écrits politiques
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Palestine occupée
Les ravages d’un blocus criminel
Le blocus économique imposé au peuple palestinien par Israël avec l’appui des Etats-Unis et de l’Union européenne dure depuis plus d’une année déjà. Il a pour but de plier les Palestiniens aux exigences de l’occupant israélien, de les punir collectivevement pour avoir voté Hamas. Ce blocus est un acte criminel.
12 mai 2007 | Thèmes (S.Cattori) : Gaza Etat juif d’Israël Palestine

Gaza. Les employés municipaux, sans salaire depuis des mois, sont en grève. (rafahtoday.org)

La vie des habitants de Cisjordanie et de Gaza était déjà épouvantable auparavant. Mais ce blocus, indigne de l’humanité, l’a rendue encore plus effroyable.

Ainsi, des Etats démocratiques, qui prétendent Å“uvrer en la défense de la liberté et la protection des droits humains, en sont venus à accepter que l’on prive un peuple -déjà très éprouvé par de longues années de persécutions sous le régime d’occupation israélienne- de ses moyens de subsistance.

Cela est un crime. Cela est inadmissible. Cela doit cesser.

Les résultats sont là, implacables, terrifiants.

Ce blocus a détruit toute la société et rendue plus précaire une situation qui était déjà d’une extrême gravité.

C’est une catastrophe humaine programmée. Par ce blocus, aussi injuste qu’illégal, le monde veut réduire à l’état d’esclavage des millions de Palestiniens, pour la simple raison qu’ils ont élu les autorités liées au partis de la résistance contre l’occupant, qu’ils considéraient comme étant les mieux aptes à servir leurs intérêts.

Si durant l’esclavage les esclaves pouvaient, parfois, échapper à leurs bourreaux, les Palestiniens de Gaza, qui vivent enfermés par l’occupant militaire israélien dans une grande prison, ne peuvent, eux, aller nulle part.

Voilà, des centaines de milliers d’enfants qui souffrent présentement de malnutrition ; voilà des mères à bout de ressources, jetées au désespoir, contraintes à se livrer, en dernier ressort, à la prostitution (comme cela s’est produit à Gaza) pour pouvoir nourrir leur progéniture ; voilà des pères sans travail qui, après avoir vendu les quelques effets personnels vendables qu’ils possédaient, humiliés de ne pouvoir offrir une vie décente à leur famille, atteints dans leur dignité d’homme qui semblent avoir perdu la raison, divaguer dans la rue, en se parlant à eux-mêmes, verser dans la folie.

Quel père, quelle mère, peuvent supporter de voir leurs enfants dépérir sans recours ? « Pour notre société, c’est terrible. Nous avons été poussés aux extrêmes. La prostitution n’est pas quelque chose d’usuel à Gaza. Cela est ressenti comme une immense offense, une immense humiliation. C’est une terrible blessure pour une société comme la nôtre où la femme est très protégée et la prostitution était inexistante » se désole cette femme qui a accepté d’évoquer, non sans réticence, cette douloureuse plaie.

De savoir que ce blocus économique a fini par pousser des mères, fières, résistantes, à cette extrémité-là, à cette déchéance-là ! De savoir que ces mères ont dû, doivent renoncer à la seule chose qui leur reste, la dignité, pour sauver la seule chose qui leur importe, la survie de leur enfant, le coeur de tout être qui a un peu d’humanité se brise.

Face à cette immense injustice que fait le mouvement de solidarité pour défendre les Palestiniens victimes de l’oppression israélienne ? Ne serait-il pas temps, pour ces mouvements qui ont malencontreusement apporté leur soutien à des solutions de paix si dommageables pour le peuple palestinien, et aux Autorités de Ramallah, qui collaborent avec l’occupant, de changer de direction ?

Pourquoi les responsables d’un grand nombre d’associations, qui se posent en défenseurs des Palestiniens, en défenseurs de la justice, n’appellent-ils pas massivement au boycottage d’Israël ? Pourquoi s’emploient-ils au contraire à neutraliser la voix de ceux qui, depuis longtemps, demandent que l’Etat d’apartheid d’Israël soit traité comme l’avait été – avec succès – l’Afrique du Sud ?

Pourquoi n’ont-ils pas répondu dès 2005 à la campagne de boycottage, lancée par les Palestiniens qui luttent pour leurs droits nationaux, et ne mènent pas des actions visant à faire pression sur les gouvernements « occidentaux » pour qu’ils mettent fin à l’isolement des membres du Hamas démocratiquement élus ?

Silvia Cattori