’administration Bush a lancé des campagnes de harcèlement sans précédent contre l’Islam. Et pour convaincre l’opinion du bien fondé de sa croisade elle n’a pas hésité à mentir, à pratiquer l’amalgame pour assimiler la religion musulmane au terrorisme. Dès lors, les communicateurs de service n’allaient plus mettre de gants ni se gêner. D’autant qu’il n’y avait pas l’ombre d’une protestation contre leurs tirades.
Il est temps de réagir
Il est temps de crier que cela suffit. Unissons-nous en un front commun, toutes nationalités, religions, races confondues, pour faire barrage à la propagande et pour opposer un contre pouvoir à la politique criminelle des Etats-Unis et d’Israël.
« Ouvrons notre gueule », disait Bourdieu. Ouvrons notre gueule encore et toujours pour libérer les peuples opprimés de leurs chaînes. Ouvrons notre gueule pour exiger l’indépendance, l’impartialité, l’honnêteté des médias publics, pour commencer.
Concrètement : inondons de courriels, en protestation, les rédactions qui manquent à leur devoir d’information.
Silvia Cattori
[1] Conférence de presse du 17 février 2003 au Caire.