écrits politiques
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Homs dans l’enfer des groupes armés
« De Misrata nous sommes venus en Syrie Libre ! »
Les images qui nous viennent de Homs, montrant une ville désertée, dévastée par les combats, sont inquiétantes. Toutefois, peut-on rendre le gouvernement de Damas seul responsable des destructions et des malheurs qui frappent le peuple syrien aujourd’hui ?
23 février 2012 | Thèmes (S.Cattori) : Rôle des médias Désinformation Syrie

Les habitants de Homs que nous avons interrogé nous disent avoir souvent appelé les forces gouvernementales à venir les protéger. Ils nous disent leur peur devant l’arrivée de groupes armés qui occupent par la force leurs foyers ; qui lancent des obus à l’aveugle, tuent pour tuer, détruisent. Ils nous disent qu’ils ont ensuite la désagréable surprise de découvrir, sur les blogs ou Aljazeera, des images montrant les crimes qu’ils ont commis mais qu’ils attribuent aux forces gouvernementales.

De leur côté, les médias occidentaux continuent de donner, comme preuves établies, ce qu’affirment les « opposants » armés et l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Pour comprendre ce qui se passe en Syrie, on ne peut pas se fier à ce que rapportent l’OSDH et les bloggeurs qui servent la propagande des groupes armés ; ni aux « envoyés spéciaux » qui se rangent systématiquement du côté de ceux qu’ils qualifient« opposants » démocratiques, « héros luttant pour la démocratie » contre un « dictateur sanguinaire. »

S’il doit y avoir des « héros » en Syrie on doit prendre en compte tous les côtés de la souffrance, pas uniquement les « héros » affiliés aux Frères musulmans…

Les choses ne sont pas comme le disent les médias occidentaux.

Bachar el-Assad est fort de la légitimité que lui accorde son peuple, comme cela fut démontré par les grandes manifestations de soutien à son gouvernement ; la population est hostile en sa grande majorité aux groupes armés qui mettent la Syrie à feu et à sang, soutenus par des puissances occidentales et certains États arabes. Un sondage britannique [1] réalisé en décembre par l’institut « Doha Debates » montre qu’el-Assad bénéficierait du soutien de 55 % des Syriens.

Combien de missiles ont-ils été livrés aux rebelles [2] ?

Les patriotes syriens que nous avons interrogé nous ont tous dit avoir fait appel aux forces du gouvernement afin qu’elles viennent les protéger et les débarrasser les bandes armées.

A Homs notamment, la situation est très alarmante. La population est prise en otage par des barbus venus de l’extérieur et qui occupent leurs quartiers à Baba Amr, Khaldiyeh, Karm el-Zeytoun. Les gens nous ont dit attendre depuis des mois l’intervention de l’armée [3].

Le sort de la population est devenu encore plus angoissant depuis que ces « gangs terroristes » font usage des mêmes lance-missiles antichar Milan qui avaient été livrés en Libye aux rebelles libyens par la France et le Qatar.

Depuis trois semaines la presse internationale affirme que Homs serait pilonnée par l’armée régulière. C’est tôujours la même histoire qui se répète. La même propagande unilatérale.

Les politiques, les ONG, les journalistes, prennent en Syrie, comme hier en Libye, fait et cause pour les forces qui participent à la déstabilisation voulue par les puissances de l’OTAN. Ils attribuent systématiquement aux forces du gouvernement que l’on veut renverser les actes de sauvagerie perpétrés par des pseudos « opposants ».

Le gouvernement syrien peut-il rester sans réagir ?

Il a été démontré que les « opposants » armés sont entraînés et encadrés par des forces spéciales étrangères ; et qu’il y a parmi ces « opposants » des éléments étrangers qui agissent pour le compte de puissances dont l’implication en Syrie est patente.

La télévision syrienne a diffusé il y a quelques jours les images qu’un « photographe de guerre » étranger a prises dans un quartier de Homs et où il a suivi et filmé ces « opposants » qui tirent des roquettes et des missiles à tout va. Une image a retenu son attention à l’intérieur d’un immeuble, où les escaliers étaient maculés de sang et le mobilier avait été détruit : il y avait sur un mur une inscription surprenante et lourde de signification : « De Misrata, depuis la Lybie libre, nous sommes venus en Syrie Libre ! »

Qui est responsable des massacres à Homs et pour quel objectif ?

Ces bandes armées sont systématiquement présentées par la presse occidentale comme étant des « opposants » luttant pour la « démocratie ».

Pourquoi, demandons-nous, les « grands reporters » qui entrent illégalement ou légalement en Syrie ne font-ils jamais état des témoignages de Syriens victimes de kidnappings, de tortures, d’assassinats de la part des « opposants » militarisés ?

Pourquoi, tout récemment, le président de Médecins sans frontières (MSF) a-t-il ajouté à l’intoxication en propageant comme avérés les dires d’anonymes, visages masqués ; pourquoi personne ne s’est interrogé du fait que nombre des témoins n’avaient pas un accent syrien ; qu’il s’agissait probablement de gens originaires du Golfe- présentés comme étant Syriens ? Pourquoi prendre comme avérés les témoignages de gens qui attribuaient aux forces d’el-Assad et aux médecins des hôpitaux des actes de tortures inqualifiables sur des blessés, des enfants, etc ? [4]

Qui peut croire qu’il serait dans l’intérêt du gouvernement de Bachar el-Assad, de violer des enfants et des jeunes filles ? Qui peut croire que le peuple syrien continuerait à le soutenir aussi massivement si el-Assad était ce « tortionnaire sanguinaire », cet Hitler que décrivent ses adversaires ?

Ces campagnes médiatico-politiques, qui ont pour objectif de légitimer l’action d’« opposants » extremistes et ne font aucun cas du peuple que ces « opposants » terrorisent, ne sont pas neutres. Elles apportent de l’eau au moulin aux puissances – France, Grande Bretagne, États-Unis, Qatar, Arabie Saoudite - qui se préparaient de longue date à intervenir en Syrie et qui n’attendaient que la bonne occasion.

Silvia Cattori

(*) Voir : « Homs, une ville plongée dans l’horreur organisée par des groupes armés et non par Damas », par Silvia Cattori, 6 février 2012.
(http://www.silviacattori.net/article2787.html)


[1] http://www.thedohadebates.com/news/item/index.asp ?n=14312

[2] 84 lance missiles Milan ont été saisi récemment à Homs par les forces gouvernementales

[3] Voir : « Une Syrienne, dont le frère a été tué à Homs par des « opposants », témoigne », propos recueillis par Nadia Khost, 8 février 2012.
(http://www.silviacattori.net/article2790.html)

[4] Nous reviendrons sur le rôle d’ONG qui ont participé à la propagande destinée à accroitre le risque d’une intervention étrangère en Syrie ; notamment Amnesty international et Médecins sans frontières.
Voir le site de MSF : « En Syrie, la médecine est utilisée comme une arme de persécution »
- http://www.msf.ch/news/communiques-de-presse/detail/en-syrie-la-medecine-est-utilisee-comme-une-arme-de-persecution/
Voir le témoignage peu équilibré du président de MSF :
- http://www.tsr.ch/video/info/journal-12h45/3773707-syrie-entretien-avec-jean-clement-cabrol-directeur-d-operations-chez-medecins-sans-frontieres-suisse.html