écrits politiques
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Les parlementaires européens donnent carte blanche à Israël pour liquider la résistance palestinienne
L’Union européenne s’est couchée
Nous ne cesserons jamais de le rappeler. Les Palestiniens – inhumainement enfermés dans leurs villes et villages prisons – méritent un meilleur soutien. Les divers intervenants ne peuvent plus se contenter de vœux pieux. Les Palestiniens, écrasés par les soldats du Tsahal, se sentent de plus en plus floués par l’incapacité des démocraties occidentales à faire respecter, par Israël, la légalité internationale.

Javier Solana, Haut Représentant pour la politique étrangère de l’Union européenne, avec le Secrétaire d’Etat américain Colin Powell, le 4 décembre 2003 au Siège de l’OTAN à Bruxelles

Les mouvements de solidarité doivent envisager des formes d’action plus efficaces pour venir à bout du laxisme des responsables politiques au regard de la gravité des violations commises par l’Etat israélien. Un Etat qui se vante d’être « l’unique démocratie du Moyen Orient » mais qui continue à semer la terreur et la mort dans toute la région.

L’inhumanité de ce monde qui laisse des gens sans défense aucune sans protection, n’est pas acceptable.

Quand on voit, les Palestiniens se faire chasser, humilier et brutaliser sur leur propre terre, on se demande comment nos gouvernements peuvent laisser un peuple si démuni, si seul, à la merci d’une armées des plus aguerries !

Les Palestiniens sont doublement victimes. Victimes de la politique d’expansion d’Israël, mais aussi, il faut l’avouer, victimes des trahisons de la part de ces interlocuteurs, qui prennent, plus souvent qu’on ne le pense, des positions qui font la part belle à Israël.

La situation des victimes palestiniennes est devenue plus cruelle encore, depuis que le Parlement européen a voté, le 23 octobre 2003, une résolution intitulée « Paix et dignité au Proche-Orient ». Une résolution révoltante.

Parmi toutes les inepties qui figurent dans ce texte, il y a un paragraphe qui va jusqu’à assimiler les actes de résistance des Palestiniens contre l’occupation israélienne, à des actes « terroristes ».

Ce texte est scandaleux et inadmissible au regard du droit international.

La désinvolture avec laquelle l’immense majorité des représentants de l’Union européenne ont donné leur voix à une résolution qui condamne la résistance palestinienne – alors qu’il conviendrait voter un texte qui condamne la violence de l’occupant militaire israélien – est tout a fait inquiétante. D’autant que, hormis les représentants de l’extrême droite, tous les partis l’ont votée, de la droite jusqu’à l’extrême gauche.

Où les Etats Européens relèguent-ils les droits et la dignité des peuples ?

Les Palestiniens ont le droit de se défendre, y compris par les armes, contre leur agresseur, au même titre que les européens se sont défendu contre l’occupant allemand. Or il ne s’est trouvé personne à gauche pour combattre les énormités qui, dans ce texte, font porter aux victimes la responsabilité de la violence.

Peut-on demander aux Palestiniens de se laisser tuer jusqu’au dernier sans réagir ? Depuis quand un peuple, privé de tous droits, privé d’Etat, privé de liberté, doit-il rester inerte face à une force militaire qui l’écrase ?

Par cette résolution injuste, qui condamne la résistance et appelle à sa liquidation, l’Europe a mis le peuple palestinien - déjà affreusement exposé aux violences de l’armée israélienne - encore plus en danger. Israël peut continuer de massacrer le peuple palestinien à sa guise, avec la bénédiction du Parlement européen. C’est absurde !

Cela s’est immédiatement traduit sur le terrain par une intensification des opérations militaires israéliennes.

Quand nous sommes entrés dans le district de Naplouse, à mi-novembre 2003, le durcissement de l’attitude des soldats, nous a immédiatement frappés. Il n’était plus question pour nous, les internationaux, d’aller parlementer avec les militaires israéliens pour tenter de tempérer leur brutalité. Ils se sont montré impitoyables, y compris avec les ambulanciers qui transportaient des blessés, et les malades qui ne tenaient plus sur leurs jambes.

De nos passeports, ils s’en moquaient. Si nous ne reculions pas au premier signal, ils levaient leur arme pour nous faire comprendre ce que nous risquions. Nous ne pas passer par les check points de Howara pour entrer à Naplouse. Nous devions, tout comme les Palestiniens du reste, nous aventurer sur des chemins périlleux, à pieds, par monts et par vaux, au risque de nous faire intercepter, voir tuer, par des patrouilles israéliennes.

