écrits politiques

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Un intellectuel syrien dément les allégations des médias dominants
Les rebelles : « Des meutes de bêtes féroces »

Nous avons demandé à un intellectuel syrien d’une soixantaine d’années que nous avions rencontré en 2006 lors d’un voyage en Syrie - et qui souhaite garder l’anonymat par les temps d’instabilité qui courent - si ce que disent nos médias en Occident reflétait la réalité sur le terrain. Nous diffusons – avec son autorisation - sa réponse brève mais sans appel. Elle nous conduit à poser cette question : les chroniqueurs qui, comme Alexandre Adler, répercutent la propagande d’Israël, les envoyés spéciaux qui nous livrent des témoignages de réfugiés si accablants pour le régime Assad, participent-ils - en toute conscience ou à leur insu - d’une campagne mensongère délibérée ? - Silvia Cattori.


22 juin 2011


Des millions de Syriens scandent leur appui au processus de réforme mené par le président Bachar el-Assad.


Chère Silvia,

Je suis resté (avec toute notre région : le centre du pays) coupé du monde depuis le 7 juin, et pour des raisons incompréhensibles. Je me sentais comme incarcéré dans un camp de détention...Pour ce qui est des causes, on a dit qu’on changeait les lignes...

Dans tous les cas, quand j’ai entendu ce matin le son qui annonce l’ouverture d’ "Outlook", je me suis dit, et avec quelle joie, que j’allais trouver, au moins, un message de toi. A toi de considérer le reste...

C’est une période terrible au plein sens du mot. J’ai perdu la faculté d’entrevoir, ou d’anticiper. Que faire ? Je n’arrive pas à travailler ou à lire, plus de 4 heures sur 24. Et quel travail !...

Je ne peux que répéter ce que je t’avais déjà dit. Des meutes et des meutes de bêtes féroces, de chiens enragés de partout et qui se jettent toutes en même temps sur la Syrie...

Je n’aurais jamais cru que la France, qui a crié haut et fort "NON" contre Bush et Blair avant l’invasion de l’Irak, fin 2002, puisse devenir un jour un pays de vrais valets de l’impérialisme américain, comme le sont ces polichinelles de Sarkozy ou de Juppé...

Il y a eu dès le début, depuis maintenant 3 mois, des centaines de victimes, entre civils et militaires ; mais ce ne sont, en aucune façon, des dizaines de milliers...

Voilà où nous en sommes. Je suis très triste pour mon pays dont le sort se décide ailleurs. Mais je reste ici. Et je ne lève pas l’arme contre un régime que je n’ai jamais aimé, qui a été une terre fertile pour la corruption, mais qui me paraît maintenant, sincère pour faire des changements dans tous les domaines. Qu’on lui donne une chance...

Cordialement.

Un intellectuel syrien [signature requise par l’auteur]
21 juin 2011.

Nous avons apporté quelques petites retouches d’orthographe ou de grammaire à cette lettre qui nous a été adressée personnellement, écrite par ailleurs dans un excellent français.

Droits d’auteurs : www.silviacattori.net