écrits politiques
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Palestine occupée
Les ravages d’un boycottage criminel

Le boycottage économique imposé au peuple palestinien par les Etats-Unis et l’Union européenne -destiné à étrangler et à plier ce peuple aux exigences d’Israël- dure depuis plus d’une année déjà.

La vie des habitants de Cisjordanie et de Gaza était déjà épouvantable auparavant. Mais ce boycott, indigne de l’humanité, l’a rendue encore plus effroyable.

Gaza. Les employés municipaux, sans salaire depuis des mois, sont en grève. (rafahtoday.org)

Ainsi, des Etats démocratiques, qui prétendent défendre la liberté et les droits humains, en sont venus à priver un peuple -déjà très éprouvé par de longues années de privations sous le régime d’occupation iraélienne- de tout moyen de subsistance.

Cela est un crime. Cela est inadmissible. Cela doit cesser.

Les résultats sont là, implacables, terrifiants.

Ce boycottage a détruit toute la société, et aggravé une situation qui était déjà d’une extrême gravité.

C’est une catastrophe humaine programmée. Par ce boycott, aussi injuste qu’illégal, le monde a délibérément réduit à l’état d’esclavage des millions de Palestiniens, pour la seule raison qu’ils ont élu les autorités qu’ils considéraient comme étant les mieux aptes à servir leurs intérêts.

Or, si durant l’esclavage les esclaves pouvaient encore parfois échapper à leurs bourreaux, les Palestiniens de Gaza, qui vivent enfermés par l’occupant militaire israélien dans une grande prison, ne peuvent, eux, aller nulle part.

Voilà, aujourd’hui, des centaines de milliers d’enfants qui souffrent de malnutrition ; voilà des mères à bout de ressources, jetées au désespoir, contraintes à se dégrader, à se livrer, en dernier ressort, à la prostitution pour pouvoir nourrir leur progéniture ; voilà des pères sans salaire qui, après avoir vendu les quelques effets personnels vendables qu’ils possédaient, humiliés de ne pouvoir offrir une vie décente à leur famille, atteints dans leur dignité d’homme, verser dans la folie.

Il n’est pas rare, en effet, de voir des hommes désœuvrés, qui semblent avoir perdu la raison, divaguer dans la rue, en se parlant à eux-mêmes.

Quel père, quelle mère, peuvent supporter de voir leurs enfants dépérir sans recours ? « Pour notre société, c’est terrible. Nous avons été poussés aux extrêmes. La prostitution n’est pas quelque chose d’usuel à Gaza. Cela est ressenti comme une immense offense, une immense humiliation. C’est une terrible blessure pour une société comme la nôtre où la femme est protégée et où la prostitution était inexistante » se désole cette femme qui a accepté d’évoquer, non sans réticence, cette douloureuse plaie.

De savoir que le boycottage économique du monde « occidental » a fini par pousser des mères, fières, résistantes, à cette extrémité-là, à cette déchéance-là ! De savoir que ces mères ont dû, doivent renoncer à la seule chose qui leur reste, la dignité, pour sauver la seule chose qui leur importe, la survie de leur enfant, notre cÅ“ur se brise.

Face à cette immense tragédie, où est le mouvement de solidarité qui devrait défendre les Palestiniens victimes de l’oppression israélienne ? Où est sa voix ?

Ne serait-il pas temps, pour ces mouvements qui ont malencontreusement apporté leur soutien aux "Accords d’Oslo" si dommageables, et à ces Autorités du Fatah, qui, en Palestine, en ont largement profité, au détriment de leur peuple, de tirer enfin les cruelles leçons ?

Pourquoi les responsables d’un grand nombre d’associations, qui se posent en défenseurs des Palestiniens, en défenseurs de la justice, n’appellent-ils pas massivement au boycottage d’Israël ? Pourquoi s’emploient-ils au contraire à neutraliser la voix de ceux qui, depuis longtemps, demandent que l’Etat d’apartheid d’Israël soit traité comme l’avait été – avec succès – l’Afrique du Sud ?

Pourquoi ne mènent-ils pas une vaste campagne visant à faire pression sur les gouvernements « occidentaux » pour qu’ils mettent fin au boycottage financier et politique immoral des membres du Hamas démocratiquement élus ? Boycottage, faut-il le rappeler, qui sanctionne également tous les Palestiniens.

La réponse à ces questions ne serait-elle pas que la voix de nombreuses associations de solidarité est majoritairement sous l’influence des orientations d’un « camp de la paix » israélien, plus enclin à préserver les intérêts d’Israël que de défendre les droits des Palestiniens ?

Silvia Cattori