Durant ce mois de décembre froid et humide, nous avons vu les opérations militaires se succéder à un rythme de plus en plus meurtrier, à Tulkarem, Jenin, Naplouse. Avec un point de mire les camps de réfugiés.

Nous avions déjà vu des actes révoltants par le passé. Mais, cette fois, la férocité de soldats qui arrivaient par milliers, sans aucune justification autre que de jeter les gens dans le désespoir.

A Gaza et dans le district de Naplouse de façon évidente, mais aussi de manière générale dans l’ensemble du territoire palestinien, les rafles, les exécutions sommaires, les arrestations, les assassinats d’enfants, les occupations de maisons privées, les démolitions d’immeuble, se sont amplifiées.

Honte à ces parlementaires européens qui ont donné leur feu vert à Israël pour liquider les résistants du Hamas. Plus rien ne s’oppose à la barbarie de l’armée israélienne, que la résolution de l’Union européenne a, en quelque sorte, innocentée.

L’Europe s’est couchée. Une fois de plus, avec l’appui de ses amis au-dehors, Israël est parvenu à imposer ses vues. Il voulait la condamnation du Hamas. Les élus européens l’ont votée. Il voulait que l’on brade les droits fondamentaux du peuple palestinien. C’est chose faite.

C’est peu dire que les Européens ont montré leur aveuglement et leur incompréhension de la cause palestinienne. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ils ont dit en clair aux Palestiniens qui résistent bravement contre l’oppression, qu’ils sont coupables. Alors qu’ils sont dans leur bon droit.

Ainsi, après les Etats-Unis, les Etats européens ont cédé, eux aussi, de façon lamentable, aux pressions de ces agents pro- israéliens qui, dans le monde occidental, monopolisent les médias, animent des campagnes anti-arabes racistes et malhonnêtes. Des campagnes destinées à noircir le peuple palestinien pour commencer.

En quoi le « fanatisme juif » est-il plus respectable que n’importe quel autre fanatisme ?

Inscrire le Hamas sur la liste noire des « organisations terroristes », le priver des fonds extérieurs récoltés dans les mosquées, qui leur permettaient de soulager les familles les plus ruinées et affamées par les mesures cÅ“rcitives israéliennes, revient à condamner plus de la moitié de la population palestinienne à la faim et à la misère. Une population qui, dans des districts comme celui de Naplouse, Gaza, Jenin, Tulkarem, considère les militants du Hamas et du Jihad, bref, tout résistant, comme des gens d’honneurs, des patriotes.

Israël viole toutes les lois en Palestine. Et par ses prises de positions, l’Union européenne encourage Israël à continuer de les violer. A continuer sa politique de liquidations des cadres politiques et militaires de la résistance palestinienne. Voilà à quoi servent les élus du Parlement européen !

Le peuple Palestinien a déjà suffisamment souffert des manquements des Etats européens et de leurs positions ambiguës.

Il faut savoir tirer les leçons du passé. Tout cela doit être tiré au clair. Dénoncé. Nos élus ne peuvent pas appuyer des positions qui vont à l’encontre de l’opinion, ni ignorer que la grande majorité des européens considèrent, à juste titre, Israël comme une menace pour la paix du monde. Que la quasi-totalité du parlement européen ait voté une résolution aux conséquences aussi lourdes et aussi dangereuses pour le devenir d’un peuple sévèrement opprimé, est gravissime.

Aucun démocrate ne peut laisser passer une pareille résolution !

Les citoyens se doivent d’intervenir plus activement dans le débat pour imposer une attitude plus juste et humaine. Ils doivent exercer une pression continue sur leurs gouvernements respectifs, afin qu’ils cessent d’apporter leur appui à de prétendus processus de paix qui sont des tromperies manifestes, comme la « Feuille de route » et les « Accords de Genève ».

Chacun sait en effet, qu’Israël s’est déjà servi des Accords d’Oslo pour décapiter la résistance et tripler le nombre de colons sur le peu de terres laissées aux Palestiniens.

Peut-être pourrions-nous exercer plus d’influence que nous n’imaginons. Agissons. Tout citoyen préoccupé par les constantes violations des droits humains par l’Etat d’Israël en Palestine doit exiger des parlementaires qui ont voté cette résolution inique de revenir sur leurs positions.

Trop d’années ont été gaspillées en prétendus processus de paix qui ont laissé le peuple Palestinien plus que jamais démuni. Les Palestiniens qui luttent ont soif de justice, de compréhension et d’unité. Aidons-les du mieux que nous pouvons à en finir avec l’oppression.

Silvia Cattori