écrits politiques
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Homs dans l’enfer des bandes armées
« De Misrata nous sommes venus en Syrie Libre ! »
Depuis le 6 février Silvia Cattori a perdu toute liaison avec ses contacts locaux à Homs qui disaient vivre sous la menace des bandes armées qui "bombardent aveuglement, tuent pour tuer" la population. Le dernier témoin direct, dont elle a recueilli les propos, décrit une situation diamétralement différente de celle répandue par la majorité des média occidentaux.
23 février 2012 | Thèmes (S.Cattori) : Rôle des médias Désinformation Syrie Ingérence Rôle des ONG

Les images qui nous viennent de Homs, montrant une ville désertée, dévastée par les combats, sont inquiétantes. Toutefois, peut-on rendre le gouvernement de Damas seul responsable des destructions et des malheurs qui frappent le peuple syrien aujourd’hui ?

Les habitants de Homs que nous avons interrogé nous disent avoir souvent appelé les forces gouvernementales à venir les protéger. Ils nous disent leur peur devant l’arrivée de groupes armés qui occupent par la force leurs foyers ; qui lancent des obus à l’aveugle, tuent pour tuer, détruisent. Ils nous disent qu’ils ont ensuite la désagréable surprise de découvrir, sur les blogs ou Aljazeera, des images montrant les crimes qu’ils ont commis mais qu’ils attribuent aux forces gouvernementales.

De leur côté, les médias occidentaux continuent de donner, comme preuves établies, ce qu’affirment les « opposants » armés et l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Pour comprendre ce qui se passe en Syrie, on ne peut pas se fier à ce que rapportent les propagandistes de l’OSDH et autres blogueurs associés ; ni aux « envoyés spéciaux » qui se rangent systématiquement du côté de ceux qu’ils qualifient« opposants » démocratiques, « héros luttant pour la démocratie » contre un « dictateur sanguinaire. »

S’il doit y avoir des « héros » en Syrie on doit prendre en compte tous les côtés de la souffrance, pas uniquement les « héros » affiliés aux Frères musulmans…

A qui les reporters veulent-ils faire croire qu’il serait dans l’intérêt du gouvernement de Bachar el-Assad, de violer des enfants et des jeunes filles ? Le peuple syrien continuerait à le soutenir aussi massivement si leur président était ce « tortionnaire sanguinaire », cet Hitler qu’ils décrivent à longueur de journée ?

Bachar el-Assad est fort de la légitimité que lui accorde son peuple, comme cela fut démontré par les grandes manifestations de soutien à son gouvernement ; la population est hostile en sa grande majorité aux groupes armés, soutenus par des puissances occidentales et certains États arabes, qui mettent la Syrie à feu et à sang. Un sondage britannique [1] réalisé en décembre par l’institut « Doha Debates » montre qu’el-Assad bénéficierait du soutien de 55 % des Syriens.

Les patriotes syriens que nous avons interrogé nous disent avoir fait appel aux forces armées du gouvernement afin qu’elles viennent les protéger et les débarrasser les bandes armées.

A Homs notamment, la situation est très alarmante. La population est prise en otage par des barbus venus de l’extérieur qui occupent les quartiers à Baba Amr, Khaldiyeh, Karm el-Zeytoun. Les gens disetn attendre depuis des mois l’intervention de l’armée [2].

Depuis trois semaines la presse internationale affirme que Homs serait pilonnée par l’armée régulière. C’est toujours la même histoire qui se répète. Les politiques, les ONG, les journalistes, prennent en Syrie, comme hier en Libye, fait et cause pour les groupes extrémistes sunnites. Ils attribuent systématiquement aux forces du gouvernement les actes de sauvagerie perpétrés par des pseudos « opposants ».

Le gouvernement syrien peut-il rester sans réagir ?

Il a été démontré que les « opposants » armés sont entraînés et encadrés par des forces spéciales étrangères ; et qu’il y a parmi ces « opposants » des éléments étrangers qui agissent pour le compte de puissances dont l’implication en Syrie est patente.

La télévision syrienne a diffusé il y a quelques jours les images qu’un « photographe de guerre » étranger a prises dans un quartier de Homs et où il a suivi et filmé ces « opposants » qui tirent des roquettes et des missiles à tout va. Une image a retenu son attention à l’intérieur d’un immeuble, où les escaliers étaient maculés de sang et le mobilier avait été détruit : il y avait sur un mur une inscription surprenante et lourde de signification : « De Misrata, depuis la Libye libre, nous sommes venus en Syrie Libre ! »

Qui est responsable des massacres à Homs et pour quel objectif ?

Les bandes armées sont systématiquement présentées par la presse occidentale comme étant des « opposants » luttant pour la « démocratie ».

Pourquoi, demandons-nous, les « grands reporters » de Radio France et de France Télévision, qui entrent en Syrie illégalement, ou légalement comme Valérie Crova, ne donnent jamais la parole aux Syriens loyaux à Damas, horrifiés par les kidnappings, les tortures, les assassinats commis par ces prétendus « opposants » ?

Pourquoi, tout récemment, le président de Médecins sans frontières (MSF) a-t-il pris comme fiables les propos d’anonymes qui témoignent visages masqués ? Pourquoi aucun journaliste ne s’est interrogé du fait que nombre de ces témoins n’avaient pas un accent syrien ? Qu’il s’agissait probablement de gens originaires du Golfe présentés comme étant Syriens ? Pourquoi prendre comme avérés les dires de gens qui attribuent aux forces d’el-Assad et aux médecins des hôpitaux des actes de tortures sur des blessés, des enfants, etc ? [3]

Ces campagnes médiatiques-politiques, qui légitiment l’action d’« opposants » islamistes radicaux et ne font aucun cas du peuple que ces « opposants » terrorisent, ne sont pas neutres. Elles apportent de l’eau au moulin à des puissances – France, Grande Bretagne, États-Unis, Qatar, Arabie Saoudite - pressées de voir les bandes extrémistes sunnites renverser Assad.

Silvia Cattori

(*) Voir : « Homs, une ville plongée dans l’horreur organisée par des groupes armés et non par Damas », par Silvia Cattori, 6 février 2012.
(http://www.silviacattori.net/article2787.html)


[1] http://www.thedohadebates.com/news/item/index.asp ?n=14312

[2] Voir : « Une Syrienne, dont le frère a été tué à Homs par des « opposants », témoigne », propos recueillis par Nadia Khost, 8 février 2012.
(http://www.silviacattori.net/article2790.html)

[3] Nous reviendrons sur le rôle d’ONG qui ont participé à la propagande destinée à accroître le risque d’une intervention étrangère en Syrie ; notamment Amnesty international et Médecins sans frontières.
Voir le site de MSF : « En Syrie, la médecine est utilisée comme une arme de persécution »
- http://www.msf.ch/news/communiques-de-presse/detail/en-syrie-la-medecine-est-utilisee-comme-une-arme-de-persecution/
Voir le témoignage peu équilibré du président de MSF :
- http://www.tsr.ch/video/info/journal-12h45/3773707-syrie-entretien-avec-jean-clement-cabrol-directeur-d-operations-chez-medecins-sans-frontieres-suisse.html