L’autre jour, alors que je regardais les nouvelles de la BBC, j’ai vu l’horreur : des soldats israéliens tirant sur un cameraman palestinien à terre et sur les hommes qui voulaient le secourir.
Il m’est très pénible de regarder des images qui montrent la brutalité des hommes.
(Aljazeera/AFP)
Ces images nous bouleversent. Néanmoins, je crois que le site qui a diffusé ce document fait son devoir en portant à notre connaissance des crimes que les principaux médias ignorent quand les victimes sont des Arabes et le coupable l’Etat d’Israël.
Où est la justice ? Où sont les représentants de « Reporter sans frontières », quand il s’agit de défendre les reporters qui travaillent pour une télévision du mouvement Hamas ?
Si des résistants PALESTINIENS avaient tiré sur un cameraman ISRAELIEN, criblé ses jambes de balles, alors qu’il était déjà blessé, dans l’incapacité de se lever, vous auriez vu les images de ce crime odieux passer en boucles avec des commentaires très durs contre les coupables. [1]
J’ai été très choquée de constater que, dans mon pays, ni la télévision suisse romande, ni les journaux en général, n’ont mentionné cet acte de barbarie. Ces journalistes ne se font-ils pas, par leur silence, les complices des criminels ?
Ce qui est gravissime est que ce silence est à chaque fois interprété par Israël comme un feu vert pour continuer de tuer ces Palestiniens qui, à Gaza ou en Cisjordanie, refusent de se soumettre à l’horreur que leur imposent les troupes d’occupation : des Palestiniens qui, faut-il le rappeler, ont déjà terriblement souffert de ce silence.
Tout cela démontre que quelque chose ne tourne pas rond dans nos sociétés. Et qu’il y a lieu de s’en inquiéter. Non seulement les habitants de Gaza, exposés aux tirs de leurs geôliers israéliens, ne sont pas traités humainement ni reconnus dans leur statut de victimes mais, parce qu’ils sont musulmans l’on fait d’eux des sauvages, des fanatiques.
Je reste dans l’incompréhension, chaque fois que je découvre que, même dans les milieux progressistes, les gens tardent à comprendre que le vrai problème n’est pas le Hamas, ni le voile, ni l’Islam, ni le "terrorisme" palestinien, mais Israël et ces responsables corrompus du Fatah qui ont fait le choix de collaborer avec l’armée occupante.
Tous ces journalistes et responsables politiques qui ont alimenté l’idée que seuls les laïcs, les athées, ont raison et qui se refusent à remettre en question leur position de méfiance, d’hostilité, à une résistance musulmane qui est, finalement, la seule force d’opposition qui existe encore réellement au Moyen-Orient, pour contrer la barbarie d’Israël et de ses alliés, sont à blâmer absolument.
Comment se fait-il que les souffrances et la mort d’un être quel qu’il soit, par delà sa couleur, son ethnie, sa religion, me bouleverse et m’empli de douleur, alors que bien des gens que je côtoie demeurent indifférents, dès lors que les victimes sont étiquetées membres du Hamas, activistes, islamistes ? Je n’ai pas de réponse à cette question.
Silvia Cattori
[1] Emad Ghanem, 22 ans, cameraman de la chaîne satellitaire Al-Quds TV, filmant jeudi 5 juillet 2007, une attaque de l’armée israélienne dans le camp de réfugiés d’El-Bourej dans la bande de Gaza qui a fait 11 morts et 25 blessés. Il a du être amputé de ses jambes : http://www.info-palestine.net/article.php3 ?id_article=2230