écrits politiques
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Tsahal
Une armée de barbares
A Naplouse, dès la tombée du jour, on ressent encore plus violemment le climat de terreur que fait peser "Tsahal", l’armée d’occupation forte d’un arsenal de guerre impressionnant. Chaque nuit, des dizaines de véhicules chargés de soldats envahissent la ville déjà assiégée en permanence. Mais, ces derniers temps, la population de Naplouse se sent plus étranglée et persécutée que de coutume.

L’autre nuit, après l’arrestation de quatre des leurs, des jeunes Palestiniens ont lancé une bombe contre une patrouille israélienne, tuant un soldat. Dès lors, la population s’attendait, en représailles, à une répression collective accrue.

Cela n’a pas manqué. La nuit suivante, avant minuit, des F 16 et des drones ont survolé la ville, puis des tanks et des jeeps sont arrivés. Les soldats tiraient de partout et les balles qui résonnaient contre les portes et les murs, faisaient un bruit assourdissant. C’était très angoissant.

Nous, les rares clients de l’hôtel, nous nous sommes regroupés dans une même pièce, avec une poignée d’employés.

En présence d’une armée si terrifiante, on réalise avec plus d’acuité que la vie de tous ces gens, maintenus sous la domination absolue d’Israël, réduits à se terrer et à attendre que cette folie cesse, ne pèse plus rien.

C’est cela le plus insupportable : cette supériorité des armes détenue par ces colonisateurs brutaux - originaires de Brooklyn, Buenos Aires, Marseille, etc…- imbus de leur propre supériorité, serviteurs d’un Etat qui mène une politique fondée sur le mépris de l’autre, du Palestinien, de l’Arabe.

Les gens savent qu’ils vont à la mort par le simple fait d’être Palestiniens. Cela est bouleversant ! Avec eux c’est toute une nation qui est privée de droits, privée de tout ce qui fait qu’une vie est vivable.

Comment des humains peuvent-ils piétiner de la sorte l’humanité des autres, parmi lesquels ces milliers d’enfants, ces vieux, ces cardiaques, ces femmes enceintes, que nous cotoyons ici, et tant de braves gens, serviables et généreux comme nulle part au monde ?

Ils n’en ont cure. Seul le racisme anti-arabe peut expliquer leur comportement. “C’est leur manière de jouer du Beethoven” commentait mon voisin avec un surprenant détachement.

Humiliés à tous ces monstrueux check-points, jetés dans une inimaginable misère, marqués sur leur corps par de multiples blessures, nombre de ces Palestiniens ont été emprisonnés, brutalisés par les tortionnaires du Shin Bet. Et sont constamment harcelés par les soldats qui envahissent leurs ruelles, tirent sur les passants, hurlent par hauts parleurs des insultes a caractère sexuel ou religieux, du genre : “Fucking Arabes” et, à l’égard des femmes, “Fucking mothers and sisters…”.

Des femmes qui, contrairement aux préjugés véhiculés en Occident, sont très respectées et protégées dans la société musulmane. La nuit, elles restent tout habillées pour ne pas se laisser surprendre en pyjama par ces soldats qui entrent de force chercher des “terroristes”, violent l’intimité des foyers, obligent les familles à sortir.

Les Palestiniens sont les natifs d’un pays qui s’appelle la Palestine.

Israël en a avalé la quasi-totalité : plus de 90%. Cinq millions de Palestiniens sont disperés dans le monde ou forcés à vivre dans des "camps de réfugiés". Quatre millions et demi, vivotent -en Cisjordanie et à Gaza- sur des morceaux de terres de plus en plus pauvres et ghettoisées.

Il n’y a pas de doute : autant qu’il le faudra, ils se battront.

Que cela soit dit une fois pour toutes : ce qu’Israël appelle un “terroriste”, un “wanted”, un “fanatique”, et nos medias complaisants un “activiste”, est un civil, un innocent, un père de famille, un enfant, dont la dignité et l’honneur est, parfois, de répondre par un geste violent à la brutalité de l’armée occupante.

Vous vous sentez, là au milieu, écrasé d’impuissance, et très en colère contre tous ces Etats démocratiques qui parlent de "paix", des "droits de l’homme", de "démocratie", et qui laissent Israël se conduire de la sorte.

Colère aussi contre ces journalistes qui répercutent la propagande d’Israël ou, au mieux, font des reportages à l’eau de rose.

Colère encore contre ces responsables d’associations, dont nous connaissons le discours frelaté et qui - comme Bernard Ravenel, Dominique Vidal, Michel Warshavsky, Isabelle Avran, Michèle Sibony, Pierre Stambul, Richard Wagmann, pour ne parler que de la France - se sont servis de l’anathème de "l’antisémitisme" pour empêcher les gens lucides et sincères d’éclairer le débat et ne pas laisser émerger des stratégies -comme le boycott sur le même mode qu’en Afrique du Sud- susceptibles d’aider réellement les Palestiniens opprimés à vaincre.

Pendant qu’ils accusaient "d’antisémitisme" ceux qui voulaient que la résistance palestinienne gagne son combat, ils soutenaient, eux, cette élite palestinienne qui collaborait avec l’occupant.

Vous avez honte. Honte d’appartenir à cette société qui a bercé les Palestiniens d’illusions, qui les a trahis, et qui continue de leur faire la charité, de décider à leur place ce qui est bon pour eux.

Les tirs traumatisants ont duré deux heures. Des fusils mitrailleurs M 16, M 18 avec, pour les connaisseurs, des munitions 250, 500, "avec des Doska", qui font des énormes trous dans les parois et mutilent les gens de manière horrible.

Il faut le répéter : c’est une armée qui est équipée pour combattre une armée. Or, en face, il n’y a pas une armée mais des civils terrorisés.

Après deux heures de tirs continus, les bruits de guerre se sont tus. Et, contrairement à toute attente, les soldats sont partis au petit matin sans arrêter ni tuer personne.

Les gens sont restés toute la journée sur le qui-vive, à se demander ce que cela signifiait, ce qui se tramait encore de plus menaçant.

Les soldats sont revenus la nuit suivante, par bataillons. Ils ont pris position là ou nul ne s’y attendait : autour d’un bâtiment administratif, à l’écart de la vieille ville, où, disait-on, une centaine de « suspects » recherchés, n’ayant plus nulle part ou se cacher, se seraient réfugiés.

Nul ne pouvait approcher cette zone et la population est restée, depuis le 19 juillet au matin, dans l’incertitude de ce qui se passait. La rumeur disait qu’il y avait, à l’intérieur de l’immeuble cerné, “82 wanteds”, que 4 d’entre eux, avaient été tués.

Ce qui est certain, c’est que 150 membres de la Sécurité palestinienne se sont rendus. Et que les tirs et les explosifs utilisés ont déjà fait de nouvelles victimes : six tués et 60 blessés. A l’heure où j’écris, l’opération est toujours en cours.

Tout cela qui est si grave, paraît dérisoire, direz-vous, comparé à ce qui se passe, sur une bien plus large échelle, en ce moment, au Liban. Mais faut-il le rappeler, tout cela, depuis 2000, a déjà fauché la vie de mille enfants et de plusieurs milliers d’adultes, sans parler des dizaines de milliers de mutilés. Et leur calvaire n’est pas terminé.

La guerre qu’Israël a élargi au Liban est un tout. Il s’agit de détruire les peuples qui résistent à sa volonté de domination.

Silvia Cattori

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- Un ejército de bárbaros
- A Barbarian Army
- Eine Armee von Barbaren